Fondateur du groupe Coiffirst qui compte une cinquantaine de salons haut de gamme dans le monde, Éric Pfalzgraf mise principalement sur ses collaborateurs pour recruter. Il a même créé une pépinière de futurs collaborateurs tous issus de la cooptation. Explications.

Si la majorité des coiffeurs français se plaint du manque de collaborateurs, tel n’est pas le cas des salons Coiffirst qui emploient plus de 500 collaborateurs dans le monde dont 200 en France. « Pour recruter, notre méthode n’est pas forcément de mettre une annonce », affirme Éric Pfalzgraf, fondateur du groupe Coiffirst. Et pour cause : 80 % du personnel de ses salons est issu de sa pépinière.
LA COOPTATION, DU 100 % GAGNANT
« Nous embauchons 30 à 40 jeunes en alternance par an », révèle Éric. Avant d’ajouter : « Ces jeunes sont choisis par les collaborateurs. Ils sont majoritairement issus de leur entourage familial ou amical – relation professionnelle, ancien collègue, enfant d’amis ou de clientes… Un apprenti qui a intégré notre pépinière peut également coopter un camarade. La cooptation responsabilise les équipes. La nouvelle recrue est plus facilement acceptée, accompagnée et associée par l’équipe. Cela fonctionne tellement bien que nous avons adopté cette méthode de recrutement dans tous les services du siège du groupe – en salon, mais aussi dans les bureaux à la communication ou à la comptabilité. »
Une fois le jeune recruté, il est formé à la First Attitude quand la formation technique est dispensée par les CFA ou autres organismes qui participent à son alternance. « La First Attitude, c’est le savoir-être du coiffeur en salon, l’accueil, la disponibilité, la gentillesse et le positif. Elle représente 50 % du travail d’un coiffeur. Le savoir-faire s’acquiert ensuite au fur et à mesure », détaille le dirigeant.
COMPRENDRE LES AMBITIONS
Recruter les jeunes est une chose, les garder au sein de l’entreprise un autre défi. « Chaque jeune est considéré comme un membre important du club », assure Éric.
Pour y parvenir, les équipes leur donnent une vision sur le mode de fonctionnement de l’entreprise avant l’entretien final avec Éric. « Mes questions portent beaucoup sur la culture et leur connaissance du milieu artistique, de la mode, des créateurs. Ils doivent être sincères et m’expliquer leur rêve dans ce métier et comment ils comptent s’y prendre pour y parvenir. Quand un patron est au courant des projets d’un salarié, cela libère l’esprit de ce dernier. Cela nous permet aussi d’identifier quel parcours nous pouvons lui proposer pour coller à son projet. Surtout, cela permet de travailler avec des personnes épanouies. » Cet entretien permet également de parler contrat et… rémunération. « Le salaire ne doit jamais être démotivant et mérite toujours d’être expliqué », précise Éric.
PROPOSER DES AVANTAGES
La fidélisation des collaborateurs passe aussi par de nombreux avantages proposés par le groupe Coiffirst. « Nous prenons en charge toute leur journée de travail », garantit Éric. Ainsi les déplacements des collaborateurs sont remboursés à 100 %.
Des tickets restaurant d’une valeur de 9€ par jour sont également mis en place. « Nous participons à leur effort vestimentaire à l’aide de cartes d’achats. Les salariés bénéficient aussi d’une carte d’achat pour leurs vêtements d’une valeur de 50 €. Nous leur faisons des cadeaux d’anniversaire et des cadeaux de Noël, souvent sous forme de matériel de coiffure, car j’ai remarqué qu’ils investissent peu dans du bon matériel, sans oublier les cadeaux pour leurs enfants. »
SALAIRE MOTIVANT ET FLEXIBILITÉ
Surtout, les collaborateurs bénéficient d’un intéressement sur le CA réalisé qui leur permet de de pouvoir plus que doubler leur salaire chaque mois. « Certains d’entre eux atteignent ainsi trois fois le salaire de la convention collective de la coiffure », se félicite Éric.
Autre avantage non négligeable : les heures supplémentaires au-delà des 35 heures réglementaires sont toutes rémunérées ou récupérées au choix du salarié. « Les coiffeurs qui ont des enfants en bas âge ou une passion artistique avérée peuvent également bénéficier de la semaine de quatre jours. »

UN FAIBLE TURNOVER
La cooptation permet ainsi au groupe Coiffirst de bénéficier d’une pépinière qui compte 35 jeunes. Elle favorise aussi l’entrée au sein du groupe de personnes en reconversion « de plus en plus nombreuses », selon le dirigeant. Surtout, elle limite le turnover des équipes. « Chez nous, il est désormais courant que des collaborateurs aient plus de vingt ans de maison. C’est la preuve que les gens se sentent bien dans le groupe et que nous arrivons à répondre à leurs attentes », se félicite Éric. Bravo !

Biblond, pour les coiffeurs !







