Talents au féminin : femmes dans l’ombre

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Derrière un shooting réussi, il n’y pas seulement un grand coiffeur. Maquilleuse, styliste et photographe, ces trois femmes écrivent les pages artistiques de la coiffure.

Après des études de droit en France et en Suède puis une mise à niveau en arts appliqués, Tara jongle désormais avec deux de ses passions, la photographie et le stylisme. Voilà douze ans que cette Parisienne de 31 ans court de shooting en shooting. Parmi ses expériences, elle saisit l’occasion de travailler sur différentes projets coiffure, des campagnes comme des shows, pour des grandes marques comme pour des salons plus confidentiels.

La maquilleuse Émilie, 38 ans, a commencé par un CAP coiffure à Nantes. « Je voulais faire du studio et du spectacle. Comme je ne souhaitais pas m’installer dans la capitale, j’ai passé un bac puis j’ai décidé de me former en maquillage professionnel à l’école d’esthétique Matile à Nantes », explique celle qui s’est aussi spécialisée dans la mise en beauté des mariages.

Tara Ziegfeld



Installée du côté de Saint-Herblain, Charlène espère ouvrir bientôt son propre studio photo. « Après un bac littéraire option arts plastiques à Nantes puis des études de photographie à Paris, j’ai fait mes armes dans le cadre de stages avec un attrait pour la mise en scène et la mode. J’avais 19 ans et les places étaient chères. Je faisais donc des projets en collaboration, je travaillais gratuitement, pour faire mon book. » Elle apprend beaucoup aussi en assistant le photographe Jean-François Lesenechal, spécialisé dans la publicité.

À 25 ans, elle retourne à Nantes, où elle se pose chez un portraitiste, avant de renouer avec ses premières amours, en tant qu’indépendante pour Garnier Studios.

Charlène Ménès

 

 

 Ses expériences avec le monde de la coiffure ? « J’ai collaboré plusieurs fois avec Marine Sniegula. Toutes deux passionnées de mode, on organisait nos shootings de A à Z. J’ai également travaillé avec Philippe Tapprest et avec Christophe Pujol en studio mais aussi dans le cadre d’un défilé pour Eugène Perma. Enfin, j’ai shooté la collection et le catalogue de l’école Hair Business Developpement. »

Émilie a également collaboré avec différents coiffeurs : Florent Ricordelle, ambassadeur Perma ; Kevin Chupin, coiffeur studio ; ou encore Denis Holbecq ; ainsi que sur des shows de grandes marques comme Perma, Sebastian, L’Oréal, Redken ou Couleurs Gaïa.

Émilie Brunet

 

 

La différence entre un make-up en studio et sur un show ? « En shooting, le maquillage doit être parfait. Zéro défaut. Tout en respectant le style voulu. Sur les shows, le make-up doit tenir longtemps. En général, je maquille les modèles après la coiffure pour éviter l’eau du bac par exemple. Sur scène, le maquillage doit être plus prononcé. » Pour cette photographe, la difficulté tient surtout à l’éclairage qu’il faut parfaitement maîtriser. « Mon rôle est de mettre en exergue tout le travail d’équipe. »

Et côté stylisme ? « Dans un aspect très pratique, les tenues col haut sont à proscrire. Je dois interpréter l’inspiration. Il faut réussir à trouver le look qui donne une vraie direction artistique sans parasiter la coiffure. Nous travaillons tous main dans la main », précise Tara, qui reconnaît un petit stress en cas de coloration récente si les tenues sont blanches.

Les qualités requises pour exercer son métier ? « La volonté, la patience, la passion et une pointe de résilience. Il faut savoir être attentif aux détails, parfois se battre pour se faire sa place, mais toujours avec bienveillance », met en garde Tara, avant de s’adresser aux futures stylistes : « Les frontières entre vie pro et vie privée peuvent être floues. Gardez des moments rien qu’à vous et coupez-vous des réseaux sociaux de temps en temps. »