Le portrait : les cheveux dans les yeux avec Ève Briat

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Ève Briat présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève va plus loin et fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle nous fait l’amitié de partager avec nous ces moments privilégiés et nous propose aujourd’hui un portrait d’Annabelle Jamet.

Annabelle Jamet est une coiffeuse au parcours atypique que j’ai rencontrée lors du premier confinement.



Loin de se laisser abattre par la fermeture administrative et l’ambiance pesante de ce moment, elle profite de cette « mise en parenthèse » pour rencontrer virtuellement de nombreux coiffeurs et, grâce à cela, participe au projet Allez viens, qui met en lumière le métier de coiffeur.

UN MONDE ARTISTIQUE

À la fois curieuse et connectée, Annabelle se tient informée de tout ce qui se passe dans notre secteur. Originaire de Saint-Malo où elle passe son CAP puis son BP, elle monte rapidement à Paris. À son arrivée dans la capitale, c’est une photo qu’elle voit dans les transports qui lui donne envie de se présenter dans le plus grand concept store de Paris. Elle s’y rend tous ses jours de repos pour persuader le manager de l’engager, ce qui finit par arriver. C’est là, au milieu de 70 employés et dans un cadre de 300 m2 qu’elle découvre un monde artistique tout particulier où les coiffeurs travaillent avec crêtes, piercings, cheveux à la Cindy Lauper et couleurs léopard. Les personnalités s’y bousculent et Annabelle acquiert les bases d’un métier riche de technicité, qui lui donne l’opportunité de participer à des défilés, des shows et des shootings. Plus tard, elle intègre le salon parisien d’Agop Arnaud Ozharun, aujourd’hui installé à Los Angeles, où elle participe à de nombreuses expositions et vernissages organisés dans le salon par Agop lui-même. Annabelle, qui plus jeune a fait une école d’art, se sent alignée avec ce concept où ses valeurs sont mises au service de la coiffure.

RETROUVER SES RACINES

C’est ainsi qu’elle évolue, formée par les meilleurs, des coiffeurs incroyablement artistes mais également ultraformés. Comme elle le dit : « C’était le monde de la nuit en plein jour », et parfois un DJ venait mixer en pleine journée. Nous parlons tarifs, comme elle le dit : « Aujourd’hui les gens tiquent sur les prix, mais à l’époque une coupe de cheveux coûtait déjà
120 euros. »

Il y a huit ans, Annabelle ressent le besoin de retrouver ses racines et retourne vivre à Saint-Malo. Elle revient désormais une semaine par mois à Paris pour coiffer dans des agences de pub qu’elle connaît, et en profite pour continuer de coiffer ses clients parisiens.

Annabelle est de plus en plus demandée à Saint-Malo, ce qui la pousse à ouvrir son cabinet privé à domicile, où elle coiffe une clientèle ravie dans un endroit atypique. Un univers qui lui ressemble, rock et artistique où le client se sent à la fois chez lui et dans une galerie d’art, grâce aux objets qu’elle chine çà et là au gré de ses coups de coeur. Annabelle exerce avec passion et elle remet régulièrement en question ses acquis pour se tenir informée et formée, faisant ainsi mentir les détracteurs de la coiffure à domicile.

Les réseaux sont pour elle la clef de la visibilité et elle aime y découvrir de nouveaux talents et de nouvelles façons de créer.

LA CROISÉE DES CHEMINS

Coiffeuse engagée, elle n’a pas attendu que les maraudes soient à la mode, et met souvent ses talents au service des plus démunis. Annabelle est ce genre de femme discrète, qui redonne le sourire aux femmes battues, qui remet à la vie un sans-abri en lui trouvant un toit ! Pour elle, chacun peut changer la vie de son prochain, et elle estime que nous avons le plus beau des métiers pour y parvenir. Elle aime le partage des âmes et du coeur.

La demande croissante de sa clientèle l’amène aujourd’hui à la croisée des chemins. Elle rêve d’emprunter celui qui la conduirait à l’ouverture d’un lieu à Saint-Malo, qui lui ressemblerait, où le café, les rencontres, les brocantes, l’art et les cheveux formeraient un nouveau concept, le sien.



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