Aux commandes de ses prestigieux salons de coiffure depuis vingt et un ans, le souriant et spontané Yannick Kraemer a la haute main sur tous les maillons de la chaîne. Car, pour assurer la pérennité d’un groupe, le courage managérial doit être accompagné de « vision, et toujours de vérité », plaide le chef d’entreprise.
L’histoire de Yannick est celle d’un héritage d’abord car c’est dans le salon de son père, situé dans le village alsacien d’Hatten, où il fit son apprentissage, qu’il trouva ses techniques et son sens de la convivialité. « Je lui dois ma passion du métier et de l’entrepreneuriat, puisque au départ, je pensais que je resterais dans le salon familial. » En effet, après son apprentissage et son service militaire dans les parachutistes, son père, gentil mais autoritaire, le pousse à quitter le cocon Kraemer. Il obtient une place dans le très prisé salon Jacques Dessange, avenue Franklin-Roosevelt à Paris. « Mon père voulait que je me façonne une nouvelle vision de la coiffure. Pari gagné ! Pendant vingt ans, j’ai géré en franchise quinze salons Jacques Dessange. Une vie sympa avec les copains, les fêtes, le foot… jusqu’au moment où je me plante sur un salon en contrat de master franchisé Dessange, situé à Berlin. Je vis mal cet échec professionnel, appuyé par un manque de présence et de réponse du groupe. »
Une nouvelle vie
C’est le facteur déclencheur. Il invente en 2000, le concept Kraemer à Strasbourg. Au fur et à mesure, Yannick développe ses propres salons Kraemer. « Pas si simple de développer sa franchise face aux géants, jusqu’au jour où une cliente me dit qu’elle veut ouvrir un salon à Québec au Canada. Ça y est, j’ai ma fenêtre de tir : je vais d’abord créer ma franchise à l’international après l’avoir installée dans ma région natale. »
Tout s’est alors enchaîné.
Une rencontre avec un homme d’affaires chinois, patron de plusieurs restaurants à Strasbourg, qui souhaite propulser sa marque à Canton, une mégalopole chinoise de 17 millions d’habitants, en pleine expansion. Bluffé par le dynamisme local, Yannick accepte et participe au montage financier de la société à hauteur de 10 %. Aujourd’hui, le groupe régional à dimension internationale comptabilise 200 salons dans le monde, en franchise et en master franchises (75 % de ses salons sont à l’étranger), 3 académies de formation – à Murcia, en Espagne, à Canton en Chine avec 800 m2 et à Strasbourg. « À ce jour, je suis fier de dire que je travaille avec 2 000 collaborateurs, 400 apprentis et 300 managers et managers adjoints. »

Les produits, une autre grande fierté
Yannick sait d’expérience que, pour avancer et dépasser une crise, le combat n’est pas une solution s’il n’a pas le plaisir pour principal moteur. Ce communicant aime travailler en clan pour développer avec beaucoup de bienveillance, tous ses axes : une charte de qualité, un magazine en nom propre, des outils digitaux, des séminaires, des formations, des collections artistiques et une gamme de produits capillaires complète avec 42 références. « Depuis 2019, nous travaillons avec le groupe chinois AS Watson, propriétaire de Marionnaud pour la distribution de dix produits de notre gamme dans 4 000 points de vente, situés notamment en Indonésie, Thaïlande, Vietnam ou encore à Taïwan. » Un autre pays est dans le collimateur de Yannick… « Les États-Unis. Nous avons signé avec les hôtels Emporium pour mettre à disposition dans les salles de bain, cinq produits Kraemer. » Un autre projet auquel Yannick tient beaucoup et qui vient d’être commercialisé : une lampe qui reproduit à 96 % la lumière du jour. Jamais à court d’idées, Yannick travaille donc beaucoup pour les faire aboutir avec, comme fil conducteur, le courage managérial empreint de vision et de vérité. « Le courage est la meilleure des armes. C’est ce que je m’attache à cultiver au sein du groupe. Un sacré pouvoir qui constitue la clé de la résilience à mon sens. »

Pour faire connaissance avec Yannick…
« Je ne serais pas arrivé là… »
Si mon père ne m’avait pas obligé à quitter mon village.
Ta devise ?
Si tu enlèves tout ce qui ne va pas, tout va bien !
Ta madeleine de Proust ?
Le parfum d’amande de la colle au fameux bouchon orange.
Qui te rassure ?
Ma mère qui me recadrait avec beaucoup de bienveillance. Sinon, mes partenaires.
Une rencontre qui t’a marqué ?
Plutôt deux : Bruno Pittini pour l’artistique et Jacques Dessange pour le business.
Quelle est la ville qui te ressemble ?
New York sans hésiter. C’est une ville bouillonnante d’énergie.
Ton truc antistress ?
Je dessine. Même lorsque je suis au téléphone.
Ton principal trait de caractère ?
Jamais rancunier. On dit aussi que je suis drôle.
Celui dont tu es le moins fier ?
Mes colères légendaires.
Quel est le trait de caractère que tu détestes chez les autres ?
Indiscutablement, le manque de loyauté.
Biblond, pour les coiffeurs !












