Dorah : Coiffeuse un brin magicienne

Taille du texte: A A A

Tour à tour coiffeuse studio, plasticienne et formatrice, Dorah est à la tête d’un lieu éclectique et innovant en plein coeur de Paris. Portrait d’une force tranquille.

Enfant, Dorah collectionnait les baguettes magiques, une passion qu’elle rapproche de son amour pour la coiffure : « Être coiffeur, c’est un superpouvoir ! De vos mains, vous pouvez transformer une personne et la voir assister à sa métamorphose avec le sourire, sans que ce soit douloureux, presque d’un coup de baguette magique ! » Une comparaison qui cache les longues années de travail qui lui ont permis de collaborer avec les plus grands créateurs et d’ouvrir un laboratoire de la coiffure en plein Paris, près de Beaubourg.

Tout a commencé par un pari. Dorah est étudiante en communication à la fac, elle se passionne pour la photo de mode et suit des coiffeurs studio dans les coulisses des défilés. « Je trouvais leur métier génial et ils m’ont mise au défi de me lancer. Je me suis prise au jeu ! », racontet- elle de sa voix posée et joyeuse. Elle reprend des études classiques de coiffure et entre en apprentissage chez Idriss, à Paris, où un coiffeur américain la prend sous son aile. « Ils m’ont donné ma chance. Pour mon deuxième jour, je coiffais Naomi Campbell ! », se souvient-elle.

Initiatrice d’une maison de la coiffure

Une fois formée, Dorah se tourne vers la coiffure studio. Elle collabore avec les créateurs de renom de l’époque : Gaultier, Mugler… Régulièrement sollicitée en dehors du studio, elle décide de se lancer et ouvre en 1994 un lieu mixte qui mêle image et mode. « Je n’aime pas beaucoup les salons de coiffure, j’ai donc décidé de faire tout  l’inverse ! Je ne voulais pas d’un lieu intimidant, je tenais à créer une ambiance ludique, où l’on ne se prend pas au sérieux. » Résultat : un grand loft chaleureux, tour à tour salon, studio ou centre de formation. « Je suis fière d’avoir un salon où l’on coiffe toutes les générations, où l’on a même réconcilié des clients avec le coiffeur ! », se félicite Dorah.

Depuis septembre, son enseigne prend une nouvelle orientation : Dorah a voulu en faire une maison de la coiffure. Des ateliers ouverts au grand public permettent d’apprendre à se faire un soin ou à entretenir sa frange. Le studio est également accessible à la clientèle, qui peut utiliser les photos prises sur place sur les réseaux sociaux.

En parallèle, Dorah continue de former les professionnels. « Je propose des stages qui ne se font pas ailleurs, comme le coiffage des cheveux bouclés par exemple. Aujourd’hui, tous les coiffeurs ont intérêt à élargir leur palette de compétences ! » Les coiffeurs peuvent aussi venir réaliser leur book chez Dorah. « Je tiens à ce que la profession se rapproche du monde de la mode. Je regrette l’opposition entre coiffeur de salon et coiffeur studio, qui n’existe pas du tout en Grande-Bretagne par exemple. » Sous le regard bienveillant de Dorah, rue Saint-Martin, tous devraient pouvoir se croiser et échanger… comme par magie !

BIO EXPRESS

 

 

1968 : Naissance
1989 : Premier défilé pour Thierry Mugler
1995 : Ouverture de son salon parisien
2011 : Trophée The Big One Catégorie Coiffure ethnique
Septembre 2013 : Création de sa Maison de la coiffure

Ma marque de fabrique

« Je réalise des coiffures naturelles et stylées. Quelle que soit la texture du cheveu, je donne la priorité au style ! Je m’adapte à toutes les tribus, j’aime l’idée d’une coiffure sur-mesure entièrement personnalisée selon le type de cheveux. Il faut bien connaître sa matière première, comme un couturier connaît toutes les gammes de tissus ! »

La photo, un complément indispensable

« Je me suis formée à la photo de mode pendant mes études et cela m’aide beaucoup dans mon métier de coiffeuse. Par rapport au travail de la lumière d’abord, mais aussi parce que la photo permet de travailler en trois dimensions. J’ai toujours le réflexe de prendre du recul par rapport à une coiffure. »

Si je n’étais pas coiffeuse…

« Je serais sculpteur ! Mais je crois que les rencontres et les échanges m’auraient manqué… Avec la coiffure, j’ai trouvé un travail où je peux parler toute la journée ! Peut-être que si je ne m’étais pas lancée dans cette voie, j’aurais mal tourné : la coiffure m’a permis de régler beaucoup de choses. »