Le portrait : les cheveux dans les yeux avec Ève Briat

Taille du texte: A A A

Ève Briat présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève va plus loin et fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle nous fait l’amitié de partager avec nous ces moments privilégiés et nous propose aujourd’hui un portrait de Sandrine Loison…

Petit bout de femme, souriante et ultrapêchue, Sandrine Loison est une coiffeuse comme on en rencontre rarement. Nous aurions pu ne jamais nous croiser, mais les synchronicités de la vie et les réseaux sociaux que Sandrine fréquente assidûment en ont décidé autrement.



Coiffeuse « humaniste », elle est avant tout dans l’air du temps et porte haut les couleurs d’une profession trop souvent exercée dans l’ombre. C’est d’ailleurs une erreur car à l’origine, ce qui attire Sandrine, c’est la lumière des studios, le côté artistique, la face lumineuse du métier. Travailler comme perruquière pour le cinéma lui aurait bien plu, mais c’était sans compter sur sa destinée, n’est pas humaniste qui veut !
Elle passe son CAP coiffure, puis son Brevet professionnel et poursuit une formation de posticheur/perruquier, sans compter ses heures. C’est la suite qui définit sa mission, son premier poste lui fait découvrir l’univers des prothèses capillaires médicales, un univers qui lui plaît et qu’elle ne quittera plus, un univers qu’elle redéfinit loin des « moumouttes » d’antan.

GESTION DE L’EMOTIONNEL

Pour autant, elle avoue aujourd’hui s’être retrouvée dans des situations très inconfortables, et elle aurait aimé être mieux préparée psychologiquement. Comme elle le dit, conseiller, créer puis poser un complément capillaire plutôt qu’un autre est une spécificité qui s’apprend. La gestion de l’émotionnel, elle, s’apprend moins…
La première fois que Sandrine a été appelée en soins palliatifs en service oncologie, elle a mis tout son coeur à conseiller sa première cliente, sans savoir vraiment ce que signifiait le terme « palliatif », sans comprendre que cette coiffure accompagnerait sa cliente jusque dans sa dernière demeure.
Sandrine avoue y avoir laissé quelques plumes.
Forte de cette expérience, elle crée Hairmaniste, un concept novateur qui propose des réponses capillaires et des soins naturels adaptés à chacun de ses « patients » et met un point d’honneur à accompagner personnellement l’humain, bien audelà des cheveux. Soucieuse du « bien exercer » des coiffeurs, elle les forme à sa spécialité, mais dans toute sa globalité, et n’oublie pas de préciser que c’est un métier auquel il faut être bien préparé.

DES MOMENTS LEGERS OU PLUS COMPLIQUES

L’appel de l’argent est pour quelques-uns la raison du choix de la revente, prise en charge par la Sécurité sociale, de la prothèse capillaire médicale. Mais pour Sandrine, c’est le coeur qui prime, aussi préfère-t-elle travailler de façon plus intimiste, à domicile ou dans son cabinet de Gommecourt, loin des grands cabinets de coiffure aseptisés et souvent cachés.
Le monde de la perruque est en pleine expansion, ce ne sont pas les célébrités comme David Pujadas – loupé par son coiffeur –, ou Agathe Auproux, chroniqueuse sur C8, qui diront le contraire. Atteinte d’un cancer, cette dernière assume une perruque bleue à l’antenne et publie dans la foulée un livre sur le sujet, Tout va bien, aux éditions Albin Michel.
Le tabou du complément capillaire s’estompe et se démocratise, et Sandrine pense que les coiffeurs gagneraient à être formés pour accompagner les besoins de leurs clients, que ce soit dans des moments de vie légers ou plus
compliqués.
La finesse que requiert son métier s’acquiert au fil des années et, comme pour la coiffure plus classique, le partage des connaissances est un réel atout, aussi les deux derniers confinements ont-ils permis à Sandrine de digitaliser ses formations et c’est dorénavant avec plaisir qu’elle forme les
coiffeurs de toute la France et même de plus loin !



Catégories: Actualités