Denis Holbecq

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Coiffeur ambassadeur L’Oréal Professionnel à l’international, Denis Holbecq affiche un parcours irréprochable. Créateur talentueux, il a récemment ouvert son centre de formation à Nantes. Pédagogue et passionné, il est aussi un amoureux des arts en général. Rencontre…

Bio express
1964 : Naissance à Rouen en Normandie
1983-1988 : Formation et poste de coiffeur au salon Velasquez de Rouen
1994: Ouverture du salon Victor Victoria à Evreux
2003 : Coiffeur ambassadeur L’Oréal Professionnel France
2004 : Création de sa société de formation
2006 : Ouverture du salon Victor Victoria à la Rochelle
2009 : Intégration de l’équipe des ambassadeurs L’Oréal à l’international
2010 : Création de la SARL de son salon éponyme à Nantes

  • Ma mère était couturière, cela se ressent dans mon travail.
  • Je m’amuse à broder ou tricoter les cheveux. Transformer les cheveux en fourrure, laine, velours ou tulle…
  • Mon amour des volumes et de la texture m’a valu le surnom de « Roi du bigoudi » quand je suis arrivé dans l’équipe de L’Oréal.
  • Je suis un passionné d’arts plastiques. En parallèle à ma formation de coiffeur, je suivais les cours du soir aux Beaux-Arts de Rouen.
  • Mes modèles sont Alexandre de Paris et Jean-Luc Minetti. J’admire le travail de mes collaborateurs L’Oréal, notamment Christophe Gaillet avec qui je m’entends très bien. J’aime aussi l’approche de Stéphane Amaru.
  • En grand amateur de sculpture, je travaille en 3D, avec un côté artistique mais « portable ».
  • Je me suis lancé dans la formation pour aider les coiffeurs à développer leur business et leur savoir-faire. Je veux qu’ils soient considérés en tant qu’artistes et non comme simples praticiens.
  • Ma tendance du moment ? Les coiffures des années 1950- 1960, que je remets au goût du jour avec des méthodes modernes.

Une approche traditionnelle du métier sans jamais tomber dans la nostalgie. Telle est la ligne de conduite que s’est fixée Denis Holbecq, dès ses débuts au salon de M. Velasquez, meilleur ouvrier de France en son temps. « J’aime l’idée de conserver un savoir-faire traditionnel pour le revisiter en apportant une touche de modernité », nous éclaire le coiffeur, aujourd’hui ambassadeur L’Oréal Professionnel à l’international. « Je travaille à partir des bases de la coiffure, sur lesquelles je crée en tant qu’artiste.

Par une mèche plus longue, un jeu de couleur, on obtient quelque chose de contemporain. » Amoureux des matières et des textures, il envisage la coiffure en 3D, dans la recherche de volumes dans l’espace. « Je n’aime pas le lisse », insiste Denis Holbecq, qui se démarque par son approche artistique de la coiffure.

Créateur passionné d’art

« Pendant ma formation de coiffeur, je suivais les cours du soir aux Beaux-Arts de Rouen », souligne cet esthète. Rien d’étonnant aujourd’hui que ce créateur multitalents s’adonne à la sculpture à ses heures perdues. Cette activité est pour lui une mine d’inspiration, qu’il trouve auprès d’artistes japonais à l’instar de Motohiko Odani, Junko Mori ou Sayaka Kajita Ganz. Comme eux, il aime le travail par assemblage de matières, accumulation, les sculptures fines et délicates.

En observant ses collections, on s’aperçoit que son style révèle une autre passion, réminiscences de l’enfance. « J’ai hésité entre la coiffure et la couture, ma mère était couturière », se souvient-il. Il aime à transformer les cheveux en fourrure, laine ou velours, en utilisant, par exemple, des crochets de tricots. « Je brode les cheveux à l’envi. J’ai aussi créé dans le passé des costumes pour la troupe de danse à laquelle j’appartenais », poursuit-il. Denis Holbecq n’est pas à un talent près. Il a longtemps pratiqué le Modern Jazz, puis la danse sportive au sein d’une revue. « Un passe-temps, comme l’est aujourd’hui la sculpture. »

Soif de connaissances

Cette curiosité et cette avidité de connaissances sont propices à la créativité. Mais où puise-t-il son inspiration ? « Je suis un rêveur. Je me promène dans la rue, je prends une cinquantaine de photos par semaine puis je trie.
J’aime observer les gens, la nature, regarder pousser les fleurs et découvrir de nouveaux horizons. » Cela tombe bien…

Ses fonctions chez L’Oréal l’entraînent aux quatre coins du monde. Toujours une valise à la main, prêt à partir pour partager son talent et son savoir-faire avec les autres. Car c’est bien là une des autres facettes de sa personnalité. Généreux et pédagogue, il aime transmettre ses connaissances au plus grand nombre. Notamment par le biais de son centre de formation. Aujourd’hui, il prépare un livre sur les coiffures rétros, une sorte de guide pour reproduire ces gestes anciens avec des méthodes actuelles. Insatiable…

Mon inspiration : Retrouver le savoir-faire des coiffeurs des années 1950-1960 et revisiter ces techniques pour les remettre au goût du jour.

Mes outils fétiches : Un peigne afro en bois qui ne me quitte jamais, des crochets et de longues aiguilles de couture pour créer des effets textiles avec les cheveux. Un large pinceau pour appliquer des produits de brillance comme un vernis.

Mon conseil : Apprendre aux clientes comment se recoiffer et comment utiliser les produits de coiffage à la maison. Une façon de faire durer le travail du coiffeur…

Mon astuce du moment : Enrouler les cheveux sur des baguettes chinoises puis chauffer avec une plaque à lisser pour des effets de boucles afros !

Un livre : La nostalgie n’est plus ce qu’elle était de Simone Signoret. J’aime son regard porté vers l’avenir et sa capacité à pardonner.

Mon ennemi : Les aiguilles de l’horloge. Le temps qui passe me gêne, m’agace !

Un parfum : J’ai porté Obsession de Calvin Klein pendant dix-huit ans. Aujourd’hui, je n’en porte plus. Je vis avec quelqu’un qui préfère mon odeur naturelle.

Un créateur : J’étais fan d’Alexander McQueen. J’adore aussi Thierry Mugler et John Galliano dans sa façon d’être. Ce que faisait Jean Paul Gaultier il y a vingt ans, ou encore Christian Lacroix pour son côté classique et traditionnel.

Une égérie : Marilyn que je dessinais beaucoup quand j’étais enfant. Rita Hayworth ou Natalie Wood. Aujourd’hui Pink, pour son engagement.

Une musique : J’écoute New York d’Alicia Keys en boucle, depuis mon retour de la Grosse Pomme. J’adore Pink et la musique brésilienne. Plus jeune, j’étais fan de Brel, Brassens ou Piaf. Je peux aussi écouter plus « commercial » comme Madonna ou Lady Gaga pour une approche plus esthétique.

Mon look : Je suis plutôt rétro-moderne. Quand j’officie pour L’Oréal, je porte l’incontournable costume noir. Aujourd’hui, je suis en jean, tee-shirt et baskets. De manière générale, j’évite la fantaisie et l’excentricité.

Un rêve : Trouver un atelier pour m’adonner à mon autre passion, la sculpture. Ou alors, qu’on me demande encore de venir faire un show quand j’aurai 65 ans ! J’adore mon métier et je n’ai pas l’impression de travailler.

Une citation : « Le futur n’est pas un endroit où nous allons, mais un lieu que nous créons. Les chemins ne sont pas à trouver, mais à construire… » John Schaar.