Au Creux de la coiffure : Payer pour mieux pour valoriser

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S’il est vrai que certaines valeurs ancestrales préconisent la rémunération par variables de la convention ((salaire brut * 3,4) = C.A. HT à réaliser), c’est faire fi des réalités économiques auxquelles sont confrontés les employeurs encore en activité !

Ce n’est plus la réalité depuis trois ans ! Les employeurs se voient confrontés à des salariés instables financièrement et à la limite de la précarité économique, les incitant à compléter leurs revenus par des prestations non déclarées, plus par nécessité économique que par choix réel.
Continuer à avoir une mentalité valorisant les salaires de la convention, c’est se suicider économiquement quand on sait que des salariés préfèrent partir à la concurrence pour un gain de 50 euros plus avantageux ! Il est grand temps de se réveiller et de considérer les coiffeurs comme partie prenante de la vie économique de l’entreprise en les valorisant par des barèmes de rémunérations plus engageants.
Donner aux salariés la rémunération préconisée par la convention collective, avec des primes prévues par un article rédigé en 2009, c’est vivre économiquement en avançant avec un vieux solex sur une route de campagne quand on sait que l’économie s’est dégradée à la vitesse d’une Ferrari sur une autoroute depuis 2009 !

Remise en cause

Je dois reconnaître que, depuis quatre ans, ma foi en la convention collective et ses textes est devenue une hérésie à brûler sur le bûcher des souvenirs ! Les salariés ne sont pas que des mains, ce sont des employés sur lesquels se construit une entreprise, une clientèle, un développement du chiffre d’affaires, la pérennité de vos entreprises. La vision économique que me font partager mes clients m’a fait évoluer, et quand on est dans « la réalité » des entreprises, savoir faire évoluer sa vision des choses, c’est aussi savoir se remettre en cause pour se permettre de donner des conseils plutôt que des leçons.
Aujourd’hui, il ne peut y avoir construction et stabilité d’une entreprise que par une prise en compte des besoins des coiffeurs : travailler pour vivre de leur salaire, plutôt que de survivre avec des miettes…

Une implication plus importante

C’est la raison pour laquelle je vous conseille de revoir les barèmes des primes dans vos entreprises. Tout en maîtrisant les coûts, cela se va de soi… Mais en comprenant qu’un salarié auquel on donne des objectifs de primes atteignables se trouvera plus considéré dans vos salons et n’aura pas l’impression d’être un « âne » que l’on fait avancer avec une carotte au bout d’un bâton qu’il n’atteindra jamais, et qui préférera aller brouter une herbe plus verte offerte par la concurrence pour se nourrir. S’il est humain de vouloir bien gagner, il est aussi humain de vouloir gagner plus !
Un salarié qui ne touche pas de primes car le barème conventionnel les lui rend inaccessibles, face aux tarifications des prestations actuellement pratiquées dans les salons de coiffure, ne se motive pas à développer un chiffre d’affaires non rémunérateur. A contrario, un salarié valorisé par un barème plus favorable, et qui goûte au plaisir de la prime, aura une implication plus importante sur les propositions et son chiffre. Car là, en effet, il sait que son développement et son investissement dans l’entreprise correspondent à une rémunération plus valorisante et à une reconnaissance par leur employeur !

Une communication claire

Commencez par communiquer des chiffres d’affaires qui « parlent » au salarié et « sans surprise » ! Ne pas dire au salarié : « Tu dois faire 5 776,60 euros pour déclencher ta prime » alors qu’à la fin du mois, s’il a fait 6 000 euros, il n’a pas de prime sur son salaire car vous ne lui avez pas expliqué la plus-value de la TVA (le chiffre suivi dans l’ordinateur était de fait 6931,12 euros TTC) !
Aidez vos salariés à suivre leur chiffre d’affaires en leur montrant quotidiennement où ils en sont et ce qu’il reste à faire (ce n’est pas le 20 du mois qu’on doit se réveiller). Accompagnez-les à faire des primes accessibles, détachez la prestation de la revente ! En les différenciant, vous mettrez en place deux leviers de primes et, de ce fait, deux axes de développement de votre chiffre d’affaires.

Nécessités économiques

En faisant un audit de mes clients ayant des rémunérations valorisantes avec des salariés à haut chiffre d’affaires, la base de calcul est plus proche de : salaire brut * 2,8 = chiffre d’affaire prestations TTC à réaliser pour déclencher la prime des 10 % sur le dépassement.
Pour les primes revente, mettez plutôt en place des paliers incitant vos collaborateurs à se dépasser en s’impliquant envers tous les clients et dans « le conseil suivi beauté maison ». Ce ne sont que des pistes de travail, chacun reste libre face à ses nécessités économiques au regard de la tarification de base. Les tarifs parisiens ne sont pas les tarifs de province, aucune règle n’est la meilleure ! La seule réalité est d’aller au-delà de ce que prévoit la convention car en aucun cas vous ne devez proposer une rémunération moins favorable que celle que vous impose la convention.

Gardons nos salariés, fidélisons-les, valorisons-les et valorisons leur travail. Et arrêtons de les obliger à nous quitter pour 50 euros après les avoir formés !

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