Développer son CA : reprendre un salon, quelles sont les étapes clés ?

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L’option la plus intéressante pour un nouveau dirigeant ? La reprise d’un salon. Car c’est l’assurance de dégager immédiatement un chiffre d’affaires, grâce à la clientèle existante. Un sentiment de sécurité psychologique et financière qui s’accompagne, toutefois, de plusieurs étapes. Conseils et recommandations par trois experts avertis.

Les 5 règles d’or pour une bonne reprise

1 Analysez les raisons qui conduisent le vendeur à céder son affaire. Sa motivation n’est pas forcément celle qu’il affiche.

2 Vérifiez tous les actes préparatoires à l’achat. Ils doivent être accomplis avec la plus grande vigilance : étude de marché, contrats… Pensez à y inclure des clauses contre les vices-cachés.

3 En cas de doutes, n’hésitez pas à consulter un ou plusieurs professionnels. Vous gagnerez en temps et en argent. Une reprise ne prend pas plus de 9 mois.

4 Fixez un prix et négociez. Ne jamais dépasser 60 % du chiffre d’affaires.

5 Évaluez le « potentiel humain » et les compétences des collaborateurs du salon.

Patrice martin
Dirigeant en conseils, création et développement d’entreprise du cabinet e-plus

« Régulièrement, on me dit : « j’ai trouvé un local pas cher ! ». Mais très souvent, l’emplacement n’est pas en centre-ville, dans une rue adjacente et commerçante. Donc dans ce cas, il faut passer son chemin. Autre conseil : savoir s’entourer de vrais professionnels, expert-comptable, banquier, conseiller juridique, coach…. Réaliser un business plan est primordial pour structurer le capital de l’affaire, tout comme un audit du salon. Compter alors entre 1 500 et 2 000 euros. Je conseille également de bien réfléchir sur les prix que vous pratiquerez dans cette nouvelle affaire. Il faut donc bien calculer son tarif horaire. C’est toujours plus difficile d’augmenter ses prix, une fois que le salon est installé. Le business plan aide à la mise en place d’une stratégie tarifaire et commerciale. Il anticipe aussi les investissements et la rentabilité. Enfin, reprendre un salon reste un choix judicieux si tous les voyants sont au vert. Mais, très souvent, le repreneur se laisse prendre par la routine et les objectifs à court terme. Car le plus délicat, c’est de durer. Alors vigilance… »

SARAH GUIMOND
ASSOCIÉE À CYRIL BAZIN ET RESPONSABLE DE LA COMMUNICATION ET DU MARKETING DE 8 SALONS SUR NANTES ET SA RÉGION

« Ne jamais avoir de doute sur une reprise et c’est le succès garanti ! Si vous écoutez votre instinct et communiquez votre passion et votre motivation à la nouvelle équipe, l’affaire est presque dans le sac. Mais attention à quelques critères essentiels : emplacement, visibilité, passage, belle vitrine… Côté prix, ne jamais dépasser 60 % du chiffre d’affaires sauf en zone commerciale ou emplacement n°1 dans un hypercentre très actif. Décortiquez charges, salaires, bilan, ratios… Il faut aussi avoir une bonne connaissance du marché car les attentes ont beaucoup évolué. Nous ne reprenons aucun matériel, stock et contrats fournisseurs. Nous rencontrons les salariés une première fois, tous ensemble, pour insuffler les projets, puis individuellement afin de connaître et comprendre leurs envies, besoins et attentes. Il est important de les emmener vers une belle histoire commune. Vous avez choisi d’acheter, eux n’ont pas fait le choix d’être vendus. Finalement, la rencontre avec les équipes est une étape cruciale qui pèse à 80 % dans la réussite d’une reprise. »

DENIS DO AMARAL
COIFFEUR ET À LA TÊTE DE LOFT BY DENIS, QUATRE SALONS À PARIS ET LEVALLOIS-PERRET

« Si vous êtes intéressé par un bien, prenez en amont, tous les renseignements nécessaires : le quartier, la fréquentation, les zones de stationnement… Une fois ces éléments collectés, compilez les données sur le salon, en fonction de critères qui vous paraissent les plus importants pour mener à bien votre projet. Ces démarches permettent de faire une première évaluation. Auditez le salon de coiffure que vous projetez de reprendre pour dégager les informations clés de l’entreprise telles l’historique, le juridique, la carte des services, la typologie client, la concurrence ou encore l’équipement. Puis, une fois que votre business plan est ficelé, vous pouvez alors négocier le rachat ! Vous devez définir le montant mais également les modalités de paiement, les garanties d’actifs et de passifs. Dernier conseil, afin d’éviter tout litige, faites rédiger l’acte de vente par un avocat spécialisé. »

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