Portrait : David Katchadourian, fondateur et directeur artistique de DK Hairdesigner

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Trente années de shootings, de plateaux télévisés, de campagnes publicitaires, de tapis rouges et défilés ont forgé son expérience et sa créativité. Aujourd’hui, David Katchadourian s’est donné une mission : mettre la lumière sur un métier peu connu, celui de coiffeur studio.

Attiré par les métiers à vocation artistique, David Katchadourian entame un CAP à l’âge de 16 ans, cumulant les stages dans le groupe Maurice & Gérard, auprès de Maurice Mélone, alors ambassadeur pour Eugène Perma. « Cette expérience a été un déclencheur. Avec une centaine de salons dans le monde, une académie et une vision avantgardiste, j’ai eu la chance de débuter dans un environnement créatif. » C’est à ce moment-là qu’il tombe amoureux du métier et qu’il commence l’éducation. Pendant une douzaine d’années, il cogère sa propre académie à Lyon et à Paris, selon deux axes, assurant jusqu’à 240 shows en France et à l’international, en tant qu’ambassadeur Sebastian puis L’Oréal Professionnel, et la formation de 2 500 coiffeurs par an. En 2003, il choisit de reprendre son indépendance. Il coiffe alors les célébrités, à la télévision et sur les tapis rouges, et brille en backstage des défilés et des campagnes des plus belles maisons de mode. Ses clientes ? Cindy Lauper, Kylie Minogue, Julianne Moore, Natalie Portman, Eva Longoria… En 2017, il change de vie, quitte Paris pour la Provence et inaugure sa société DKhairdesigner. Cette académie nomade est unique en son genre : dirigée par un coiffeur studio, elle apporte une autre vision du métier. Il partage son emploi du temps entre ses activités artistiques et l’éducation. En parallèle, il crée, deux fois par an, ses propres collections. La mission qu’il s’est fixée ? Mettre en lumière le métier trop peu connu de coiffeur studio. « Il doit s’intéresser à tous les domaines, l’art, la philosophie, la culture, la peinture ou l’architecture. Plus il ouvre son champ de créativité, meilleur il sera. » Ses modules de formation s’organisent autour de 4 thématiques : Cut Design, l’Art et la Matière, Arty, et Access Studio. Son slogan ? « Votre potentiel créatif est unique. Rendez-le visible » encourageant chacun à mettre en scène sa propre sensibilité créative au détour de visuels personnels sans s’appuyer sur les images que peuvent fournir les marques de beauté.

Sa vision du métier

« Je suis un fervent défenseur de ce métier de la beauté. Embellir la femme, c’est magique et gratifiant. J’ai l’impression qu’on oublie la notion de plaisir. En  France, le métier régresse qualitativement et quantitativement. La coiffure ne fait plus rêver ! On met trop de limites et de barrières. Il y a beaucoup de choses à faire en termes d’éducation dans l’artistique. Les franchises ont fait beaucoup de mal en clonant les coiffeurs techniquement et artistiquement. Les formations proposent toutes la même chose. Tout le monde a sa part de responsabilité. Même le coiffeur dans son salon doit travailler pour redonner du crédit à la coiffure. Où est le métissage culturel qui fait la richesse de ce métier ? Il faut s’ouvrir au monde. Il n’y pas qu’une seule vérité technique et artistique. Le coiffeur studio doit être un caméléon, capable de faire un look années 1920 un jour, de l’avant-garde le lendemain puis un édito glamour 1970. »

Ses conseils aux jeunes

« Ne croyez pas que vous pouvez tout faire. Le stylisme ou le maquillage sont des métiers différents et à part entière. Et ce n’est pas parce que vous avez beaucoup d’abonnés sur les réseaux sociaux que vous êtes bon et pouvez vous improviser formateur. La formation est un métier de partage, ce n’est pas un business. Enfin, si vous voulez réussir en studio, donnez-vous à 100 %. Il faut savoir être disponible nuit et jour, le week-end, tout le temps ! »

Les dates de sa vie

1987 : CAP Coiffure

1991 : Ouverture de sa première académie

2003 : Coiffeur studio

2017 : Lancement de DKhairdesigner

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