Au creux de la coiffure : comment fonctionne la formation des salariés ?

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S’il y a bien un métier en perpétuelle évolution tant au niveau des produits que des techniques, c’est bien celui de coiffeur. Selon l’article L6321-1 du Code du travail, l’employeur assure l’adaptation des salariés à leur poste de travail. Il veille au maintien de leur capacité à exercer leur métier, au regard notamment de l’évolution des emplois, des technologies et des organisations. Reste à bien choisir son organisme et son formateur. Biblond vous dit tout.

FINANCER LES FORMATIONS DE MES SALARIÉS, OUI, MAIS COMMENT ?

Tous les salons de coiffure cotisent auprès des opérateurs de compétences des entreprises de proximité (Opco EP) pour la valorisation des compétences.



1. Quelles sont les contributions conventionnelles à verser aux Opco EP ? Pour les salons, il en existe de deux types :

  • La contribution conventionnelle à la formation

Elle a pour objet le développement de la formation professionnelle : actions prioritaires pour les entreprises de la branche professionnelle, accroissement des capacités de financement des actions de formation mises en place par les entreprises…

  • La contribution conventionnelle pour le financement du dialogue social

Par accord collectif, les partenaires sociaux des branches professionnelles peuvent définir une contribution supplémentaire en faveur du financement du dialogue social. Certaines branches ont souhaité confier aux Opco EP la collecte de cette contribution. Elle permet de financer les organisations syndicales de salariés et les organisations professionnelles d’employeurs.

Les Opco EP, en acteurs d’accompagnement de la profession, auront tout de même certaines exigences pour financer la formation des salariés à savoir :

1. Pas de formation le dimanche (interdiction par la convention collective)

2. Pas de formation sur un jour férié (interdiction par la convention collective)

3. Pas plus de 7 h par jour de formation

4. Pour les apprentis, pas de prise en charge si la formation est sur un jour d’école

5. Que l’organisme soit certifié Qualiopi

2. Quelles sont les différentes modalités de formation ?

L’accès aux actions de formation professionnelle peut s’effectuer :

  • À l’initiative de l’employeur, le cas échéant, dans le cadre d’un plan de développement des compétences ;
  • À l’initiative du salarié, soit en mobilisant son compte personnel de formation, dans le cadre de projet de transition professionnelle, du bilan de compétences, de la validation des acquis de l’expérience (VAE), soit sur ses fonds propres dans le cadre d’un contrat de formation professionnelle.

3. Un salarié peut-il refuser une formation ?

La volonté de l’employeur de faire suivre une formation à l’un de ses collaborateurs ne peut excéder le contenu de son contrat, le stagiaire en formation conserve son statut de salarié, il reste donc assujetti au contrat de travail et au lien de subordination qui le régit. La formation proposée doit être en rapport avec la qualification contractuelle du salarié. À défaut, celui-ci est en droit de la refuser (une coiffeuse peut refuser un stage s’il n’est pas en adéquation avec sa profession).

Quel est le délai légal pour prévenir le salarié d’une formation ? Pour les actions de formation se déroulant en dehors des horaires de travail et du site habituel du travail, les entreprises transmettent aux salariés la programmation des formations en respectant un délai de prévenance d’au moins quatre semaines. Pour celles qui ont lieu sur le temps de travail courant, il n’y a pas de délai de prévenance.

Enfin, quelles sont les conséquences d’un refus du salarié ? Un refus injustifié peut entraîner des sanctions disciplinaires. Cependant, un salarié peut légitimement refuser une tâche qui modifie de manière essentielle son contrat de travail sans son consentement.

BIEN CHOISIR SON ORGANISME

LES CRITÈRES IMPORTANTS POUR CHOISIR SA FORMATION :

  • L’intitulé
  • Les objectifs
  • Le contenu
  • La durée
  • Les horaires et le lieu des sessions
  • Le ou les noms des formateurs concernés
  • Leurs titres ou leurs qualités
  • Le public concerné et les prérequis exigés

IL FAUT AUSSI BIEN CHOISIR SON FORMATEUR :

Choisir le bon formateur revient à choisir un navigateur pour votre voyage. Son expertise, ses qualifications et son expérience sont primordiales. Recherchez des formateurs ayant une connaissance approfondie de votre secteur et une expérience avérée dans la prestation de sessions de formation efficaces qui génèrent des résultats concrets. Il est préférable que sa réputation respecte dix qualités importantes :

  • la pédagogie
  • l’adaptabilité
  • la disponibilité
  • un bon relationnel
  • l’organisation
  • l’empathie
  • la communication
  • l’expertise
  • l’humilité
  • la patience

Il reste cependant important que le formateur choisi ou l’organisme qui l’héberge soit détenteur d’une déclaration d’activité de formation et de la certification Qualiopi.

Si vous trouverez moult organismes de formation, tous aptes à accompagner les salons dans la formation de leurs collaborateurs avec des choix tarifaires très différents, n’oubliez pas certains acteurs du développement comme les syndicats de la coiffure (Unec, Cnec) qui sont là aussi pour vous accompagner dans le développement de votre entreprise et, par déclinaison, des salariés, car sans salarié formé, c’est la fin annoncée de votre entreprise.

Christophe Creux, 2C2C

Sources : Opco EP, Légifrance, Code du travail

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