Jean-Marc Joubert, star de la coiffure

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Musicien devenu coiffeur, Jean-Marc Joubert a gardé la rigueur d’un pro du solfège et le goût de la scène propres aux artistes.

« La musique doit être agréable à l’oreille, la coiffure doit créer des volumes agréables à l’oeil. Et le point commun de ces deux mondes, c’est la scène bien sûr ! », indique Jean-Marc Joubert, à la tête d’un réseau de 18 salons de coiffure (Jean-Marc Joubert, Arthur et Axel et Gilles Boldron) et de plus de 100 collaborateurs. Formé dans une école supérieure de musique, le Poitevin de naissance joue de plusieurs instruments : batterie, piano, saxo, clarinette, accordéon… « Quand je suis devenu coiffeur, j’ai utilisé ce que j’avais appris en musique, notamment la rigueur du solfège, et j’ai choisi de l’appliquer à la coiffure. Il y a peu de règles dans ce métier, j’ai donc eu envie de créer une méthode. »

Son système éducatif s’appuie sur une excellente maîtrise de la géométrie et élimine tous les gestes inutiles. « Il ne faut pas revenir sans cesse sur la même zone : cela veut dire qu’on hésite. Or, la cliente déteste tout ce qui peut instaurer le moindre doute. Il faut régler au maximum le geste, d’autant que cela permet de gagner du temps pour effectuer des services additionnels et magnifier la coiffure de sa cliente. » Cette méthode, qu’il va jusqu’à appeler un « langage », Jean-Marc Joubert l’a utilisée pour Schwarzkopf puis pour L’Oréal. Depuis 1999, il l’enseigne au sein de son académie, située rue du Louvre à Paris. « Dans une période marquée par l’incertitude, il faut reprendre les bases. La formation donne des clés pour avancer, elle est essentielle. Notre profession, qui ne pense parfois qu’à faire du chiffre, ne doit pas la négliger. »

Chef d’orchestre

Il le dit lui-même : Jean-Marc Joubert n’est pas un coiffeur de salon. Le voilà donc chef d’orchestre de son groupe, à jongler entre artistique et business. « J’ai toujours mené les deux de front, c’est compliqué, mais j’y arrive ! » Ambassadeur pour L’Oréal, il a pendant des années sillonné le monde pour des shows, se faisant connaître par sa gestuelle pointue. « Et puis un jour, j’en ai eu marre. J’avais le sentiment d’avoir fait le tour, je me dégoûtais moi-même. » L’Oréal vient de fêter ses cent ans, Jean-Marc Joubert tire le rideau sur cette partie de sa carrière. « Je me suis mis en jachère, mais je remonterai sur scène, j’ai des projets qui mûrissent. Cette fois ce sera pour le grand public et non pour les coiffeurs seulement. » En parallèle, le touche-à-tout travaille sur un projet de programme court pour la télévision, collabore avec Stéphane Bern, et a comme ambition en 2014 de continuer à développer les marques qu’il a créées et… de prendre quinze jours de vacances. « Ça, ce serait vraiment bien », sourit-il.

ENTRE NOUS
1963 : Naissance dans le Poitou
1986 : Ouverture d’un premier salon
1999 : Ouverture de son académie à Paris

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Affirmer sa personnalité

« Beaucoup de coiffeurs ont tendance à s’oublier dans le marketing des marques auxquelles ils veulent à tout prix s’identifier. Je pense au contraire qu’il faut raconter sa propre histoire, valoriser sa personnalité afin de se démarquer. »

Mes critère s pour recruter 

« Je recrute des personnalités qui vont pouvoir s’inscrire dans une équipe sans la détruire, la porter sans l’écraser. Mais attention, un collaborateur ne sera jamais exactement tel que vous le souhaitez. Seule la formation peut le rapprocher au mieux de votre vision. Pour moi, les ressources humaines ont une importance capitale, ce sont mes coiffeurs qui font le chiffre d’affaires, je ne suis qu’un chef d’orchestre. »

L’aventure de la gamme Jean-Marc Joubert Coloriste

Après avoir mis un terme à ses shows à l’international, Jean-Marc Joubert s’est embarqué dans une autre aventure : le lancement d’une gamme de coloration. « C’est une expérience incroyable ! », s’enthousiasme-t-il. Ses produits ont notamment été vendus en grandes surfaces, ce qui était son ambition première.