Inspiration : les cheveux dans les yeux avec Ève Briat

Taille du texte: A A A

Ève Briat présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève va plus loin et fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle nous fait l’amitié de partager avec nous ces moments privilégiés et nous propose aujourd’hui un portrait de Stéphane Amaru…

Par Ève Briat

Stéphane Amaru est un enfant de la balle, issu d’une grande famille de coiffeurs toulousains, un clan « sassoonien » ! Il est de ceux qui réveillent ! Nous connaissons tous son succès et son grand professionnalisme, mais moins son parcours personnel, ce qui l’a amené là où il est aujourd’hui. C’est avec son enthousiasme habituel qu’il a accepté de répondre à mes questions sans savoir où cela le mènerait. Une interview à l’aveugle, sans trame. C’est loin des podiums et des salles de conférence, chez lui dans son appartement de Nogent-sur-Marne, que Stéphane lève le voile sur son parcours personnel.

Toni&Guy

Tout jeune, alors qu’il n’a que 14 ans, il s’offre sa première moto en faisant des shampooings. Soutenu par sa famille, il participe à différents concours, comme le MAF, mais ce n’est pas ce qui lui plaît. Stéphane vient de découvrir l’univers Toni&Guy, et c’est contre l’avis de sa famille qu’il se rend à Londres où, grâce à un culot terrible, il se fait embaucher alors qu’il ne parle pas un mot d’anglais ! Stéphane, c’est le genre d’homme qui passe par la fenêtre quand on lui ferme la porte. Il passe sept années vibrantes d’expériences incroyables, il y découvre différentes facettes du métier : coiffeur studio, cinéma, perruquier, défilé, télé, éducation… Riche de ces expériences, il revient en France à la tête du salon Toni&Guy de Paris où il devient directeur artistique.

Sa vision de la coiffure

Nous abordons ensemble la complexité des techniques de l’époque et le besoin de simplifier ces pratiques. Stéphane nous explique sa vision de la coiffure, la déconnexion entre la mode et les salons. Son combat pour réactualiser les tarifs d’un métier qui change. La nécessité de créer des vocations dans un métier en plein chamboulement qui peine à recruter. Nous parlons du manque de formation des enseignants dans les écoles de coiffure et du point de rupture entre la coiffure et l’éducation nationale. Des écoles et des salons qui ferment faute d’élèves et de personnel. De l’abandon du recrutement en collège. De son travail avec l’Unec pour être entendu politiquement.

Sans tabou

Stéphane est sans tabou et parle aisément de tout avec moi : de l’uberisation des services, de l’auto-entrepreneuriat et de ses dangers pour ces anciens salariés devenus chefs d’entreprise. Nous parlons de ses différentes identités : de « punk à chien », il est devenu « nappy » et nous parle volontiers du développement durable auquel il croit. Stéphane est un être que je découvre profondément ouvert et touche-à-tout, il est sur tous les fronts et se réinvente régulièrement. Il a revendu ses salons qui existent toujours pour devenir éducateur à temps plein. Il m’explique sa passion pour le mentoring, les cours particuliers qu’il entrevoit comme la solution du futur pour accompagner les salons.

Image

Nous abordons aussi un point qui me touche profondément puisqu’il est à l’origine de la création de l’émission Les Cheveux dans les yeux : la façon dont le public perçoit les coiffeurs. L’importance d’arrêter de tout miser sur le quotient intellectuel et de comprendre que le « quotient » émotionnel est parfois plus puissant, et qu’oublier cela revient à couper les ailes d’un grand nombre de jeunes adultes qui n’arrivent pas à prendre leur envol professionnel… En bref, mettons un terme à cette vision erronée qu’un
coiffeur est bête ! Car même si : « Médiatiquement, nous sommes pris pour des jambons, en réalité, nous sommes des héros ! »

Catégories: Actualités