Talents au féminin : femmes d’influence

Taille du texte: A A A

Elles ont la trentaine, jonglent entre vie de famille, professionnelle et artistique. Chefs de file de la jeune génération, elles écrivent les pages de la coiffure de demain.

Constance Laporte

Constance est la fille de Vania Laporte, ex-ambassadrice L’Oréal. Elle dirige avec son frère les trois salons familiaux à Bordeaux. Dans la même ville, Julie Alvarez officie au très trendy Petit Salon. Enfin, Natasha, gagnante de Biblond The Hairfluencers 2019, enceinte de son deuxième enfant, est de retour dans la capitale, chez Medley, après quelques mois sur son île natale, la Réunion.

« J’ai participé au Hair Congress en septembre. Ce rendez-vous m’a renversée. J’ai compris que mes objectifs de carrière sont aussi artistiques et que ma place est à Paris », souligne Natasha, qui cartonne sur les réseaux sociaux. Toutes les trois participent à la revalorisation du métier, inspirant la jeune génération. Et toute trois jonglent avec leurs différentes casquettes, avec aisance et passion.



Natasha Gaze

Quand Julie, formée à Londres chez Saco, aujourd’hui Redken Artist, partage son emploi du temps entre le Petit Salon et Noos Education, l’académie qu’elle a fondée en 2017 avec Lucas Olivier Clauzel, Constance, fraîchement maman, reprend, avec joie, le cours de sa carrière qui l’a menée, par le passé, sur la côte basque auprès de Christophe Gaillet, à Londres chez Guy Kremer ou à Genève avec Christophe Durand. « Les femmes doivent s’autoriser à briller dans leur métier. Dans les salons, il y a 80 % de femmes et 20 % d’hommes. Pourtant, elles ne sont que 20 % à être mises en lumière, contre 80 % d’hommes. Mon conjoint sait que ma vie professionnelle fait partie de mon développement personnel donc de mon bonheur. À la maison, on partage le calendrier parental. » Même constat pour Natasha, qui affirme redoubler d’énergie depuis qu’elle est maman. Constance reconnaît avoir eu un bel exemple de femme, forte et accomplie avec sa maman. « Elle m’a donné un conseil : avoir de l’audace. J’ai envie d’encourager les jeunes dans cette voie, leur dire de rêver. Je trouve qu’ils n’osent pas assez ! Avant, on voyait des choses créatives. Pas forcément jolies mais elles avaient le mérite d’exister. Heureusement que des écoles comme le Real Campus éclosent pour encourager les jeunes à explorer des choses différentes. Cela fait du bien à la profession.» Julie, quant à elle, insiste : « Soyez curieux et formez-vous sans cesse. Pour faire de l’artistique, il faut maîtriser un maximum la technique. »

Déterminées, ces trois femmes ont un autre point commun, la générosité. « J’adore travailler en collectif, faire évoluer les gens, tirer le meilleur de chacun et leur faire aimer le métier », explique Constance, qui a récemment intégré l’équipe de la Haute Coiffure Française. Pour Natasha, les échanges permettent de s’élever et d’ouvrir son esprit.

Julie Alvarez

Mais qu’est-ce que leur plaît tant dans l’artistique ? « La liberté absolue ! Raconter une histoire de A à Z, un peu comme le fait un metteur en scène ou un couturier, avec un fil conducteur, une sensibilité », explique Constance. « J’ai fait des études d’histoire de l’art. Je trouve mon inspiration dans les mouvements artistiques », note Julie quand Natasha confie vouloir se faire un nom et avoir une réelle identité artistique. « Chaque année, je repousse mes limites en créant ma collection. Peut-être que je n’ose pas encore assez transformer la femme, je reste encore sur des choses plus douces, commerciales. Je suis admiratrice de ceux qui font de l’avant-garde. Les hommes ont peut-être plus cette capacité à déguiser la femme. Mon but est de réussir à trouver le juste milieu. »



Catégories: Actualités