Menacé par les plaques chauffantes, le brushing traditionnel n’a pas dit son dernier mot. Propulsé par les filles en vue et les podiums de la mode, ce service pourrait même redevenir prétexte à rendez-vous. Quatre experts témoignent.
Le coiffeur Patrick Alès, mort en 2019, aurait inventé le brushing en 1964. Adieu bigoudis et casques chauffants ! Coiffant les plus grandes stars – Brigitte Bardot et Jackie Kennedy en tête – il impose sa patte, libérant la chevelure des femmes. Ainsi, il structure, lisse et donne du mouvement aux crinières de l’époque à l’aide d’une brosse ronde et d’un sèche-cheveux. Dès lors, chaque décennie connaît son coiffage en vogue. Bombé sur le sommet du crâne dans les années 1960, volumineux dans les années 1970 (le Fawcett Flip porté par « la drôle de dame »), soufflé dans les années 1980 avec les racines bien décollées, cascades sur les chevelures des supertops des années 1990, lisse dans les années 2000… Puis dans les années 2010, avec le grand boum des plaques chauffantes et des lisseurs – toujours plus performants et respectueux du cheveu – et l’apogée du style naturel, on pensait le brushing traditionnel oublié à tout jamais. À tort…
POURQUOI UN TEL RETOUR EN FORCE AUJOURD’HUI ?
Avant tout, les influenceuses ont très vite compris que rien ne vaut un brushing réalisé dans les règles de l’art pour obtenir une chevelure, glamour et surtout « instagrammable » à souhait ! Comme une belle peau, une femme se doit d’avoir de beaux cheveux.
Les soeurs Kardashian n’hésitent pas à faire appel à leur coiffeur préféré pour une crinière lisse ou wavy, tout en brillance et en volume.
Autre phénomène ? Un retour des 90’s sur les podiums de la mode, insufflé notamment par Olivier Rousteing chez Balmain qui n’avait pas hésité à remettre les supertops – Cindy Crawford, Naomi Campbell. Christy Turlington ou Claudia Schiffer – sur le devant de la scène. Elles sont d’ailleurs à l’honneur d’un minisérie documentaire, Les Supermodels, sur Apple TV. Remises au goût du jour également leurs coiffures « d’antan », des crinières glamour soigneusement travaillées.
Résultats ? Les experts y croient : la mode étant un éternel recommencement, les jeunes femmes, convaincues qu’elles ne peuvent pas obtenir ce résultat chez elles, pourraient revenir dans les salons chaque semaine pour s’offrir un brushing de qualité et qui dure. Une belle carte à jouer pour développer le chiffre d’affaires à condition de bien réaliser ce service, d’avoir les bons outils, de valoriser ce savoir-faire auprès de la clientèle. Les professionnels que nous avons interviewés ne diront pas le contraire ! Paroles d’experts.

4 experts décryptent l’art du brushing autour de 3 questions
Julie Lopez, Directrice adjointe du centre de formation Dessange Paris.
Fabien Giambona, Coiffeur studio et maquilleur, ambassadeur L’Oréal Professionnel.
Frédéric Pavard, Coiffeur-formateur chez Alexandre de Paris.
Laurent Philippon, Coiffeur, auteur et ambassadeur Olaplex.
#1 CONFIRMEZ-VOUS LE RETOUR DU BRUSHING TRADITIONNEL ?
Julie Lopez : « Il y a eu un temps où les femmes assimilaient le brushing à un style trop classique ou apprêté. Pourtant, aujourd’hui, nos clientes reviennent chez nous pour nos brushings réalisés à la brosse et au sèche-cheveux, naturels ou travaillés et qui durent. On peut tout faire ! Effet waouh, brillance, naturel, wavy mat… Chez Dessange, inventeur du coiffé-décoiffé, nous avons une vraie expertise autour d’une technique de coiffage en cinq étapes. »
Fabien Giambona : « Les femmes veulent des coiffages plus travaillés. Les tendances naissent sur les podiums. Les créateurs et les couturiers ont voulu mettre à l’honneur les années 1990 et les supertops comme Cindy Crawford, Claudia Schiffer ou Naomi Campbell, qui portaient des coiffures supertravaillées avec des brushings souples et volumineux. »

Frédéric Pavard : « Chez Alexandre de Paris, nous sommes un peu à part. De tout temps, les clientes sont venues pour faire des brushings, chaque semaine. Cela fait partie de notre ADN avec une personnalisation du service tout en respectant le cheveu ! C’est pour cela que l’on n’utilise pas ou peu de plaques – maximum 180° – qui ramollissent la fibre. Nous mettons tout en oeuvre pour que la cliente réalise qu’elle ne pourra jamais obtenir le même résultat à la maison. Nous avons des formations axées sur le brushing, notamment L’Excellence du coiffage qui permet de revoir les fondamentaux sur une journée. »
Laurent Philippon : « Des influenceuses comme les soeurs Kardashian ont valorisé ce service en posant avec une chevelure clairement travaillée, sublime et brillante. J’ai la conviction que les femmes pourraient reprendre l’habitude de venir chaque semaine en salon pour un brushing car elles ont toujours aimé les rituels de beauté. Aux coiffeurs de rendre ce moment le plus agréable possible, en l’accompagnant par exemple d’un soin ou d’un massage. Toutefois, à l’heure où elles acceptent leur matière naturelle, le rôle du coiffeur sera aussi de l’aiguiller sur les produits à utiliser pour un séchage naturel. Pour les boucles, par exemple, cela pourra être un séchage doux à l’aide d’un diffuseur. Le brushing, c’est l’art de sublimer tous les types de cheveux ! »

#2 QU’EST-CE QU’UN BRUSHING RÉUSSI ?
Julie Lopez : « Il y a deux étapes où l’on va parler produits et coiffants. Le but est de rendre la matière malléable et d’apporter de la texture. Pour cela, on travaille le produit adéquat, en racines – pour un coiffage durable – et en longueur, du début à la fin. »

Fabien Giambona : « Cela commence par un bon rituel avec le shampooing et le soin, adaptés au type de cheveux. Les produits utilisés ne doivent ni alourdir le cheveu ni graisser la racine. Ensuite, je présèche en décollant la racine avec les doigts, avec une légère chaleur pour travailler mon volume. Pour le brushing, j’aime utiliser des brosses mixtes. Les poils de sanglier pour lustrer et donner de la brillance. Les picots pour faciliter la prise en charge du cheveu et éviter l’électricité statique. La base est de faire de vraies séparations. Pour obtenir des volumes bien définis, je travaille avec des raies droites et peu épaisses. Une fois la mèche roulée, je la fixe avec une pince plate ou un rouleau velcro. Le temps que le cheveu refroidisse, il garde bien sa forme et son volume. »
Frédéric Pavard : « Il faut un bon shampooing et un soin adaptés et un bon rinçage. Nous utilisons des fixateurs pour que le brushing tienne toute la semaine. On décolle les racines avec une brosse squelette avant de passer à l’enroulage autour d’une brosse. On commence par les bordures, une partie assez sensible, puis on réalise le brushing. Enfin, on décoiffe avec un peigne afro pour un rendu naturel et on vaporise l’ensemble de laque. Pour un résultat sophistiqué, on procède à un crêpage puis on applique une laque plus forte. »

Laurent Philippon : « Après un shampooing et un soin, le coiffeur peut utiliser des produits de maintien. Pour des longueurs raides, on utilise une brosse plate. Pour un effet wavy, une brosse ronde. Puis il faut placer la mèche sous rouleau ou pince pour la laisser refroidir dans le mouvement voulu. Le cheveu est malléable quand il est chauffé et il garde la forme une fois refroidi. Pour un brushing réussi, j’aime travailler sur des sections très mouillées, sans préséchage. Pour un rendu plus naturel, je casse un peu le brushing en appliquant sur mes mains humides un sérum que je passe ensuite dans les cheveux. »
Le brushing, des gestes précis
À réaliser sur cheveux propres et humides, le brushing, un faux anglicisme (blow-dry en anglais), peut aussi être appelé mise en forme ou thermobrossage.
Techniquement ? Sur la chevelure au préalable préparée et démêlée, on commence par soulever les racines avec les doigts et à l’aide du sèche-cheveux. Puis on divise la chevelure en 6 séparations : le plateau qui est la dernière zone à sécher, les côtés, le vertex en deux parties, la nuque qui est la première zone à sécher. Chaque partie est enroulée dans la brosse – petit diamètre pour des boucles serrées, large diamètre ou plate pour des cheveux lisses – avant d’être travaillée de la racine à la pointe avec des mouvements de va-et-vient avec le sèche-cheveux à la main. Les cheveux sont brillants, souples, sans frisottis, avec un volume plus ou moins fort.
#3 LE BON KIT ?
Julie Lopez : « Le peigne Création 3 rangs de Dessange qui permet de décoller la racine et créer le soutien. Parfait pour les volumes naturels, sophistiqués ou XXL. Notre joli panel de brosses que l’on choisit selon le résultat voulu : pour la brillance, on opte pour les poils de sanglier et la céramique pour du mouvement ou un rendu plus marqué. La gamme Phytodess, des produits hybrides qui allient coiffant et soin. »
Fabien Giambona : « La brosse pneumatique de La Bonne Brosse. Le Steampod de L’Oréal qui me permet, en studio, de lisser des cheveux frisés ou crépus en un temps record. Le shampooing sec de Kérastase pour gainer le cheveu et apporter de la légèreté après le brushing. Le spray Savage Panache de Tecni.Art qui gaine sans coller. Le sérum Metal Detox, une huile qui hydrate et répare les écailles. »
Frédéric Pavard : « De L’huile de coude avant tout ! Une brosse squelette pour décoller les racines. Des brosses rondes métalliques pour le brushing. Le sèche-cheveux Parlux 3200. Un peigne à grandes dents de la marque Hercules Sägemann pour décoiffer et obtenir un rendu naturel. La laque Elnett pour fixer. »
Laurent Philippon : « Le shampooing sec n°4D d’Olaplex pour le maintien, que j’applique à chaque section pour faire durer le brushing. La brume sèche Volumizing Blow Dry Mist, le soin n°3 avant shampooing pour renforcer la fibre, le shampooing n°4 et l’après-shampooing n°5. Les brosses et les peignes de la marque YS Park pour la qualité et le design. »

Produits de soin de la gamme Olaplex



Laque Elnett de L’Oréal Paris

Spray démélant, Phytodess

Brosse pneumatique de La Bonne Brosse.

My New Brush, la brosse qui révolutionne la coiffure !



Fondée par deux jeunes femmes, Alexandra Capart, docteure en pharmacie, et Sarah-Marie Bartoletti, entrepreneuse, la société Limited International Production lance My New Brush. Cette brosse brevetée, 2 en 1, sans apport de chaleur, fabriquée à partir de matériaux durables et biodégradables, dotée d’une tête garnie de picots (sanglier et nylon) combine démêlage et brushing. Le passage fermé à la configuration ouverte se fait par un bouton placé sur le manche. En position 1, un lissage pour démêler. En position 2, un enroulement des mèches pour réaliser un brushing.
L’outil a reçu le grand prix de l’innovation lors du dernier MCB by BS.

Biblond, pour les coiffeurs !







