Barbe et coupe homme en période de crise sanitaire

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Comme toute la profession, les formateurs barbiers et coiffure homme ont su rebondir et mettre en place de nouveaux dispositifs pour poursuivre leur activité. La preuve par deux avec Marc Thibault et Sandrine Favari.

À la tête de son salon dans la Moselle, près de Forbach, Sandrine Favari, 39 ans, est formatrice pour Cyléa depuis cinq ans. Elle a très vite été sollicitée pendant le confinement pour des formations homme. « Pas tellement la barbe, qui aurait nécessité un modèle par personne, mais la coupe. Chaque
apprenant avait sa tête malléable et nous intervenions à deux, un pour la démo, l’autre qui observait les participants pour voir si le geste était bon. »



Même constat pour Marc Thibault, qui a travaillé d’arrache-pied auprès d’Erik Dumon, via Educattitude, pour mettre en place un programme de formation à distance pour les coiffeurs confinés. « Si on m’avait dit un an avant que j’enseignerais des techniques de barbier via le digital, je n’y aurais pas cru ! Pourtant il a fallu se réorienter et tout remettre en question,
souligne le directeur artistique de Men Stories. Les nuits d’avant ma première formation en visio, je n’ai pas beaucoup dormi. Finalement, malgré le scepticisme, nous avons eu de bons résultats et la satisfaction de nos clients. » Nos deux formateurs sont convaincus que la formation à distance devrait se pérenniser en complément des formations en présentiel. Sandrine Favari y voit aussi une opportunité pour les coiffeurs situés dans des zones reculées, « les oubliés de la formation » en quelque sorte.
« Pour ces professionnels, la formation à distance permet de suivre le cours de leur choix, avec le formateur de leur choix, sans avoir à attendre qu’il vienne dans la région et surtout sans les contraintes du déplacement. Cela permet aussi aux plus timides d’aller plus loin dans leurs gestes, plus à l’aise quand ils ne se sentent pas observés de trop près. »

L’HYGIÈNE AU COEUR DES ATTENTES

Si le visio fait l’unanimité, ils ont repris avec joie la route des formations en salon ou dans les académies dès que cela a été possible. Mais la crise sanitaire a-t-elle changé leurs conditions de travail ? « Les salles sont préparées à l’avance, afin de séparer d’un mètre chaque stagiaire, le sens de la circulation est étudié pour éviter d’empiéter sur cette distance de sécurité
et les formateurs sont dans un espace central pour faciliter la compréhension. Bien évidemment, il y a du gel à l’entrée et le port du masque est obligatoire », poursuit Sandrine Favari. Autre gros changement lié à la crise sanitaire ? « D’un point de vue pédagogique, l’accent est mis sur l’hygiène. Cela fait partie de notre métier, c’était donc déjà très présent dans les formations. Mais certains coiffeurs-barbiers viennent pour se conforter dans ces gestes barrières. Tout ce qui a été appris en amont, les protocoles d’hygiène pour le matériel, le client ou nous-mêmes, ils veulent le revoir pour encore mieux le maîtriser. »

La Covid-19 n’aura pas eu que du négatif. De nombreux formateurs ont pensé un temps que les coiffeurs feraient passer l’éducation au second plan. Une fois déconfinés, c’est finalement l’inverse qui s’est produit. « Les coiffeurs sont de plus en plus exigeants envers eux-mêmes, ils n’hésitent plus à publier les photos de leur travail sur les réseaux sociaux, veulent se différencier de leur voisin et se former à de nouvelles techniques. C’est très excitant pour nous, car cela nous impose aussi de monter d’un niveau », souligne Sandrine Favari. Même enthousiasme pour Marc Thibault : « Dès qu’ils ont pu rouvrir leur salon, nombreux sont ceux qui ont compris qu’ils devaient ajouter de nouveaux services à la carte et se diversifier.
Il ne passe pas une journée sans qu’on me sollicite. Finalement, le confinement aura servi à cette prise de conscience générale, l’importance de se former pour être toujours au top. »



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