Raffinement & modernité, Jérémy Blanc

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Coiffeur ID Artist L’Oréal, Jérémy Blanc alterne entre des shows à l’étranger, un salon à Poitiers et la vie parisienne. Curieux, il nourrit sa créativité de ses voyages et de ses rencontres.

De son enfance auprès d’une grand-mère couturière, Jérémy Blanc a conservé une âme de créatif avant tout. « Elle m’a transmis l’envie de faire quelque chose de mes mains. » Dans ses poches, des petits carnets où il consigne ses inspirations du moment. « Je dessine, je prends sans cesse des photos, je découpe les magazines, tout m’inspire ! », confie-t-il.

Dès ses débuts de coiffeur, il se passionne pour le maquillage et la photo. Autodidacte, il s’équipe en matériel afin d’être pleinement autonome. « Lorsque l’on crée une coiffure pour un visuel, il faut être capable d’imaginer la photo dans sa tête, explique-t-il. Pour moi, c’est indispensable d’avoir le regard d’un coiffeur doublé de celui d’un photographe. »

Bien qu’il soit installé dans la Vienne, loin du microcosme parisien, il réussit à se faire repérer par L’Oréal. C’est le début d’une longue aventure (voir son CV page 48) qui lui permet de rencontrer Laetitia Guenaou. Cette dernière lui propose de l’assister lors d’un show à Cannes. Sur scène, Jérémy Blanc touche son rêve du doigt. « J’étais comme un enfant, je regardais partout pour ne pas perdre unemiette de cemoment. La voir travailler de près, être à ses côtés backstage… J’étais très impressionné. »

Aujourd’hui, le coiffeur poitevin est devenu premier assistant de la coiffeuse studio de renom et parcourt le monde à ses côtés pour des shows. « Nous travaillons les créations en amont, précise-t-il. Laetitia me laisse carte blanche. Lorsqu’elle m’a rencontré, j’avais déjà mon propre univers artistique et elle me laisse exprimer ma créativité tout en restant fidèle à son identité. »

Lorsqu’il n’officie pas aux côtés de Laetitia Guenaou, Jérémy Blanc développe ses propres créations. Sa collection automnehiver 2011 décline la femme autour de trois adjectifs : primitive, sereine, battante. La matière y est sublimée. « J’aime beaucoup texturiser la matière », reconnaît-il. Adepte des volumes maîtrisés, Jérémy Blanc recherche toujours l’élégance et le raffinement. « Mon travail n’est jamais flou, c’est toujours sobre et très travaillé, avec une touche de modernité. »

JÉRÉMY BLANC VU PAR… LAETITIA GUENAOU

« J’ai trouvé en lui mon âme complice sur le plan artistique. Nous sommes de la même trempe, nous aimons les mêmes choses. Jérémy est très méticuleux, discret et avenant. Dans ses créations, il part souvent d’une base très classique et la transforme en quelque chose d’avant-garde. »

L’ASTUCE TECHNIQUE DE JÉRÉMY BLANC

« Osez le détournement : n’utilisez pas toujours les produits pour les réalisations pour lesquelles ils sont prévus ! » À vous de jouer et de faire des essais !

Entre nous…

Vous partez régulièrement à l’étranger pour des shows… Cette vie de globe-trotter vous convient-elle ?

J’ai la chance énorme de pouvoir parcourir le monde, chaque pays est un souvenir unique, une nouvelle aventure, je ne suis pas du tout blasé ! Mon associé s’occupant parfaitement de notre salon, je peux quitter la France l’esprit tranquille.

Justement, parlez-nous un peu de votre salon à Poitiers : Jérémy et Pierrick…

Avec Pierrick, nous rêvions d’ouvrir un salon-appartement, mais ce concept est difficilement viable à Poitiers. Nous avons donc créé un lieu cosy tout en étant sobre. Un piano est utilisé en guise de caisse et un canapé Chesterfield noir accueille les clientes ! Les bancs de coiffure sont minimalistes, très simples.

En salon, quel est votre credo ?

Je prône le naturel avant tout. J’aime rendre les femmes belles, et non les déguiser. Je veille à ne pas transformer leurs cheveux : mon objectif est que mes clientes s’acceptent telles qu’elles sont.

L’univers de Jérémy BLANC

Un film : Alice au pays des merveilles, de Tim Burton. La musique et le stylisme du film m’ont beaucoup inspiré.

Une bonne adresse : Fleux, une super boutique de déco à Paris (39, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, dans le 4e).

Un créateur : Alexander McQueen,parti trop tôt… Il était tellement avant-garde !

Une musique : Adèle, je suis fan de l’univers de cette jeune chanteuse.

Un parfum : Hypnotic Poison, de Dior. Un parfum qui m’obsède et évoque pour moi une belle femme de caractère.

Un accessoire : J’ai toujours adoré les chapeaux et j’en porte souvent. Si je tombe sur un chapelier, impossible de résister !

Une saison : L’hiver, car il neige et la mode est plus riche. J’aime le contraste entre le chaud et le froid, l’idée que l’on révèle une nouvelle tenue quand on est à l’intérieur.

Une couleur : Le blanc. Pas parce que c’est mon nom, mais parce qu’on y met ce qu’on veut ! J’aime l’idée d’une toile blanche sur laquelle tout est possible.

Un petit plaisir : Des bonbons acidulés ! Je suis un grand enfant.

Une ville : Paris on peut tout y faire, tout y voir.

Salon Jeremy Pierrick Les Coiffeurs
14, rue des Vieilles Boucheries
86000 Poitiers
www.jeremyetpierrick.com

Virginie de Rocquigny