Talents au féminin : la passion en héritage

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Une mission de taille pour ces femmes PDG : faire perdurer et grandir l’entreprise familiale.

Avec Delphine Iwata, Karine Derache et Vanessa Ghorayeb

Karine Derache

Karine Derache se prépare à fêter les 140 ans de l’entreprise familiale Delorme, dont elle est la PDG depuis 2019. « Après des expériences à l’étranger, je suis entrée dans la société fondée par mon arrière-arrière-grandpère. Mon frère, qui gère le magasin, et moi avons grandi dans les locaux. » À la tête de 45 collaborateurs dont 70 % de femmes, elle n’a pas une minute à elle. « Nous déménageons pour un entrepôt trois fois plus grand. Il ressemblera à une maison, la maison du coiffeur. » Comment a-t-elle réussi à faire sa place ? « J’ai été accueillie avec respect. Notre entreprise connaît une croissance régulière. Nous sommes sérieux, exclusifs coiffeurs, partenaires des Fashion Weeks, présents sur les salons professionnels à l’international… »



Delphine Iwata

Après des études à Londres, Delphine Iwata entre dans l’entreprise familiale Fejic en 1999. « Femme et jeune de surcroît, ça n’a pas été évident de me faire entendre au début, notamment lors de négociations musclées avec des hommes. Aujourd’hui, c’est plus facile. J’ai pris de l’assurance ! », souligne celle qui reconnaît avoir encore du mal à s’imposer au Japon, où les femmes ont peu de postes à responsabilités.

Vanessa Gorayeb

Vanessa Ghorayeb, 38 ans, à la tête de Cindarella, a baigné dans la coiffure dès le plus jeune âge. « Cette société appartenait à ma grand-mère », explique celle qui a fait une école de commerce puis un stage de fin d’études chez L’Oréal avant d’entrer dans le sérail. Elle est à la tête d’une cinquantaine de collaborateurs. « À 21 ans, j’ai monté une société en Espagne. Puis j’ai pris la direction de l’export, les grands comptes en France… Il fallait que je comprenne le fonctionnement de l’usine », explique Vanessa, basée aujourd’hui au Moyen-Orient. « Être passée par tous les postes a légitimé mon arrivée à la direction générale. Mes grands-parents ont assuré la transmission. Nos collaborateurs me connaissent bien et cette reprise les a rassurés : elle garantit un futur. »

Des conseils aux femmes ambitieuses ?

« Il faut se former sans cesse et savoir se remettre en question, ne pas douter de ses capacités, être motivée et positive. Sinon, on ne fait pas avancer ses troupes », insiste Vanessa. Pour Delphine ? Rester soi-même, ne pas essayer de paraître autoritaire, ne pas sortir les armes avant que la discussion ne commence, avoir confiance en soi sans être écrasante.

Quelle différence avec leurs homologues masculins ?

Toutes trois sont unanimes : l’empathie. Mais pas seulement ! Pour Vanessa : « Il nous est plus facile de faire passer certaines informations, les interlocuteurs sont en confiance. » Karine se sent investie d’une mission. « J’ai lu que nous n’étions que 5 % de femmes au poste de PDG. J’ai envie de prouver qu’une femme peut réussir. » Delphine remarque que la patience, la tolérance, la polyvalence ou l’efficacité sont des qualités féminines, d’autant plus quand elles sont mères. « Avoir des enfants demande une très grande organisation au quotidien. »

Mais comment parviennent-elles à gérer vie professionnelle et vie privée ?

« Il est essentiel d’être bien entourée, s’accorder des vacances, avoir une bonne hygiène de vie et s’offrir des moments “plaisir”. Je pratique la course à pied au moins une fois par semaine. Ça me vide la tête ! », conseille Karine.  « Il faut savoir doser et cultiver son bonheur dans la famille et dans l’entreprise », poursuit Delphine. Vanessa, elle, n’a jamais cessé de travailler. Et elle en est convaincue : « Une maman épanouie, c’est le plus bel exemple que l’on peut donner à un enfant, non ? »



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