Un métier à risque la coiffure ? Possible, si l’on en croit les professionnels de santé. Entre les microcheveux, les sprays et autres dégagements toxiques, 20 % des coiffeurs souffriraient aujourd’hui d’affections respiratoires ou cutanées. Des chiffres qui peuvent être revus à la baisse si le salon est équipé d’un purificateur d’air. Guide pratique pour apprendre à choisir son purificateur.

Installer un purificateur d’air dans son salon de coiffure n’est pas anodin. Ce type d’appareil permet en effet de protéger votre santé et celle de vos collaborateurs, mais aussi de rassurer votre clientèle dans un contexte post-Covid, et enfin de renforcer l’image engagée de votre salon.
MESURER LA POLLUTION DE SON SALON
Même s’ils sont nettement moins onéreux et souvent plus design, mieux vaut éviter les modèles destinés aux particuliers et privilégier les purificateurs d’air conçus pour un usage professionnel pour équiper votre salon. Car même si elle est invisible, la pollution de l’air est bien présente et difficile à combattre.
Natéo Santé propose depuis l’an dernier un moniteur qui mesure la qualité de l’air et un diagnostic de la pollution dans le salon. « Cela nous permet de faire prendre conscience aux coiffeurs de l’invisible car un purificateur d’air à usage professionnel à un coût qui rend souvent les coiffeurs réfractaires à s’équiper », affirme Aurore Chazelat, directrice marketing et communication de Natéo Santé. Concepteur et fabricant de purificateurs pour le milieu médical et les professions à risque comme les coiffeurs, Natéo Santé propose aux salons la gamme Eolis Air Manager (2 modèles) dont les filtres – Hepa et à charbon actif très haute densité – qui composent le bloc filtre sont contrôlés individuellement et certifiés de qualité médicale. « L’écran du purificateur permet de visualiser la qualité de l’air. Nous avons aussi développé deux brevets qui permettent de mesurer en temps réel le niveau d’usure des filtres. L’appareil s’éteint tout seul quand le filtre est usé », précise Aurore Chazelat.

La PME savoyarde Azimut-Monitoring (marque Cricket) propose également aux salons une station de mesure des polluants chimiques et particulaires : température, hygrométrie, luminosité, aérosols fins, CO2 et composés organiques volatils (COV). Elle informe en temps réel d’une insuffisance de ventilation et, via un QR Code, permet en temps réel de connaître le niveau de pollution du salon. Associée à un épurateur qui filtre 99,9 % des particules, elle déclenche ce dernier automatiquement dès la détection de polluants. L’air est aspiré par le haut, la pollution reste piégée dans les filtres internes (Hepa et charbon actif) et le ventilateur rejette l’air épuré vers le bas. « On évite ainsi les flux dirigés vers une personne et on assure un brassage d’air optimal dans le salon », précise Claire Marcon, directrice opérationnelle de la marque.

TECHNOLOGIE INDUSTRIELLE
Spécialisée dans la fabrication de purificateurs pour l’industrie, la société alsacienne OberA a décliné sa technologie pour la proposer aux salons de coiffure « parce que l’on retrouve dans les salons la totalité des polluants que l’on a dans l’industrie. Un salon est une concentration de polluants en miniature », affirme Thibault Samsel, le PDG. OberA propose aux salons l’ePUR BO1 Ecoprime, un purificateur d’air industriel qui permet différentes configurations de filtration.
En standard, il contient un étage de filtration moléculaire au charbon actif pour les polluants gazeux et un étage de filtration particulaire (Hepa) pour les poussières fines, les odeurs, les COV, les virus et les bactéries. Et pour les surfaces plus importantes (100 m2), l’ePUR O5 est cinq fois plus puissant que l’Ecoprime. Enfin, pour les salons spécialisés dans les lissages brésiliens, OberA a développé un épurateur sur bras de captage qui se positionne à l’endroit précis où sont réalisées les techniques.
SAVOIR-FAIRE CHINOIS
Avec ses modèles Aeropro 40, 100 ou 150, la société Eoleaf revendique 8 technologies dans le même appareil : préfiltre, filtres en bambou, lyoszyme et ions argent, filtre à charbon actif, filtre Hepa, photocatalyse, ionisation et stérilisation UVC. « Nos appareils sont connectés au wifi pour un pilotage à distance via un smartphone, les filtres se changent en moins d’une minute. Surtout, nos modèles sont fabriqués en Chine ce qui est un gage de qualité vu les problèmes de pollution dont souffrent les Chinois. Ils ont développé un savoir-faire en catalyse qui n’existe pas en France », assure Gregor Vialette, directeur commercial d’Eoleaf.

FINANCEMENT ET COÛTS CACHÉS
Reste que purifier l’air de son salon a un coût. De 500 à 900 € chez Eoleaf, et plutôt de 2 000 à 3 000 € chez les concurrents. « Le prix est un réel frein pour les coiffeurs », avoue Aurore Chazelat. Pour vous aider à vous équiper, la plupart des fabricants proposent des solutions de leasing accompagnées pour certains d’un contrat de maintenance.
Chez Azimut-Monitoring, Claire Marcon revendique pour ses filtres une durée de vie de cinq cents heures, soit deux ans en fonctionnement permanent. Une économie non négligeable quand un filtre coûte 400 €. « Les filtres sont des consommables. Les coiffeurs doivent faire attention aux coûts cachés avant d’acquérir un équipement », prévient-elle. Pensez à demander le niveau sonore de l’épurateur d’air, mais aussi sa consommation d’énergie, ainsi que son taux de réparabilité.
LES DIFFÉRENTES TECHNOLOGIES DE FILTRATION DE L’AIR
Filtres Hepa (High Efficiency Particulate Air) : éliminent les particules fines, allergènes, pollens, moisissures, bactéries et virus. Ils peuvent capturer jusqu’à 99,97 % des particules d’une taille de 0,3 micron. Ils sont suivis d’un chiffre. Ex : Hepa15. Plus celui-ci est élevé plus le filtre est efficace.
Filtres à charbon actif : éliminent les odeurs, les gaz, produits chimiques et composés organiques volatils.
Filtres par ionisation : éliminent les allergènes, bactéries, virus, poussières et moisissures. L’émission d’ions négatifs dans l’air attire les particules qui tombent au sol ou sont collées sur des surfaces. Inconvénient : certains produisent de l’ozone et les particules restent présentes au sol.
Filtres UV-C (ultraviolets) : utilisent les lampes à UV pour tuer bactéries, virus, moisissures. Nécessitent d’être couplés avec d’autres technologies pour plus d’efficacité.
Filtres électrostatiques : éliminent les allergènes, poussières, polluants atmosphériques en chargeant électriquement les particules en suspension dans l’air, puis en les capturant sur des plaques collectrices chargées. Nécessitent un entretien régulier des plaques.
Biblond, pour les coiffeurs !








