
Vous intervenez chez Pivot Point en tant que formatrice experte en pédagogique. Quel est votre parcours professionnel jusqu’à ce jour ?
Collégienne, je faisais partie de ces apprenants moyens à qui l’on a demandé à 13 ans, en cinquième, ce qu’ils voulaient faire. J’ai répondu « coiffeuse » et j’ai entendu « Parfait, de toute façon, les études, ce n’est pas pour toi ! » À 15 ans, j’ai commencé mon apprentissage. J’ai passé tous mes diplômes jusqu’au Brevet de maîtrise, en ayant toujours eu à coeur de transmettre, de partager.

Dès que j’ai appris l’existence de Pivot Point France, j’ai rassemblé mes économies pour m’offrir un premier stage de quatre jours sur « Les Fondamentales », puis un autre et encore un autre… L’art et la science proposés par l’approche de Pivot Point répondaient à mon besoin. À 25 ans, je suis partie au Canada. Favorisée par les recommandations de Pivot Point France, j’ai rencontré le responsable de Pivot Point Québec qui, à cette époque, avait besoin de formateurs. En parallèle, j’ai repris mes études à l’université de Montréal. J’ai obtenu une licence en sciences de l’éducation avec une spécialité pour la formation professionnelle et les élèves en difficulté.
Dans ce même temps, Pivot Point Québec m’a confié la responsabilité de la formation des professeurs de coiffure. Un peu plus tard, j’ai aussi exercé en tant qu’artiste portfolio pour L’Oréal Professionnel, puis pour Pivot Point International.
Après sept ans au Canada, je suis allée en Espagne, où j’ai suivi trois ans d’études en expression corporelle dramatique, ce qui m’a conduite à développer création, présence sur scène, prise de parole… tout en continuant à travailler pour Pivot Point International en tant qu’éducatrice exploratrice, et chercheuse pour assouvir ma curiosité.
Rentrée en France, j’ai repris mes études et obtenu un master en ingénierie pédagogique de formation. Puis j’ai obtenu un diplôme universitaire en neurosciences éducatives.
Enfin, pour comprendre les changement et l’évolution des ados d’aujourd’hui, je suis remontée à la source : la toute petite enfance et l’enfance. Je me suis formée à diverses formes de pédagogies alternatives et j’ai pu approfondir les plans de développement, de l’enfant au jeune adulte, afin d’avoir une approche holistique de l’humain. Je suis devenue coach pédagogique.
Comment voyez-vous l’évolution du métier de formateur ?
Nos pratiques de formateurs doivent être en constante évolution car le public que nous accueillons évolue. Le formateur devient de plus en plus un facilitateur. Les adolescents d’aujourd’hui ne sont pas si différents de ceux d’hier. Alors qu’est-ce qui a changé ? Un élément clé : les divers choix de vies et de carrières. En effet, hier, l’avenir professionnel laissait peu de possibilité de changement, on menait souvent son cursus jusqu’à son terme. Aujourd’hui, les jeunes ont tant de possibilités qu’il leur est difficile de tracer eux-mêmes leur chemin.
C’est une certitude, l’humain doit être de plus en plus au coeur de notre dispositif : démontrer, expérimenter et échanger des connaissances et des techniques professionnelles sur des têtes malléables ou des modèles restent la meilleure façon d’apprendre les métiers de la coiffure.
Aujourd’hui, nous transmettons avec une approche par compétence. Il est aussi nécessaire désormais d’« apprendre à apprendre ». Nous devenons des guides pour aider les adolescents à développer les fonctions exécutives telles que : planification, flexibilité, attention, gestion des émotions, résolution de problématiques.
L’objectif est d’accompagner les jeunes à devenir autonomes et responsables. Il est primordial de stimuler leur plaisir pour les amener à participer, s’engager, partager, choisir.
Comment pensez-vous que nos espaces d’apprentissage doivent évoluer pour correspondre aux apprenants d’aujourd’hui et de demain ?
La nature est un besoin fondamental de l’humain. De tout temps, nous avons appris à vivre avec et dans la nature.
Elle nous a permis de développer notre cerveau jusqu’aux capacités dont il fait preuve aujourd’hui. De nombreuses études scientifiques en neurosciences et neurosciences éducatives démontrent le bienfait de la nature sur l’attention, la concentration, la mémoire, la récupération dans les hôpitaux, la gestion du stress…
Des images de nature, des photos, des éléments représentant ou faisant appel à la nature ont un réel impact positif sur le fonctionnement du cerveau.
Il me semble nécessaire d’évoluer dans des lieux agréables ou les ados peuvent adopter des postures d’apprentissage répondant à tous leurs besoins physiologiques.
Véronique Tessier Responsable du pôle éducatif Pivot Point


Biblond, pour les coiffeurs !








