Entretiens de dirigeant(e)s : Tomomi Sato déploie la beauté japonaise en Europe

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Rien ne destinait cette ingénieure en urbanisme, qui travaillait comme analyste dans une société de consulting en finance au Japon, à mener une carrière dans la beauté. Et pourtant, tombée sous le charme de la culture latine, Tomomi Sato s’installe en France en 2013 avec la mission de faire connaître dans l’Hexagone la philosophie des soins Tokio Inkarami, en plein boom au Japon.

Une décennie plus tard, la beauté japonaise proposée par Deuxs, la société créée par Tomomi Sato, a trouvé son public avec une présence dans plus de 3 000 salons de coiffure. Son credo ? Faire grimper la fiche du salon au moyen de nouvelles technologies innovantes.

Quelle est la genèse de cette success story ?

Une belle opportunité. Celle de construire un pont entre les rituels japonais et français. Les consommateurs sont toujours attirés par l’inconnu, la nouveauté. J’ai rapidement senti les opportunités de business qu’offrent les technologies japonaises. Beaucoup pensent que les cheveux des Japonaises sont naturellement lisses et soyeux. Or, c’est faux. Cependant, culturellement, les cheveux sains sont un symbole important et leur soin est donc omniprésent dans la routine beauté au Japon. Ainsi, des soins premium à l’image de ceux qui sont proposés par Tokio Inkarami se sont développés il y a déjà plus de trente ans. À l’époque où j’ai lancé cette marque en France, il n’y avait aucun salon qui pratiquait des soins à ce prix. C’était toujours une prestation annexe pour les clients, rarement mise en avant par les coiffeurs. Ils étaient frileux à l’idée d’ajouter à leur carte un protocole si onéreux.

Alors, dans un premier temps, j’ai décidé de convaincre les clientes à travers des campagnes de communication presse et influence. Les journalistes et leurs lectrices ont adhéré et les grands noms de la coiffure ont suivi. Les salons de David Mallett, de David Lucas ou encore de Rino de Nicolo ont fait partie des premiers à faire confiance aux soins Tokio Inkarami. Aujourd’hui, la marque a réussi à se faire une place de choix dans les salons.



Depuis, votre business a fait des petits…

Au Japon, chaque salon de coiffure cherche à se démarquer des autres en apportant un petit plus qui fera grimper sa rentabilité. En 2016, j’ai eu l’opportunité de commercialiser la Scalp Brush S.Heart-S. Ce concept innovant permet de démêler les cheveux mouillés sans les abîmer grâce à une implantation brevetée de picots en nylon de tailles différentes. Aujourd’hui, cette référence s’inscrit dans la tendance des brosses à cheveux premium qui misent sur les vertus inégalables du brossage sur la beauté des cheveux.

Pour preuve, nous venons de signer une collaboration avec la maison Guerlain qui commercialise notre Scalp Brush dans sa ligne Abeille Royale. L’an dernier, les soins Tokio ont donné lieu au développement d’un protocole de Head Spa. Et cette année, nous avons lancé un pommeau de douche – une version pour le bac et une pour la maison – qui, grâce à sa technologie, transforme l’eau en microbulles massantes. Au Japon, ce business représente pas moins de 112 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Ce qui offre de belles perspectives en Europe.

Quelles sont vos ambitions ?

Outre le développement en Europe, nous avons l’objectif de continuer à introduire des innovations made in Japan. En février 2025, nous allons lancer la gamme réparatrice Tokio Inkarami Limited. La formation demeure un outil primordial et fait partie systématiquement de notre pack d’implantation. Nous ouvrirons prochainement un second centre dans le sud de la France. Nous ne courons pas après l’ouverture de nouveaux salons car nous privilégions la qualité de nos partenaires. Et j’ai pour ambition de développer la confiance et le chiffre d’affaires de ces salons. C’est pourquoi nos marques ne sont pas présentes chez les revendeurs comme Amazon ou Sephora. Je respecte le métier de coiffeur et je crois en son potentiel.

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