Le Brevet professionnel (BP) en poche, vous rêvez de démontrer à vos professeurs que votre talent dépasse leurs remarques sarcastiques sur la connaissance des propriétés de la kératine et du follicule pileux. Subordonné, esclavagiste, salarié, vous ne souhaitez qu’une chose : voler de vos propres ailes loin de votre manager harpie et demandeur de productivité stakhanoviste. Coiffeur indépendant qui veut arbitrer sa rémunération entre le statut de salarié et de non salarié, et qui veut choisir entre la peste et le choléra (l’Urssaf ? ou le remplaçant du bien-aimé RSI ?) Chef d’entreprise leader, structurant le développement de votre salon en centre de profit et construisant un empire capillaire, avec le régime mère-fille ou l’intégration fiscale… Bref : tout lecteur assidu du magazine Biblond se doit de s’interroger sur le mode juridique qui va venir structurer sa pratique artistique, bien évidemment si sublime…
I. LA MICRO-ENTREPRISE OU LA FORCE DU MINIMALISME
Statut : Indépendant
Coût social : 22 % de votre CA
Formalités d’installation : Un simple formulaire P0 à faire valider par la Chambre des métiers + votre BP
Avantages : Rapidité, coût, simplicité
Inconvénients : Vos charges professionnelles ne sont pas déduites.
La griffe de Fa Conseils : Le micro-entrepreneur, meilleur ami de notre président Emmanuel Macron, est la structure la plus simple, efficace, et la plus rentable si
vous souhaitez exercer en tant que coiffeur à domicile, ou bien coiffeur ponctuel en parallèle de votre activité salariée.
II. L’ENTREPRISE INDIVIDUELLE OU LE CLASSICISME DE GINETTE COIFFURE
Statut : Indépendant
Coût social : Lourd… Votre bénéfice industriel et commercial (qui n’est pas votre
rémunération !) sert de base de calcul pour les prestations sociales. Mieux vous fonctionnez, plus vous payez.
Formalités d’installation : Un simple formulaire P0 à faire valider par la Chambre des métiers
Avantages : Coût d’installation limité
Inconvénients : Autant que le démêlage d’un chanteur reggae avec rasta… Notamment votre implication personnelle en cas de faillite.
La griffe de Fa Conseils : L’artisan Ginette Coiffure n’est plus : le XXIe siècle fait que les coiffeurs sont avant tout des chefs d’entreprise et ils doivent se protéger des menaces extérieures.
III. LA SOCIÉTÉ À RESPONSABILITÉ LIMITÉE (SARL) : OU LE MASOCHISME RAISONNÉ
Statut : Non salarié si majoritaire dans le capital social, salarié si minoritaire
Coût social : Plus élevé en tant que salarié, moins cher en tant que non salarié
Formalités d’installation : Votre BP + M0 à faire valider par la Chambre des métiers puis greffe de votre ressort + Journal d’annonces légales
Avantages : Patrimoine privé protégé en cas de faillite du salon, coût social le moins cher
Inconvénients : La distribution des dividendes
La griffe de Fa Conseils : L’Entreprise individuelle à responsabilité limitée, ou EIRL, est l’étape intermédiaire avant la SARL. Modèle privilégié par les experts comptables. Je vous déconseille de tomber malade, ou alors privilégiez un contrat de prévoyance et de retraite personnalisée.
IV. LA SOCIÉTÉ PAR ACTIONS SIMPLIFIÉE (SAS) OU LA PUISSANCE DE LA LIBERTÉ
Statut : Quasi-salarié si majoritaire dans le capital social, salarié si minoritaire
dans le capital social
Coût social : Statut de cadre, donc même coût que vos managers de salon
Formalités d’installation : Idem que pour la SARL
Avantages : Liberté dans la rédaction des statuts. Régime facilité lorsque vous
cédez les droits sociaux et que vous investissez à plusieurs.
Inconvénients : Nécessité d’un commissaire aux comptes si vous détenez ou êtes
détenu à plus de 50 % de votre capital social qui peut augmenter les frais de fonctionnement.
La griffe de Fa Conseils : Depuis 2009, ce statut d’entreprise est celui qui est le mieux adapté à la conduite de vos affaires, notamment si vous privilégiez en parallèle de votre rémunération la distribution des dividendes (merci la flat tax !).
Conclusion :
Comme l’aurait dit l’un des premiers hipsters clients des Barber shops, le Grec Sophocle : « Ce n’est pas par des mots que je veux voir donner quelque éclat à ma vie, ce n’est que par des actes. » Avant de lancer un salon ou tout projet d’affaires dans le monde de la coiffure, vous devez avant toute chose valider votre modèle économique et répondre à une question essentielle : qu’est-ce que j’apporte en plus à mon client, et comment dois-je sécuriser mon modèle économique ? La deuxième étape va être la structure juridique, puis enfin vient le choix de la fiscalité, entre l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés.
FA CONSEILS PATRIMOINES intervient auprès des professionnels de la coiffure pour apporter des solutions pratiques dans le financement d’acquisition de salons, les placements, la valorisation des fonds de commerce ou entreprise, et l’organisation juridique de vos salons.
Biblond, pour les coiffeurs !









