Moins de contrastes, plus de douceur et d’uniformisation ! Pour cette rentrée, le coloriste renoue avec ses fondamentaux : il ne transforme plus, il sublime le naturel en jouant l’ultrapersonnalisation. Décryptage des tendances et des protocoles à mettre en place pour attirer la cliente en quête de résultats durables.

« Cette année, on observe vraiment un retour aux tonalités plus chaudes et plus lumineuses avec des transitions plus douces dans la matière, des fondus moins contrastés, plus fluides », lance tout de go Stéphanie Vanacker, responsable de la formation chez Wella Professionals. Avant d’ajouter : « Même les adeptes des blond polaire voudront une note “vanille” et les châtain cendré iront vers un rendu plus caramel. Nous sommes dans la continuité de la tendance du “no make-up look”, qui consiste à se maquiller en donnant l’impression de ne pas l’être. »
LA TENDANCE HAIR POSITIVE
À l’heure où la consommatrice a besoin de douceur, le coloriste a une mission : sublimer le naturel. Oubliez donc les grandes transformations ! Le prouve le rapport d’étude Évolution des attentes et pratiques des clients des salons de coiffure et impacts sur les besoins métiers et compétences de l’OPCO EP, sorti en janvier 2024. En effet, le contexte économique, le besoin de praticité, le manque de temps et la tendance « Hair positive » – qui invite à accepter ses cheveux comme ils sont –, les clientes s’orientent vers des prestations durables, qui vieilliront bien entre deux visites et sans prise de tête ! 66 % demandent un rendu plus naturel et 57 % une technique demandant peu d’entretien. Pour cette typologie de femmes, les coloristes misent sur les colorations ton sur ton, les fondus qui évitent l’effet racines trop marqués, les nuances sur mesure ou les protocoles plus durables… Car rappelons-le, les visites en salon s’espacent, avec un rendez-vous tous les deux mois.
Mais ne nous méprenons pas : la consommatrice est prête à mettre le prix pour une prestation de qualité et qui réponde à sa demande. C’est là que les professionnels doivent démontrer la valeur ajoutée d’une visite en salon par rapport à une coloration réalisée à la maison. Et maîtriser les techniques… La cliente est prête à débourser et à patienter cinq heures pour un éclaircissement réalisé en plusieurs étapes afin de ne pas abîmer ses cheveux. À condition que la beauté de la coloration tienne dans le temps et qu’elle réponde à sa demande. D’où la nécessité d’être à l’écoute et de développer le diagnostic, facilité par un questionnaire précis.

Autre priorité de la cliente ? Le naturel se trouve aussi au coeur de la formulation. Une attention portée aux ingrédients encore plus forte auprès des jeunes générations puisque 28 % des moins de 25 ans font plus attention qu’avant à la formulation tandis que 80 % des salons interrogés déclarent que leurs clients s’enquièrent plus qu’avant de la composition des produits utilisés.
Les points de vigilance ? L’innocuité des produits pour réduire les risques d’allergies ou l’exposition aux perturbateurs endocriniens et la réduction de l’impact environnemental.
COLORATION VÉGÉTALE, UN MARCHÉ À LA CROISSANCE EXPONENTIELLE
Dans cet élan, la coloration végétale a, depuis plusieurs années déjà, déferlé sur les crinières. Avec des propositions toujours plus riches, rassurantes et des sociétés qui ont fait leurs preuves comme Marcapar (créée en 1991), Couleurs Gaïa ou encore Terre de Couleur. « La plante, c’est une science naturelle. Des molécules vont réagir avec la kératine, prévient Christian Roche, fondateur de Marcapar. La douceur est intrinsèque à la coloration végétale. Nous n’égaliserons jamais une coloration chimique. Exemple : une brune qui veut un châtain. La chimie éclaircira le châtain et foncera les cheveux blancs. La coloration végétale va maronner le cheveu foncé et apporter un reflet plus doré sur le cheveu blanc. Chez Marcapar, nous avons mis au point des décoctions, mélanges de plantes qui vont dégager, par exemple, du violet pour neutraliser le jaune ou adoucir le cuivré tandis que le pourpre intensifiera les roux. Enfin, la décoction noire va neutraliser les couleurs, apportant une touche cendrée à un blond », précise-t-il, avant de rappeler que la coloration végétale offre une multitude de nuances. Pile dans l’air du temps, à l’heure de l’ultrapersonnalisation…
Et des performances uniques et des technologies brevetées. C’est le cas du shampooing Structurant Rythme Bleu de Terre de Couleur. Il a été formulé pour préserver les pigments des colorations aussi bien chimiques que végétales. Sa formule est riche en actifs restructurants naturels qui renforcent le cheveu et scellent les écailles. La kératine et la cuticule sont reconstruites durablement, nourries et protégées.

TECHNIQUES ET PROTOCOLES, QUAND LES MAISONS RENOUVELLENT LE GESTE
Pour répondre aux nouvelles attentes des clientes, les maisons de produits innovent en développant de nouvelles techniques que seul un professionnel peut maîtriser.

Chez Davines, la campagne Coastline Reflects, imaginée par Tom Connell, s’inspire de la palette de couleurs des bords de mer. Jouant avec les reflets métalliques, les looks évoquent les éléments naturels : les rochers couleur rouille, les pierres délavées, le sable bronze et les éclats nacrés à la surface de l’eau. L’occasion de mettre en scène deux nouvelles techniques d’application, le freemapping et le freescaping, en utilisant le nouveau pinceau, Colour Blending Brush de Davines et six nouvelles nuances de la ligne View.
Chez Wella Professionals, c’est l’été indien qui est célébré au détour de la collection Golden Hour. Stéphanie Vanacker, responsable formation, nous explique les nouvelles techniques pour une coloration subtile. « Nous allons nous focaliser sur les dégradés de couleurs, similaires à ceux d’un coucher de soleil. L’idée est d’obtenir cet effet fondu que l’on peut interpréter avec des teintes chaudes et naturelles. Le coiffeur va alors personnaliser la coloration selon la carnation. Pour cela, nous lançons une belle palette de nuances acajou, qui permettent d’obtenir des marron légèrement beige rosé ou des blond poudré qui donnent bonne mine. »

La marque a mis en place deux techniques d’allongements sur les longueurs, que le coiffeur pourra mixer, pour jouer les dégradés subtils : Color Gradience pour un ombré avec fondus plutôt horizontaux et Color Melt pour des fondus plutôt verticaux. Sombre à la racine et très clair à la pointe ou à l’intérieur… Enfin, l’ultrapersonnalisation du blond est de mise chez Schwarzkopf Professional. « Nous avons créé Lived-in-Blonde pour offrir une coloration unique qui se travaille sur une base naturelle, éclaircissant les mi-longueurs et pointes tout en conservant la profondeur et atténuant le phénomène de la repousse », explique Richard Pauliac, formateur expert.

Résultats ? Un blond aux tonalités multiples et ultranaturel. « Cette prestation repose sur 4 techniques que l’on peut associer pour personnaliser les résultats : balayage à main levée, crêpage, hair touch et tricot. »
Pour répondre aussi à toutes les envies de blond, tous les types de cheveux et toutes les techniques d’application, Keune a repensé sa collection Ultimate Blonde et apporte une série d’innovations et d’améliorations sur l’ensemble de sa gamme : intégration de la technologie réparatrice Bond Fuser, amélioration de la poudre Power Blonde (avec 9 niveaux d’éclaircissement), introduction de la poudre Infinite Blonde et intégration d’une nouvelle épaississeur de couleur pour ajuster la viscosité de tous les produits colorants et éclaircissants : le Color Thickener. Un bon allié pour maîtriser la coloration du blond enrichi de 4 nouvelles teintes !

AUTRES NOUVEAUTÉS TECHNOLOGIQUES ?
La coloration ton sur ton Dia color, nouvelle génération de L’Oréal Professionnel, lancée il y a quelques mois, est un succès dans les salons. « Elle permet des couleurs profondes, brillantes et de personnaliser mes réalisations », soulignait la coloriste Salomé (@salome.a_coloriste) lors du lancement. Sa force ? Sa technologie Melanin Gap Filler, technologie qui comble la mélanine perdue et réinjecte la couleur à l’intérieur de la fibre pour trois fois plus de brillance. Formulé jusqu’à 92 % d’ingrédients d’origine naturelle et sans ammoniaque, Dia color personnalise les réalisations pendant six semaines et couvre jusqu’à 70 % de cheveux blancs, avec 100 % de reflets naturels.

Une formulation sans ammoniaque aussi pour Generik qui, après deux années de recherche, lance ce mois-ci la toute première coloration d’oxydation sans ammoniaque et enrichie en Plex, composé de cystéine et de phyto-nutriments. BBHair Plex offre plus de reflets et de brillance tout en oxydant moins le cheveu pour une couvrance naturelle.


Elle respecte les cuirs chevelus sensibles, restaure les cheveux extrêmement abîmés par des procédés chimiques et assure une couverture des cheveux blancs à 100 %. Du côté d’Urban Keratin, c’est l’acide hyaluronique, l’un des ingrédients phares de leur nouvelle coloration Urban Color Gloss, qui a été choisi.


Formulée aussi à partir de kératine de blé, elle neutralise les effets indésirables tout en préservant la base naturelle des cheveux tout en apportant une brillance accrue de 50 %. Chroma ID de Schwarzkopf Professional est un système de coloration semi-permanente sans engagement, entre deux visites en salon. « Faciles à appliquer, ces 14 masques pigmentants express permettent de proposer un service de coloration en dix minutes, avec, en sus, un soin en profondeur. D’une durée de 10 à 15 shampooings, les masques pigmentants sont intermélangeables pour un rendu ultrapersonnalisé » ajoute Richard Pauliac.
Le saviez-vous ?
La coloration ton sur ton est « le seul service qui a recruté en 2022 des femmes en salon puisqu’elle a enregistré une croissance de + 8 % versus – 0,4 % pour la coloration d’oxydation », explique François Mace, Consumer Insights Manager chez L’Oréal. En effet, les consommatrices sont de plus en plus à la recherche d’une couleur soin, sans engagement et qui ne modifie pas leur base de cheveux.
L’avantage pour le salon ? La rentabilité du service facturé en moyenne 64 € pour une durée d’application de vingt minutes en moyenne. Enfin, c’est un service sur lequel la fréquence d’achat contribue le plus au développement du CA (57 %).
Biblond, pour les coiffeurs !






