Après une carrière dans l’industrie du disque, cet électron libre reste animé par l’artistique. Aujourd’hui, il révèle les talents, grâce, entre autres, au Festival Coiffure Beauté Méditerranée, dit « le CBM ».
Quand l’industrie du disque s’effondre, Olivier Sittoni décide de se réinventer. Nous sommes en 2001 quand il effleure, grâce à une amie, l’univers de la coiffure dans le cadre d’un show Wella à Aix-en-Provence. Révélation : il découvre le côté artistique du métier. Sa bonne idée ? Créer le premier événement professionnel en région Paca. En 2005 se tient la première édition de Coiffure Beauté Méditerranée au Casino d’Aix. Cette année, le festival a fêté ses 15 ans. Soutenu par les grands noms de la profession et boosté par les années d’expérience, le dirigeant se professionnalise toujours davantage. La force du CBM ? Outre la partie salon, qui accueille entre 30 et 50 exposants, il met l’accent sur l’artistique, le moteur de ce musicien passionné. Cette fibre, le visiteur peut l’appréhender très vite, confortablement installé. À Marseille, un écran géant diffuse les images des shows avec une vision totale grâce à une caméra au-dessus de la scène, comme cela se fait dans les concerts. Selon les éditions, ils sont entre 3 000 et 5 000 à répondre présents. Privilégier la qualité et non la quantité, telle est la ligne directrice d’Olivier Sittoni. Pour offrir un plateau de choix – une quinzaine d’équipes artistiques dont un ou deux noms venus de l’international –, l’entrée est payante. Révélateur de talents, le salon met à l’honneur la jeune création avec au moins 20 % de nouvelles équipes.
Depuis 2011, il accompagne également les coiffeurs avec son académie. Cocréateur du Barber’s Meeting dont il s’est aujourd’hui retiré, Olivier Sittoni a été aussi précurseur, en développant l’univers de l’homme bien avant tout le monde.
Sa vision du métier
« Les institutions ne font pas leur travail et le métier est tiré vers le bas. Le niveau est en baisse. La coiffure souffre aussi d’un problème d’image. La cuisine ou la pâtisserie sont valorisées, dans les médias, par exemple. Pas la coiffure ! Pourquoi les grands décideurs ne font rien pour donner envie aux clients d’aller dans les salons et aux jeunes dans les écoles de coiffure (la fréquentation est en
baisse de 33 % en trois ans quand, au même moment, les écoles de cuisine se remplissent) ? Pourquoi la coiffure n’apparaît pas à la télévision sous forme ludique avec des avant-après transcendés par des grands artistes ? Il est primordial de revoir les référentiels, de créer des modules de formations adaptés aux envies et aux besoins du marché. Et surtout de revaloriser ce beau métier. »
Ses conseils aux jeunes
« Déplacez-vous sur les événements, lisez la presse professionnelle, formez-vous sans cesse. Sortez des sentiers battus et des référentiels classiques. Ne vous contentez pas de tutos sur Internet. Ouvrez-vous ! Allez voir ce qui se passe ailleurs. Voyagez en Espagne, en Italie, en Angleterre pour connaître d’autres horizons. »
L’avenir
« Nous allons réécrire quinze ans d’histoire avec passion, dévouement et cohérence. Notre but est de continuer à faire un festival qui sort du lot et de tirer la profession vers le haut grâce à nos réseaux et nos partenaires.
Nous n’avons pas de sponsor, le CBM est un événement privé. Nous privilégierons toujours la qualité et non la quantité, quitte à réduire le festival. »
Les dates de sa vie
1993 Débuts dans l’industrie du disque
2005 Première édition du CBM
2011 Ouverture de l’académie Coiffure Beauté Méditerranée
2019 15e édition du CMB
Biblond, pour les coiffeurs !







