Franck François, une vie en salon, de la première à la dernière cliente !

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Ne cherchez pas Franck François derrière un bac, il a rangé ses ciseaux au début des années 1990 afin de se consacrer entièrement au groupe Vog dont il a ouvert le premier salon en 1979. Le succès de cet entrepreneur hors du commun est au rendez-vous puisque son groupe Vog est aujourd’hui le 2e franchiseur de France. Son fondateur s’est souvenu avec plaisir pour Biblond des moments où il travaillait en salon.

 

 

LE POURBOIRE ROYAL

En 1972, je débutais dans la profession et je faisais les mèches dans le célèbre salon des soeurs Carita à Paris, au sein duquel travaillaient des coiffeurs stars.
Résultat : les jeunes apprentis que nous étions faisions les trois quarts du travail et ces stars de la coiffure ramassaient les pourboires ! Un jour, je faisais les mèches d’une princesse indienne et nous nous sommes mis à parler d’art, ma passion. Elle était fort surprise que je lui cite des noms de peintres tels Kandinsky, Miro, bref les premiers surréalistes. À la fin de ma prestation, je lui rends ses boucles d’oreille qu’elle m’avait confiées pour ne pas les abîmer pendant la coloration. C’étaient de superbes rubis cerclés de diamants. À mon grand étonnement, elle m’en a donné une en guise de pourboire et l’autre à mon supérieur. Nous sommes allés les vendre rue Saint-Honoré et cela a été le plus gros pourboire de ma vie !

FIDÉLISATION

En 1979, j’ai ouvert mon premier salon Vog. La première cliente à franchir les portes tenait une galerie d’art. Je l’ai coiffée, elle était satisfaite du résultat et est donc revenue très régulièrement. Nous avons appris à nous connaître au fil du temps. Et, comme je suis un passionné d’art, j’ai acheté dans sa galerie mon premier tableau. Puis, elle est devenue adjointe au maire. Et c’est donc elle qui, par le plus grand des hasards, m’a marié ! Aujourd’hui, nous sommes devenus de vrais amis et elle est même la marraine de mes enfants. Elle fréquente toujours le salon, même si cela fait des lustres que je n’y travaille plus. C’est ce que j’appelle de la vraie fidélisation client !

 

 

DIALOGUE DE SOURD

La dernière cliente à qui j’ai coupé les cheveux était la femme d’un grand industriel du Nord. Nous étions au début des années 1990 et, pendant que j’étais en train de réaliser son carré, je lui parlais de mes problèmes de franchiseur. Mon groupe était en développement et mes inquiétudes grandes naturellement ! J’avais coupé la moitié de son carré et, en la regardant, j’ai vu que je l’ennuyais profondément avec mes histoires de franchise. J’ai alors pris mes ciseaux et mon peigne et je lui ai dit : « Vous êtes la dernière personne à qui je coupe les cheveux ! » Elle m’a regardé l’air étonné, j’ai posé mon matériel et j’ai laissé Martine, ma collaboratrice, finir la coupe. Je n’ai plus jamais coupé un seul cheveu de ma vie, même pas ceux de mes enfants. J’avais pris conscience ce jour-là qu’il faut respecter sa clientèle. J’étais devenu un entrepreneur et je ne respectais pas mes
clientes en leur parlant business. Il était temps que je quitte le bac !

 

 

 

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