Ève Briat présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève va plus loin et fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle nous fait l’amitié de partager avec nous ces moments privilégiés et nous propose aujourd’hui un portrait de Yohan Menzoyan…

Yohan Menzoyan, c’est une rencontre vitaminée et créative, à l’image de son salon, The Hairdresser. Yohan, c’est un peu mon réveille-matin, celui dont j’aime découvrir les stories qui ne parlent quasiment jamais de coiffure et pourtant…
L’art du storytelling maîtrisé. Le premier confinement lui a permis de découvrir ce talent. La communication, il l’a dans la peau ! Aujourd’hui âgé de 30 ans, il aurait pu être couturier ou rocker, mais c’est la coiffure qui l’a emporté. Petit, il coupait les cheveux de sa maman quand elle dormait, et faisait de nouveaux looks aux poupées Barbie de sa soeur. À 18 ans, il achète son premier salon pour la somme de 50 000 euros et passe les deux premières années à perdre de l’argent, jusqu’à 100 000 euros. Loin d’être démoralisé, il prend la décision de mettre son salon « entre parenthèses » durant un an, pour aller se former en Angleterre.
Consultation et conseil
C’est le déclic qu’il lui fallait ! Il change radicalement sa façon de travailler et ne subit plus sa clientèle vieillissante, qu’il a de toute façon perdue à 80 %. Il met la consultation et le conseil au coeur de sa pratique et s’attire ainsi la confiance des clients. Le bouche-à-oreille fait le reste. Il redresse le chiffre d’affaires, recrute un apprenti qu’il forme, puis d’autres personnes qu’il choisit au gré de ses rencontres, comme ce vendeur, Kevin, qui devient le responsable de son salon. À 26 ans, il quitte son premier salon dont il a acquis les murs, et investit dans un petit immeuble de trois étages à l’angle du port de Sanary où il développe son concept : spécialiste de la coupe et de la couleur, les hommes sont dans le même lieu que les femmes, mais pas aux mêmes étages, ce qui permet de personnaliser les éléments de décoration que Yohan adore chiner çà et là. À cela il ajoute une spécificité qu’il ramène de Londres : en fonction des compétences des collaborateurs, les clients ne paient pas le même prix ! Par effet domino, les coiffeurs n’ont pas le même salaire, ce qui pousse à la formation. Yohan est un business développer qui adapte ses techniques pour mieux les transmettre rapidement. Il supprime tout ce qui lui semble lourd et indigeste, se gardant bien de reproduire le schéma des écoles de coiffure, qui enseignent les mises en plis alors que plus personne n’en demande.

De nouveaux projets
Son équipe est à son image, atypique, ludique et professionnelle. Je rencontre Léa et Kévin, qui tiennent personnellement leurs réseaux et portent haut les couleurs du salon. C’est une équipe soudée et tournée vers le même objectif que le propriétaire des lieux. Chacun allège la tâche de l’autre, ce qui permet à Yohan de trouver du temps pour développer de nouveaux projets et faire grandir The Hairdresser et l’équipe. Comme il le dit : travailler jusqu’à la retraite sans avoir le temps de rien n’était pas sa tasse de thé. Yohan travaille quinze heures par semaine au salon, et passe
le reste de son temps à développer sa marque. Il estime qu’un patron qui travaille plus que ses salariés n’a pas compris ce que ses employés attendent de lui en réalité.
Coiffeur ambassadeur pour différentes marques internationales, il trouve ce terme galvaudé et préfère parler de rencontres et de partenariats qui font avancer. Il me parle de sa rencontre avec Mathieu Kiener, le créateur de ciseaux Mashiro, qu’il apprécie tant et dont il est devenu le directeur
artistique. Nous parlons de ses shows, de sa marque de produits écoresponsables et de son agacement face aux marques qui revendent sur Internet moins cher que les salons. Et puis mon intuition me dit qu’il a peut-être des projets plus grands encore. La franchise est en effet un de ses projets et il le partage en avant-première : une dizaine de salons seront
ouverts dans dix grande villes de France d’ici à deux ans.
Biblond, pour les coiffeurs !








