Est-ce que j’exagère ? : 4 générations z à recruter pour 1 baby boomer perdu

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La Covid-19 a accéléré la mutation naturelle de notre métier et, aujourd’hui, nous assistons aux débuts d’une transformation du business plan originel.

Beaucoup ne le sentent pas encore mais le processus était déjà engagé avant la Covid-19, comme pour le climat, nous assistons à une accélération due à cette crise qui a changé la façon de vivre, de consommer et de travailler.

Les jours de la semaine ne se ressemblent plus. Les clients espacent plus leurs visites et les habitudes changent. On ne choisit plus un salon près de son travail, mais près de chez soi, on utilise même les services d’un coiffeur à domicile.

Les deux mois d’arrêt en 2020 ont eu un impact incroyable, beaucoup de clients ne se sont plus occupés de leurs cheveux. Ils ont trouvé que ce n’était pas si mal… Beaucoup d’hommes ont laissé pousser leurs cheveux au point de faire basculer la mode ! Les cheveux blancs deviennent « classe », les coupes « prêt-à-porter » ont remporté la victoire, le coiffage naturel, les ombrés…, le sport !

Après le déconfinement, habitués à ne plus sortir, beaucoup se sont tournés vers leur coiffeur de proximité qu’il n’avait pas eu même l’idée d’aller voir avant avril 2020 ! Et surprise… Ce n’était pas si mal, peut-être moins cher, et surtout à côté de chez eux.

Les salons de proximité sont montés en compétences grâce à l’accès à la formation professionnelle !

Ces dernières années, la formation professionnelle a explosé, ce qui a permis aux indépendants de monter très vite en compétences, en étant libres de leurs choix.

Seules les grosses structurse se formaient avant cette « explosion » et beaucoup devaient rejoindre des groupements, la franchise, les divers syndicats ou l’affiliation pour profiter de la formation. Les grosses structures ont installé leurs propres systèmes en interne. Mais se former n’est utile que si la méthode évolue… Beaucoup se sont formé sans tenir compte de l’évolution des méthodes ! Dans les grandes villes, les gros salons sont plus impactés en raison du télétravail. Et nombreux sont ceux qui fréquentent des salons de proximité et ont espacé leurs visites.

En plus de la Covid-19, un effet générationnel est aussi en route.

La génération Z est moins routinière et zappe plus vite entre coiffeurs que celle des baby boomers. Pour ces derniers, le prix des services était calculé en termes de fréquences. Brushing : 4 fois par mois, coupe : 1 fois par mois, couleur de racine : 1 fois par mois, 1 balayage tous les mois et demi… Les baby boomers ont gardé la fréquence des visites et ils rapportent plus qu’une génération Z qui, a, contrario espace les visites.

En 2019, les chiffres de la moyenne des visites en France parlaient déjà ! La visite hebdomadaire n’apparaît même plus dans les chiffres car trop faible. Tous les quinze jours, il ne sont plus que 1%, tous les mois : 6%, tous les 3 mois : 22%, tous les 6 mois : 31%, et tous les ans : 18%. Les coiffeurs n’ont pas adapté leurs prix en fonction de la fréquence des visites et ils doivent maintenant remplacer les baby boomers et s’adapter à ces nouvelles génération qui espacent toujours plus leurs visites.

Il est urgent de pratiquer des prix adapté à l’expérience du coiffeur. Et surtout ne plus afficher le même prix pour tous les services et toute l’équipe, c’est une aberration ! Car nous ne « valons » pas tous le même salaire. Si le boss applique une couleur de racine, est-il normal que cette prestation soit au même prix que si elle faite par l’apprenti ? Non ! car le taux horaire de chacun est différent, le produit coûte le même prix, mais pas la personne… Il est important de créer des paliers de prix et de valoriser l’expérience pour compenser l’espacement des visites. Il faudra 4 clients de génération Z pour remplacer 1 client de génération baby boomer. Il est urgent de comprendre que monter en compétences passe aussi par la croissance des prix et la valorisation de l’expérience du coiffeur.

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