Talents au féminin : virtuoses de la couleur

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Telles des artistes peintres, elles manient pinceaux et pigments pour créer des colorations uniques. Sur le devant de la scène technique, ces trois femmes partagent une passion, avec chacune son style.

Élodie Comtesse

Techniciennes hors-pair, Joana Portal, ambassadrice Wella Passionista, Élodie Comtesse, coloriste pour Schwarzkopf Professional et Charlotte Catherin, Hair Artist L’Oréal Professionnel Paris partagent une vision commune de leur métier.



« J’aime faire des mélanges. Chaque couleur est différente et unique. En tant que coloriste, on s’amuse, les techniques évoluent sans cesse. Et pour cela, nous avons un panel de couleurs extraordinaire », explique Joana, spécialisée dans le copperhair et les roux. « J’ai eu la chance d’être formée par une pionnière chez Dessange qui m’a donné une vision artistique de la couleur », raconte Charlotte, 41 ans, à la tête de son salon Tandem à Paris depuis quatre ans. Sa signature ? Les balayages. Plus experte des blonds, Élodie aime pouvoir répondre aux attentes des clientes en créant de nouvelles techniques dans son salon Serge Comtesse (son mari est le fils du fondateur de la franchise). « Les clientes se lassent, il faut donc toujours apporter de la nouveauté. C’est stimulant ! »

Charlotte Catherin

Si l’enthousiasme est commun, ces trois femmes affichent un parcours bien différent. Élodie a fait ses armes en tant que coiffeuse à domicile avant d’acheter son salon il y a six ans tandis que Charlotte a fait l’école Dessange, gravissant les échelons, pour occuper la direction du centre de formation puis la direction artistique. À 29 ans, Joana s’est formée auprès des plus grands coiffeurs du Sud de la France, avant d’ouvrir sa propre adresse, le Salon By Joana Portal, à Marseille.

Et est-ce compliqué d’être une femme dans ce milieu ? « Certes, les femmes, en salon, préfèrent souvent être coiffés par des hommes. Mais une fois la confiance acquise, cela ne pose aucun problème », souligne la jeune patronne. Pour Élodie, être une femme n’a pas été un frein. « Il faut toutefois avoir le caractère pour. Une femme a beaucoup de choses à gérer : la vie de famille, le métier, le personnel, mais aussi l’artistique – nous créons une collection par an. Mais si je n’avais pas tout ça, je ne serais pas totalement épanouie ! »

Plus nuancée, Charlotte reconnaît avoir rencontré quelques difficultés en accédant très jeune à des postes hauts placés. « Quand j’étais au comité de direction chez Dessange, au milieu d’hommes, ce n’est pas évident. Il faut avoir un minimum de poigne. En tant que femme, jeune de surcroît, j’ai dû me battre, faire mes preuves, plus que les autres. J’étais l’une des premières femmes à occuper ce poste. Une fois que j’ai acquis une confiance absolue, ma vision différente a été valorisée. » Par chance, les choses évoluent dans le positif. « Il y a de plus en plus de femmes à des postes stratégiques. Elles ont su prouver qu’elles savent faire aussi bien que les hommes. Nous travaillons dans un seul but, commun, celui de la beauté de la femme », poursuit Charlotte.

Joana Portal

Mais en quoi la vision d’une femme est-elle différente ? « Nous avons une sensibilité différente, nous ressentons les choses. Alors certes, les hommes sont souvent mis en haut de l’affiche, mais cette intuition, c’est une chance », souligne Élodie, qui est aussi la première femme à avoir réalisé le visuel du Mondial, il y a deux ans. Même constat pour Joana qui revendique son côté girly. « Quand une cliente entre dans mon salon, d’intuition, je sais ce qu’il lui faut. » Autre grande différence avec les hommes ? « Nous savons nous remettre en question. Nous sommes plus aptes à l’autocritique constructive et au dialogue », conclut Charlotte.

Crédits photo : DR



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