Jardin de Paix : le concept « for members only » de Yohann Ze Eya’an

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« Je me présente, Yohann Ze Eya’an, fondateur de Jardin de Paix… »

On manque de tomber de sa chaise quand on apprend que ce jeune entrepreneur, coiffeur des footballeurs, des comédiens comme Fary ou des chanteurs comme Gims ou Black M, n’a que 24 ans et une expérience plutôt courte.

« A 18 ans, j’ai eu mon premier enfant. J’étais étudiant. J’adorais le monde de la coiffure alors je me suis lancé un peu spontanément. Tout est allé vite, très vite ! J’ai commencé mon apprentissage dans l’un des premiers barbershops de Paris, 235th Barber Street. Et les portes se sont ouvertes : j’ai commencé à travailler pour les footballers des grands clubs français et européens. »

Tant et si bien qu’il obtient son diplôme de CAP en distanciel.



« Je me déplaçais partout, en jet privé, en France, en Angleterre ou en Allemagne pour offrir mes prestations à domicile ou dans des locaux que je louais. Pour répondre aux attentes de cette clientèle férue de mode, j’ai étoffé mon offre avec une vision à 360°, un service de personal shopper et tout un art de vivre. C’est à ce moment-là qu’a commencé à résonner en moi l’idée de jardin de Paix. J’avais une communauté qui me suivait sur les réseaux sociaux… »

A la demande générale, il se met à la recherche d’un local pour ouvrir son établissement.

« J’ai eu envie de proposer mes services VIP à monsieur et madame Tout-le-monde. J’ai trouvé le lieu en adéquation avec notre identité dans dans le 15ème, au 4 rue du Laos. Ici, nous avons pu retranscrire nos codes, moulures, lustres, anges au plafond… Au rez-de-chaussée, il y a l’espace beauté avec le fauteuil où je reçois mes clients en toute intimité. Pour encore améliorer l’expérience, ils sont accueillis avec un plateau de fruits, du champagne, des macarons…

Pour pousser l’ultra personnalisation, je m’adapte. J’ai un client qui aime les cacahuètes, alors quand il vient, je lui en propose. Nous sommes un club privé avec des adhérents, même si nous prenons aussi quelques touristes de passage. Côté produits, nous travaillons avec Balmain Hair Couture. Le sous-sol est un showroom dédié à la mode et à notre marque de prêt-à-porter. Au-delà des prestations barbe, coupe aux ciseaux ou coloration, nous proposons des soins visage à base de caviar, miel et feuilles d’or, des épilations et autres prestations beauté. »

Depuis peu, Yohann et son équipe ont mis en place un service d’abonnement.

« Cela fait 10 jours et nous avons déjà une dizaine de souscriptions. Nous avons commencé par démarcher nos clients les plus fidèles pour leur réserver une place.

En effet, pour pouvoir assurer un service haut de gamme et une expérience client comme nous l’entendons, nous devons limiter le nombre d’abonnements à 150. »  

Mais quelles sont les trois offres d’abonnement ?

« Il y a donc la carte Gold à 99 euros par mois, qui vise plutôt les étudiants. Elle offre un accès illimité à nos prestations coiffure et à nos soins. La carte Platinium (120 euros par mois) inclut le service voiturier. Enfin, pour les sportifs de haut niveau ou les PDG, nous avons la carte Black qui ajoute le service chauffeur. On vient chercher le client puis on le ramène. »

Un service d’abonnement ? L’idée est excellente.

« Nous avons été surpris quand nous nous sommes rendus compte que cela n’existait pas sur le marché ! Notre plan n’est pas de capitaliser mais de fidéliser et d’accentuer notre démarche de communauté Jardin de Paix mais aussi de perfectionner sans cesse l’expérience client » précise Yohann.

Autres avantages de l’abonnement ?

L’accès à des événements privés mais aussi des tarifs préférentiels sur la mode, aussi bien la marque de prêt-à-porter et la confection sur-mesure.

Mais qui est cette clientèle en quête d’exclusivité ?

« Au-delà des artistes et des sportifs de haut niveau, nous avons des gens influents, qui ont des postes haut placés. Mais aussi des collaborateurs d’Olivier Rousteing chez Balmain, des professionnels des médias, des mannequins et toute une faune qui gravite autour de la fashion. »

Mais attention : s’il entend garder cette exclusivité, le jeune entrepreneur a plein de projets en tête.

Non content d’ouvrir en 2024 un espace dédié à la femme avec service de garderie pour les mamans dans le 16ème arrondissement de Paris, un espace à Monaco et un hôtel avec quelques suites à Marrakech, il souhaite développer la formation dans son organisme de formation, L’Ecole du coiffeur.

« Nous y proposons 3 formations pour le moment. Une pour les entrepreneurs qui souhaitent ouvrir un lieu, à qui on va apprendre à « brander » leur enseigne, une pour apprendre à manager et donc éviter une turn-over dans les équipes et une plus dédiée à la coiffure pure. »

Mais ne nous y méprenons pas ! La démarche de Yohann n’est pas de faire du business pour faire du business. « Sur la formation, avec les fonds que nous récoltons, nous en redistribuerons une partie à certains de nos stagiaires pour les aider à se lancer. Je n’ai pas eu cette chance à mes débuts. Je suis dans une volonté de redistribution. »

 Autres grands chantiers pour la marque Jardin de Paix ?

« Nous allons aussi lancer un système de franchise et donc orchestrer pas mal d’ouvertures dans les prochains mois avec un concept plus accessible. Comme Giorgio Armani a sa ligne plus abordable Emporio Armani, nous auront We Love Jardin de Paix, pour ceux qui voudraient ouvrir une enseigne en région parisienne avec des tarifs plus accessibles donc et un service d’abonnement moins cher. Tout en gardant le standing et le prestige qui fait notre identité… »

Et dans 10 ans ?

« Je prendrai peut-être ma retraite » plaisante Yohann.

Plus sérieusement, ce coiffeur passionné entend se former encore et toujours.

« Je vais suivre un cursus plus axé sur le business à Sciences Po. Aujourd’hui, je me forme à être formateur. Mes entreprises me permettent de prendre le temps de me perfectionner sur plusieurs domaines » conclut le jeune père de deux enfants.

A suivre sur Instagram @jardindepaix

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