Stéphane Amaru – Brexit’Hair : en 2019, est-il rentable de se former « à l’anglo-saxonne » ?

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Longtemps leaders en méthodologies de coupes et en visuels, les coiffeurs anglais se sont déconnectés progressivement des pays latins, en ne prônant que la technique et le visuel… Et voilà, en se déconnectant de l’euro et de l’Europe, ils se sont enfermés dans leur bulle avec leurs propres problématiques, sans considérer que le monde s’était renversé.

 

Nous sommes nombreux à nous éduquer à l’anglo-saxonne depuis plus de vingt ans. Les Anglais ont inventé l’architecture de coupes avec Vidal Sassoon et la texturisation avec Toni&Guy. Beaucoup de formateurs, voire tous les formateurs anglais, viennent de ces écoles. J’en ai fait partie. Les autres sont souvent des « copies » de ses deux noms et ne jouent que sur le visuel final, ils s’inspirent essentiellement de leurs méthodes en les trafiquant un peu.

En France, former à l’anglo-saxonne est devenu classe ! D’ailleurs, dans ce domaine, la presse professionnelle pourrait laisser penser que les Anglais sont supérieurs aux Français car ils font en effet de supervisuels. Ayant vécu à Londres durant sept ans et importé la marque Toni&Guy en France, je peux dire que la différence visuelle s’explique facilement : ils font des compétitions photographiques depuis les années 1980. Auparavant, nous, nous faisions des compétitions plutôt physiques, via nos MOF et nos MAF. Mais, vu le nombre de compétitions photographiques aujourd’hui en France, ce retard va être rapidement rattrapé.

Aller se former en Angleterre ou être formé par des Anglo-Saxons sera de plus en plus pour le plaisir et non pour le bien de son tiroir-caisse. Car en France, nous avons su avant tous les autres pays minuter le temps de travail, et ce, depuis 2009. Pas les Anglais, qui n’intègrent pas le prix moyen d’une coupe. En France, on se pose des questions… Ce que j’apprends est-il rentable concrètement pour mon salon ? Cette méthode est-elle adaptée à l’économie d’hier ou à la celle d’aujourd’hui ? L’important est là ! Le montant de notre Smic français et européen exige que la méthode devienne rentable, non seulement artistiquement mais financièrement !

Voilà le résultat concret pour la France si on veut dégager 700 euros de bénéfice pour le salon, en assumant la paie du salarié et que ce dernier commence à toucher un taux de 10 % sur son travail.

 

Le 1 euro/minute c’est : entrée et sortie client

L’accueil, le café, la consultation, le shampooing, le soin et la sortie avec encaissement… Cela nous « coûte » en tout sur la facture 27 minutes, en allant un peu vite. Bien sûr on peut éliminer le café ! Mais même celui qui paie moins cher est devenu très exigent et veut être bien servi. 27 minutes, mais nous n’avons pas comptabilisé la coupe et le coiffage !

Voilà ce que représente TTC une prestation shampooing, coupe, coiffage pour un coiffeur français :
à 25 euros = temps pour couper et coiffer = 0 minutes… caritatif !
à 35 euros = 8 minutes
à 60 euros = 33 minutes.

Vous avez bien compris que si votre méthode est trop longue à exécuter, vous ne « rentrez » pas dans vos prix. Autant faire du caritatif ! Les Anglais ne se penchent pas du tout sur ce sujet, certes, et une seule marque anglaise s’est installée en France alors que des dizaines de salon français sont implantés à Londres ! Un hasard ?

Pour les Français, la deuxième problématique, c’est la prise de conscience de notre déconnection avec les générations de coiffeurs Y et Z qui nous imposent un modèle à suivre, sous peine de partir ! Ce ne sont pas des générations qui s’adaptent !
Les séduire de nouveau passe par un changement de méthode. Plus elle est rétro, plus elle est compliqué, plus ils décrochent !
Le recrutement est devenu extrêmement tendu. Pour les embarquer, il faut désormais rendre le management ludique et faire de la marge à travers la méthode et les nouveaux gestes !

 

Si vos formateurs ne parlent pas business pendant qu’ils coupent, c’est rétro ! Si c’est compliqué, fuyez ! S’ils n’ont jamais eu de salon, on ne sait pas si leur méthode fonctionne… ! S’ils ont déposé le bilan, attention à leurs conseils ! Attention aux croyances du passé ! Attention à ne pas apprendre des coupes que vous ne ferez jamais en salon, c’est une perte de temps !

C’est là la déconnection avec les Anglais, car ils n’ont plus les même problématiques que nous et leur méthode sont devenues trop longues en termes d’exécution. Leur discours de rentabilité ne peut pas être adapté pour nous et nous n’avons pas les mêmes texture de cheveux…

Choisissez un formateur français, vous cotisez pour ! Et qui ait les mêmes problématiques que vous, sinon, c’est peut-être du rêve… Parfois les leaders perdent leurs places… c’est comme ça !

Vous verrez que, plus les formateurs revendiqueront d’être « made in France », plus ce sera classe et tendance de prôner la MÉTHODE FRANÇAISE.

Planifiez bien vos formations pour l’année, ne choisissez pas sur un catalogue ou chez votre fournisseur, la formation n’est pas un produit ! Un bon formateur peut vraiment changer votre business. Ne vous trompez pas, choisissez français !

Rendez-vous au MCB dimanche 15 septembre à 11 h :
2020 MANAGEMENT EN TERRES HOSTILES

 

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