Un peu d’histoire…
Avec l’arrivée fracassante de Diacolor sur le marché français, la coloration ton sur ton est incontestablement devenue une technologie incontournable pour les professionnels de la coiffure.
Au fil des années, elle a évolué, elle s’est perfectionnée grâce à la recherche et à des avancées technologiques régulières et, dans le même temps, son champ d’action s’est élargi.
Pendant longtemps, « la coloration sans ammoniaque » a eu le vent en poupe. Concept finalement réducteur qui doit disparaître puisque la coloration d’oxydation éclaircissante peut aussi être « sans ammoniaque » et c’est bien ainsi ! On ne fait pas de la coloration sans, on fait de la coloration pour !
C’est plus créatif, non ?
Parmi les innovations qui ont permis d’élargir le champ d’action de cette technologie, nous allons nous attarder sur celle qui a consisté à mettre sur le marché un binôme :
technologie acide et technologie alcaline, cette dernière s’étant elle-même enrichie au fil du temps.
Il n’est pas inutile de comprendre quelle est la vraie différence de technologie, ce qui nous permettra ensuite de bien redéfinir leur territoire d’utilisation optimum.
Comparons les deux technologies
Dans les deux cas, il s’agit d’une coloration mettant en oeuvre les mêmes précurseurs qui, par un process d’oxydation, « fabriquent » des colorants à l’intérieur de la fibre capillaire. Nous n’entrerons pas dans le débat de savoir dans quel cas la pénétration est la plus profonde. Cela dépend de tant de facteurs (nuance choisie, texture du cheveu, temps de pause), et cela n’a
pas d’importance sur le résultat. Il faut savoir que nous y retrouvons les mêmes précurseurs d’oxydations qui peuvent, dans de rares cas, causer des allergies.
Dans les deux cas, le produit de coloration, légèrement alcalin, se mélange à un oxydant faible dont la qualité est aussi importante que dans tous les types de coloration d’oxydation. Rappelons que l’actif de cet oxydant est l’eau oxygénée, gardée dans un milieu très acide pour en garantir la stabilité dans le temps donc la qualité du produit. A contrario, le produit colorant, gel, crème, crème-gel, est légèrement alcalin.
Cette légèreté permet de remplacer l’ammoniaque, à l’odeur gênante, par la monoéthanolamine bien moins « dérangeante ». La différence entre les deux technologies est précisément dans l’expression « légèrement alcalin ». Gardons en mémoire qu’il s’agit de colorants d’oxydation qui, la plupart du temps, et c’est surtout vrai dans les nuances naturelles, résisteront aux shampooings.
Dans la version alcaline de la coloration ton sur ton, la quantité d’alcalin dans le produit qui contient les précurseurs de couleur reste suffisante pour neutraliser l’acidité de l’oxydant. Ainsi, le mélange final reste légèrement alcalin. Son pouvoir oxydant peut apporter un éventuel très léger éclaircissement de la fibre et un pouvoir colorant léger (qui dépend à la fois de la quantité de précurseurs et du pouvoir oxydant du mélange) qui permette juste de camoufler, d’estomper les cheveux blancs sans atteindre la profondeur de la coloration d’oxydation dite « éclaircissante ». Cela permet de proposer une résultat différent, moins « visible ». Cette technologie s’est enrichie avec la possibilité d’utiliser deux oxydants, dont le choix, dans le cadre d’une subtilité toute professionnelle, permet de bien ajuster sa proposition au désir de la cliente. Le choix dépend aussi de la nuance choisie, et la bonne compréhension du produit utilisé est fondamentale.
Dans tous les cas, l’action oxydante sur la fibre sera très faible, voire quasi inexistante, au plus tout juste comparable à quelques heures de soleil à Nice.
Dans la version acide, la quantité d’agent alcalin présent dans le produit qui contient les précurseurs de coloration est si faible qu’il est insuffisant pour neutraliser l’acidité de l’oxydant. Ainsi, le mélange final est vraiment acide, le pouvoir oxydant est alors trop faible pour obtenir le moindre éclaircissement et le pouvoir colorant sera très faible. Cette fois, le pouvoir oxydant sur la fibre est inexistant.
La semaine prochaine nous verrons comment choisir
l’une ou l’autre technologie… Patience !
Biblond, pour les coiffeurs !








