Les chiffres parlent d’eux-mêmes ! Avec la crise de la Covid-19, un Français sur deux estime avoir modifié ses habitudes de « façon permanente ». En salon, les coiffeurs observent eux aussi des changements sur les nouvelles tendances de consommation. Certains ont déjà pris les devants. Explications.

QUELS CHANGEMENTS ?
La crise sanitaire et ses confinements modifieront-ils en profondeur et dans la durée les comportements consuméristes ? L’avenir nous le dira. En attendant, le Français n’a pas les deux pieds dans le même sabot. Il s’est vite adapté aux restrictions et mesures.
Avec de nouvelles envies et volontés.
– Les commerces de proximité regagnent en intentions de consommation.
– La vente de produits en ligne en sort bien renforcée, même si la convivialité reste un élément de base de l’acte de vente.
– La pandémie a augmenté la préoccupation environnementale (76 %) et plus d’un tiers des Français (38 %) reconnaissent un impact sur leurs décisions d’achats. Il y a désormais une forte attente des consommateurs sur les engagements en matière de responsabilité. 53 % sont tentés par de nouvelles marques plus saines ou responsables.
– Le bien-être est une affaire de sens, tout comme le lien social.
JULIEN RONDEPIERRE CRÉATEUR DU CONCEPT LE COIFFEUR QUI VIENT À VOUS
« La crise a servi d’accélérateur pour les salons. Pour certains, elle a poussé à créer de nouveaux services, et pour d’autres, de nouveaux modes de communication qui passent souvent par le digital. Pour ma part, après la vente de mon salon (200 m2 et 6 collaborateurs), j’ai cherché un projet avec des services haut de gamme et de bien-être qui me rapprocherait davantage de la clientèle. J’ai donc conçu un véhicule aménagé, un espace de 11 m2 intimiste, équipé pour le plus grand confort des consommateurs. Cela me permet de prendre la route comme bon me semble et de proposer mes services dans des villages ou en périphérie de Clermont-Ferrand. Ce retour du camion, comme il y a cinquante ans, correspondant à un besoin grandissant de relations humaines directes. C’est fou, depuis la crise sanitaire, j’ai augmenté le nombre de clients par jour et boosté mon panier moyen de 7 à 10 €. Du coup, d’ici à la fin de l’année, je lance en franchise le concept Le Coiffeur qui vient à vous. »

LOÏC MASUREL À LA TÊTE D’UN SALON PRIVÉ ÉPONYME À LILLE
« Confinements et couvre-feu obligent, les habitudes de consommation des Français ont changé. Rompant avec une logique d’accumulation d’objets, ils privilégient les émotions riches et les sensations. Une tendance plébiscitée en particulier par les plus jeunes, qui sont aujourd’hui plus intéressés par l’expérience que par la possession. Dans ce contexte, j’ai modifié mon planning de rendez-vous. Dorénavant, le salon est fermé le samedi et ouvert le lundi. Une démarche plutôt facile puisque j’officie seul et uniquement sur rendez-vous. Avec l’engouement du télétravail, les disponibilités des clientes sont encore plus simples. Tout est maîtrisé, orchestré. J’ai la chance d’afficher complet plusieurs mois à l’avance. J’ai même une liste d’attente pour pouvoir m’occuper de nouvelles clientes. Ma volonté est d’offrir une expérience sur mesure qui marquera durablement la mémoire de la personne. »

ALIMA BAZ DIRIGEANTE D’ALYSO COIFFURE ET BEAUTÉ ET À LA TÊTE DE TROIS SALONS DANS L’EST DE LA FRANCE
« Il faut savoir créer des opportunités en temps de crise. Les derniers bouleversements m’ont permis d’acheter deux salons. Et je lorgne déjà sur un autre lieu pour la fin d’année. Il y a eu pas mal de changements positifs depuis la Covid-19. Côté consommation, c’est mille fois mieux. J’affiche une moyenne de + 35 nouveaux clients par mois depuis mars dernier. Ils sont aussi plus jeunes et dépensent plus. Avec l’équipe, nous avons donc adapté la communication en conséquence sur les réseaux sociaux, et, surtout, modifié quelques forfaits avec des temps rallongés et des prestations plus cocooning. C’est vraiment plus cool ! On échange davantage avec le client qui a besoin de plus de proximité et de forfaits dont il a envie, comme la coloration végétale. La crise permet l’éclosion de services de qualité dans le bien-être, porteur pour les salons. Autre tendance de fond : pour se sortir de ces bouleversements, les Français partent plus facilement en week-end. Par conséquent, nos samedis sont plus calmes. Nous nous sommes donc adaptés en fonction du planning de chacun. »

Biblond, pour les coiffeurs !








