L’excentrique Bruno Barbeyrol

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Difficile de passer à côté des extravagantes créations de Bruno Barbeyrol ! Installé à Montpellier, où il tient un salon en solo, ce créateur hors norme propose des shows détonants. Rencontre…

Bio express
1961 : Naissance à La Rochelle
1987-2002 : Gestion du salon familial à La Rochelle
2006 et 2007: Nominé aux Hairdressing Awards
2002-2008 : Création et gestion du salon Optimum à Lattes (34)
2010 : Premier show à Métamorphose
2010 : Ouverture de son salon à Montpellier
2011 : Exposition à l’Opéra d’Avignon

Pourquoi s’en tenir aux cheveux ? Je n’hésite pas à inviter le métal, le bois ou même le végétal dans mes créations. J’aime la récup’ !

Plus jeune, je rêvais d’être architecte ou dessinateur industriel, ce n’est donc peut-être pas un hasard si mes
créations sont souvent monumentales !

Je m’inspire de la science-fiction et j’ai exposé mes « Divas » à l’Opéra d’Avignon au début de 2011. De fascinantes créatures futuristes.

Marginal ou avant-gardiste ? Une chose est sûre, je ne rentre pas dans les cases ! On me qualifie d’excentrique et cela
me plaît. Je ne veux surtout pas être un suiveur.

J’ai été nominé aux Hairdressing Awards en 2006, dans presque toutes les catégories. J’avais promis à ma mère qu’un
jour son nom serait écrit en grand sur un écran…

Pour moi, le monde de la coiffure n’a pas de frontière. Je me suis formé auprès de Toni&Guy, Vidal Sassoon, Trevor Sorby, Lluís Llongueras…

J’ai été un grand sportif, je faisais du football et des arts martiaux. Aujourd’hui, je n’ai plus le temps, j’ai choisi de me consacrer entièrement à l’artistique. C’est une sacrée discipline aussi !

Je me suis lancé dans la formation. Je cherche à transmettre la rigueur, la liberté et l’excentricité.

Voilà un artiste coiffeur inclassable et surprenant. Comment ne pas se laisser impressionner par ses sculpturales coiffures, qu’elles soient multicolores ou bardées de métal ? Les visuels de Bruno Barbeyrol
nous conduisent dans un univers onirique, souvent inspiré de la science-fiction. Originaire de La Rochelle, ce coiffeur avant-gardiste se permet toutes les excentricités : « Je n’aime pas faire comme les autres, confie-t-il. Je déteste le copier-coller. »

Dans ses créations, ce coiffeur aux longues dreadlocks blondes (« j’en rêvais, je l’ai fait ! ») n’hésite pas à détourner des objets ou à introduire des matériaux inattendus dans une chevelure. « C’est une façon de revisiter les choses, de donner une âme à mes créations. C’est irrationnel et un peu fou ! Mais, à mes débuts, je ne vais pas le cacher, c’est surtout parce que je n’avais pas les moyens de faire autrement ! J’ai même fabriqué une robe en chambres à air pour mon premier show ! »

Repartir à zéro

Adolescent, Bruno Barbeyrol se destinait à une carrière dans le football. Un accident l’a contraint à changer de cap. Sous l’influence de sa mère et de sa soeur, déjà dans la profession, il choisit la coiffure. « J’ai commencé chez Toni&Guy à Bordeaux, puis j’ai repris le salon familial, à La Rochelle. La facilité ne me convient pas, j’ai donc préféré repartir à zéro, ailleurs. » Ce sera Montpellier et ses terrasses ensoleillées. «

Dans cette ville, j’ai longtemps évolué dans le milieu de la nuit, plutôt « trash ». Mais j’ai l’impression que ce n’est plus possible aujourd’hui d’aller aussi loin dans la coiffure qu’à cette époque. Je me suis adouci, mais cette étiquette me colle toujours à la peau. Je suis un vieux dinosaure ! »

Bien plus ouvert à l’étranger !

Bien qu’assagi, Bruno Barbeyrol continue de proposer des shows décapants, notamment à Métamorphose ces dernières années. Un petit goût pour la provoc’ ? « Non, répond-il. Je trouve que la France manque d’ouverture d’esprit. Quand on est trop alternatif, on dérange. Nous sommes sclérosés au niveau des visuels. À l’étranger, je trouve que c’est bien plus ouvert ! »

Pour sa dernière collection, Bruno Barbeyrol a travaillé sur le thème du noir et blanc. « L’an dernier, ma collection était très colorée. Cette année, je voulais quelque chose d’épuré, de plus couture. Peut-être que je deviens plus politique ! »

 

Mon univers…

Mes sources d’inspiration : « Le stylisme, le design, l’art en général. Mais je m’inspire de tout ce que je vois au quotidien. Chez Starbuck par exemple, je regardais les petits bâtonnets de bois qu’ils donnent pour mélanger le café. Et j’ai imaginé détourner ces objets dans une coiffure ! »

Mon astuce technique : « Il ne faut pas s’arrêter aux lignes géométriques classiques et normalisées pour imaginer des coupes ou des coiffures. Il faut utiliser toutes les formes possibles ! Un nuage, un coeur, un rectangle… Toutes les formes peuvent être sources d’inspiration. »

Mes projets : « Je vais bientôt lancer une nouvelle formation qui s’intitulera « Editografik ». Le thème : Comment pousser son édito à l’extrême ? L’objectif sera de sortir des coupes prévisibles pour s’aventurer dans les extrêmes. »

Mon produit chouchou : « Hard to Get, la pâte texturisante de Bed Head. Je l’utilise quasiment tous les jours. J’aime bien cette petite boule. »

Un créateur : Iris Van Herpen, la styliste d’Alexander McQueen. Elle est vraiment hors norme, elle sort des créneaux. C’est une de mes dernières révélations.

Un parfum : Chloé, je ne peux pas vous expliquer pourquoi, cela remonte à loin et c’est un des prénoms que j’aurais aimé donner à ma fille, en résonance avec ce parfum.

Une musique : Requiem for a dream, de Clint Mansell, la musique du final de mon dernier show. C’est énorme…

Un accessoire : Un chapelet, que je porte toujours à mon poignet. On m’a un jour proposé d’aller faire le pèlerinage de Sainte- Baume, près d’Aix-en-Provence. Arrivé en haut, je me suis assis sur un banc, près de l’église, j’ai baissé les yeux et j’ai découvert ce chapelet.

Un rêve : Pouvoir finir mes jours avec la femme que j’aime.

Un film : Intouchables, ce film m’a beaucoup ému. Dans une scène, Omar Sy demande à François Cluzet à quoi sert l’art. « C’est le seul moyen de marquer notre passage sur terre », lui répond-il. Je me suis reconnu dans ce message.

Un souvenir : La mort de mon père, sous mes yeux, quand j’avais 7 ans. Un choc.

Une fleur : Une pensée, car dans les cartes la pensée reflète le psychisme, le spirituel.

Une ville : Valence, où je suis allé récemment à l’occasion des Hairdressing Awards espagnols et de la Fashion Week. J’ai adoré l’architecture de cette ville.