Des femmes nues avec des antennes sur la tête… Difficile de ne pas remarquer la dernière création « avant-garde » de Wilfrid Karloff. Le coiffeur lyonnais a présenté ses quatre créatures semblant venues d’une autre planète aux Hair Dressing Awards 2009.
La blanche nudité liée à l’absence de cheveux, compensée par des sculptures étranges comme un prolongement surnaturel, n’a pas été du goût de tous. Wilfrid Karloff savait qu’il prenait un risque,
mais il tenait à aller jusqu’au bout de son idée. La preuve d’un imaginaire audacieux. Cette inclination à créer des univers, il la revendique.
Au-delà de la mode et de ses défilés, la source d’inspiration privilégiée de Karloff est la nature. « Les insectes, les animaux, une fourmilière, une toile d’araignée… On trouve dans la nature des formes et des lignes incroyables », raconte-t-il. L’architecture représente également un réservoir d’idées. Quand il voyage, Wilfrid Karloff, qui dessine depuis l’enfance, fait des croquis,
prend des photos et immortalise dans son carnet des hôtels, des musées, des immeubles. L’histoire lui apparaît également majeure. « La mode est un éternel recommencement, souligne
le coiffeur de 37 ans. C’est essentiel de savoir ce qui s’est passé avant, de le transformer et de le faire évoluer. » Ainsi de sa ligne imaginée pour les Hair Dressing Awards 2008 sur le thème de
la Renaissance, mélange d’histoire et de modernisme, sur fond architectural. À chaque fois, il planche largement en amont pour réussir à créer une collection originale. Il lui faut toujours
un thème suffisamment évocateur.
Pour ses modèles, il est parti de deux événements de l’actualité de l’année dernière : le quarantième anniversaire du premier pas de l’homme sur la Lune et le danger des ondes téléphoniques. « J’ai imaginé alors qu’en allant plus loin dans notre galaxie nous allions découvrir de nouvelles civilisations qui, pourquoi pas, communiqueraient par des ondes émises par les coiffures », raconte-t-il. Et qui, sur notre planète, communique par ondes ? s’est-il alors demandé. La réponse lui est apparue comme une évidence : les insectes. « J’avais envie de m’inspirer de quelque chose qu’on a sous les yeux et qu’on ne voit pas forcément. »
C’est ainsi que s’est formalisée l’ébauche. Le préalable pour lui est toujours de définir un sujet, puis de partir à la recherche des documents. « J’avais décidé de m’inspirer des différentes formes d’insectes, de leurs mâchoires, antennes et ornements, sans oublier les différentes formes d’ondes, pour construire les coiffures de ces quatre créatures venues d’un autre monde. » Articles sur l’anniversaire du premier pas sur la Lune, ou sur la Nasa qui propose à la Russie un vol habité conjoint vers Mars, photos de mantes religieuses, de cafards, de papillons et autres insectes aux appendices les plus divers… Tout a été mis sur la table devant l’équipe. Car le travail se fait toujours avec la même équipe, soudée au fil des années. Un photographe (Hugo Juillard), un maquilleur (Cédric Jolivet) et un styliste (Franck Meunier) creusent avec lui le thème amené par le coiffeur et apportent chacun leur pierre à l’édifice. Le début du travail a démarré plus de six mois avant les Hair Dressing Awards. La mise en forme peut prendre ensuite deux ou trois mois, avec un travail dense sur les formes, les textures et les matières.
Dès le départ, Wilfrid Karloff savait que le projet était risqué. Les créatures pouvaient passer pour malades plus que pour des émanations extraterrestres. Le résultat frappe les esprits. Le salon Métamorphoses de Béziers a même choisi une créature pour son affiche. Les créatures de Karloff, à la croisée des mondes, font résonner l’imagination. Elles montrent que l’avant-garde demeure affaire d’inspiration et de détermination.
Salons Wilfrid Karloff
65, avenue des Frères Lumière
69008 LYON
Tél.: 04.78.00.31.96
www.wilfrid-karloff.com
Biblond, pour les coiffeurs !







