Débordé avec passion, Cyrill Hohl n’aime guère l’inactivité. Dans son salon Avant-Garde au Luxembourg, ouvert depuis plus d’un an et demi, il est au charbon à 7h30 et souvent jusqu’à 21h. Ce jour-là, il pleut…
Lui qui est connu pour changer de look tout le temps dit avoir « les cheveux plaqués à l’ancienne » et un noeud papillon. Plutôt classique aujourd’hui, se décrit le coiffeur qui a eu 40 ans en mai, sous les applaudissements du public de Métamorphose.
Vingt ans qu’il pratique les podiums, depuis ceux du Comité artistique de la coiffure française (CACF). Mais les compliments et de belles récompenses ont plu ces derniers temps. Cyrill Hohl le Lorrain ? Ce coiffeur qui réalise une barbe sur scène et redonne fierté capillaire aux hommes.
Sur le comportement masculin, il est intarissable. « Pour l’homme, aller chez le coiffeur tient du besoin et non du plaisir. À nous de lui créer un plaisir. » « Interrogez dix hommes dans la rue, ajoute Cyrill Hohl, ils savent en général ce qu’ils déboursent pour une coupe, moins pour leur voiture. »
Pour lui, la profession s’est ridiculisée en serrant trop les coûts du service masculin. La moyenne nationale des tarifs, cite-t-il, est de 20 euros. « Un prix d’appel important peut nourrir “un psychologique de plaisir” : celui de dépenser sans compter. » Car, quand il est attaché à quelque chose, l’homme dépense.
D’autant qu’il a moins le choix que les femmes. En rouge à lèvres, les marques ne manquent pas. Ce n’est pas le cas pour une crème de rasage. « Même si elle a augmenté de 50 %, l’homme va l’acheter. » Conclusion : la rentabilité sur la clientèle masculine peut s’améliorer.
Cyrill Hohl a peaufiné sa méthode et réintégré la barbe dans le salon. « J’ai créé un concept avec un packaging shampooing, coupe et barbe, explique-t-il. Ma technique prend 30 minutes au total. »
Cet enthousiasme au masculin ne pouvait rester inaperçu. Une marque comme L’Oréal a trouvé l’occasion de relancer sa gamme LP Hommes. Et de faire passer le message dans les salons. Cyrill Hohl sillonne la France, depuis six mois, tous les lundis. « Tu te prends pour un chanteur ou quoi ? », s’est amusé un ami sur Facebook.
Formations hebdomadaires, salon qu’il tient à ne pas délaisser (« une leçon familiale : avoir les reins solides avant de s’envoler »), Cyrill Hohl vise aussi l’international.
Tous les week-ends, il prépare les Hairdressing Awards. Et un clip en prime pour présenter sa nouvelle collection… « C’est à l’américaine maintenant, plaisantet- il. Il faut expliquer tout ce qu’on fait. Toujours plus ! » Cyrill ne se plaint nullement. Au contraire…
Marie Ballé
Biblond, pour les coiffeurs !







