Originaire du bassin d’Arcachon, chouchou de la presse mode à la tête de cinq salons, coiffeur des stars sur les plateaux de ciné ou en studio, David Lucas sublime le naturel depuis trente-cinq ans. Rencontre avec un surdoué.

« Dans le jardin de mes parents, à Arcachon, je donnais des formes aux végétaux », se souvient David Lucas. Après avoir tenté l’oenologie, à la fin de la troisième, il s’oriente vers un CAP coiffure. « J’ai tout de suite adoré ce monde d’adulte. J’étais un peu la mascotte. Comme il s’agissait d’un petit salon et que j’apprenais vite, on m’a rapidement mis au travail. » À la fin de son apprentissage, les liens sont si forts, notamment avec sa maîtresse de stage, qu’il ressent de la tristesse. « À l’époque, le salon était un réseau social. Tout le monde y passait. » Après son service militaire, il prend un poste dans un salon à Bordeaux. « C’était une franchise régionale, avec douze salons. Ils formaient beaucoup leurs collaborateurs. J’ai adoré ! » Surdoué, il évolue à vitesse grand V et se fait rapidement une clientèle.
Gravissant les échelons avec succès, il est manager du salon à seulement 23 ans. Riche de cette expérience, il s’envole pour Paris, dans le but de travailler dans un grand salon. « J’avais 10 rendez-vous, j’ai fait 7 essais. J’étais pris dans 6. Il ne restait qu’à faire le bon choix. » Ce choix, il se porte vers le salon René Furterer, place de la Madeleine. Nous sommes en 2000, il n’a pas l’intention de s’éterniser dans la capitale…
Le destin en décidera autrement. « Nous faisions partie d’un grand groupe pharmaceutique, Pierre Fabre. J’ai découvert un nouveau monde. » Encore une fois, son talent n’échappe à personne. Tombé finalement fou amoureux de Paris, il passe dix belles années chez René Furterer avant d’ouvrir, en 2010, son premier salon David Lucas, rue Danielle Casanova, à deux pas de la très chic place Vendôme. « Nous sommes toujours installés au même endroit. Nous avons dû pousser les murs, au fil du temps, passant de 80 m2 à 150 m2 avec, en sus, 60 m2 de bureaux dans l’immeuble. Aujourd’hui, nous comptons également La Suite, un espace privé pour nos VIP. »
À la tête de 38 collaborateurs, David Lucas a su se développer au fil du temps. Outre ses adresses parisiennes et des espaces dans deux hôtels 5 étoiles, Le Crillon à Paris et Ha(a)ïtza à Pyla-sur-Mer, il possède également un salon à Bordeaux. « C’est un concept store que j’ai créé avec mon amie, Sarah Poniatowski et Maison Sarah Lavoine, son studio d’architecture d’intérieur. Chacun de mes salons a sa propre entité avec des lignes communes : des lieux sublimes, des beaux matériaux et un style intemporel », précise l’esthète.
Mais qu’est-ce qui fait encore courir David Lucas après trente-cinq ans de carrière ? « J’aime sublimer la femme. Quel bonheur de voir une cliente sortir avec le sourire ! C’est un métier de plaisir direct. »
Autre passion ? « J’adore faire des transformations pour le cinéma en coiffant les actrices et les acteurs comme Karine Viard, Florence Foresti, Chiara Mastroianni, Robin Wright, Laurence Arné, Alice Pol, Mélanie Doutey ou encore Vincent Lindon. »
Ses actualités ? Parmi les premiers à proposer les soins Tokio Inkarami, il dévoile en avant-première le concept d’exception, Head Spa, au sein du salon de l’hôtel de Crillon, le Rosewood Hotel. Alliant massages ancestraux et soins capillaires profonds, cette signature, qui s’impose depuis dix ans au Japon, est un moment de détente absolue. Attentif à la composition des produits qu’il utilise, David Lucas répond en tout aux attentes des nouvelles générations. Il a d’ailleurs récemment lancé sa nouvelle ligne de soin, Couleur by David Lucas, dédiée aux cheveux colorés.
Mais quelle est la clé de la réussite ? « Nous sommes très proches de nos clientes. Je mets l’accent sur la formation, notamment autour du diagnostic qui permet de comprendre ce que veut la cliente. Poser les bonnes questions pour mieux la conseiller… Notre succès tient à cette formation assidue », insiste-t-il.
Ses conseils aux jeunes qui voudraient suivre ses pas ? « Soyez attentif à l’humain. Le monde a changé depuis la Covid. Il faut être à l’écoute des désirs et des besoins de chacun. Il est fini le temps des patrons “Thénardier” qui abusaient de leur pouvoir. »
@davidlucasparis




LES DATES DE SA VIE
2000 Arrivée à Paris chez René Furterer (groupe Pierre Fabre)
2010 Ouverture du premier salon David Lucas à Paris
2017 Ouverture de l’espace au Crillon à l’occasion de la réouverture de l’hôtel
2018 Ouverture du concept store en collaboration avec la Maison Sarah Lavoine à Bordeaux
Biblond, pour les coiffeurs !








