Les ados ont la cote

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Avec un style affirmé de pied en cape, les adolescents ont délaissé leurs chevelures hirsutes et peu soignées au profit de coupes sophistiquées inspirées par les réseaux sociaux. Une clientèle à ne surtout pas négliger.

Les hommes s’apprêtent davantage. Leurs cadets aussi. À partir de 12 ou 13 ans, téléphone en main, les jeunes garçons soignent de plus en plus leur style et poussent la porte de vos salons. « Je dirais même qu’ils sont à la pointe des tendances et qu’ils sont très exigeants et pointilleux », confirme Ivan Arniaud, coiffeur ambassadeur Wella à Salon-de-Provence. Exit la coupe courte Tintin réalisée en quelques minutes sous les yeux des parents, l’adolescent exige aujourd’hui que l’on prenne du temps pour lui réaliser une coiffure sophistiquée, point d’orgue de son look. « Ils commencent à fréquenter nos salons de coiffure en quête de confiance en eux, complète Ivan Arniaud. Ils veulent plaire et paraître sûrs d’eux. »



À l’image de leur garde-robe remplie de pièces – neuves ou de seconde main – Carhartt, The North Face, Supreme ou encore Stüssy, ils sont aussi prêts, en matière de coiffure, à mettre la main au porte-monnaie, le leur ou celui de leurs parents. « Les adolescents dépensent bien plus qu’avant, annonce Brice Goliard, coiffeur ambassadeur L’Oréal Professionnel qui reçoit dans un salon de coworking à Paris dans le 11e arrondissement. Autant dans la coupe que dans les produits, d’ailleurs ».

Pas question donc pour les salons de brader la prestation avec un tarif enfant trop bas. Il faut bien valoriser le temps passé. « Je pratique un tarif unique à 50 euros pour une prestation de 30 à 40 minutes, annonce Mylène Louvin, ambassadrice Revlon Professional et créatrice de LeSharp, un espace barbier et coiffeur privé à Paris. Ce type de prestation permet d’espacer les visites grâce à une bonne repousse, ce qui permet de fidéliser ».

Pour attirer les teenagers, certains salons proposent des tarifs étudiants et même des forfaits d’entretien attractifs. « Depuis la Covid, les garçons sont devenus une vraie clientèle des salons de coiffure, ajoute Aline Tacite, spécialiste des cheveux texturés et cofondatrice des salons Boucle d’Ébène Studio à Paris. Ils réservent en ligne sur des plates-formes comme Planity via le compte d’un de leurs parents. C’est clairement une clientèle qui ne téléphone pas pour prendre rendez-vous ».

Opération séduction

Influencés par le digital, les adolescents savent ce qu’ils veulent : le look de leur Youtubeur préféré, du footballeur ou du basketteur du moment. Rien d’étonnant alors à ce que l’ancien joueur du Stade rennais et actuel milieu de terrain du Real Madrid Eduardo Camavinga, à l’image d’autres sportifs, ait ouvert un salon de coiffure et barbershop dans le centre-ville de Rennes.

À Caen, dans le salon Chez Max, on séduit les jeunes avec une petite partie de baby-foot. Encore à Angers, le propriétaire du salon Prizzly a installé au sous-sol un espace avec des consoles de jeux vidéo Playstation pour divertir sa clientèle. De nouveaux groupements dédiés aux jeunes hommes font leur apparition, à l’image de Blackbox et ses 20 salons : rap plein les oreilles, mobilier en cuir noir et coiffeurs lookés reçoivent les jeunes à la chaîne. Sur Instagram, Grano, le barbier aux 89 000 abonnés, publie quotidiennement ses avant/après.

« Une référence inspirante, annonce Sofiane Cheloufi, coiffeur ambassadeur Schwarzkopf Professional à Nancy. J’ai pris conscience du manque de contenu inspirant en matière de coiffure pour les jeunes hommes ». En effet, être actif sur les réseaux sociaux et promouvoir son image en la matière est indispensable pour attirer cette cible, véritable réservoir de croissance. « Puis, c’est le bouche-à-oreille qui fait 60 % du recrutement », annonce Mylène Louvin. Pour Aline Tacite : « il y a de vrais phénomènes de mode en matière de coiffure pour adolescents, c’est pourquoi il faut être actif sur les réseaux et se mettre au goût du jour. »

Des codes ultraprécis

Modèles en poche, les teenagers arrivent en salon avec des idées bien définies. « Si la mode change assez vite, quelques coupes reviennent très régulièrement », annonce Ivan Arniaud. En chef de file, le Taper. Démocratisé par les sportifs, c’est aujourd’hui la star des cours de récré, tous milieux sociaux confondus. « Cette coiffure revient souvent car elle s’adapte à tous les types de cheveux et apporte du fun », ajoute-t-il.

Les tutos sur Internet se développent. « Certains s’autoforment et s’achètent même une tondeuse pour coiffer les copains », raconte Aline Tacite. En plus, coiffeurs et clients peuvent laisser libre cours à leur imagination, allant même jusqu’à créer des motifs. Autre best-seller chez les ados : la coupe à casquette.

En 2021, le Youtubeur Inoxtag en fait un véritable phénomène de mode. Depuis, ce mouvement des cheveux sur le dessus de la tête a même pris son nom pour devenir la coupe Inox. En version curly hair –coupe champignon pour certains –, elle offre la possibilité aux garçons d’assumer pleinement leurs boucles. Aline Tacite annonce que « certains jeunes se font même permanenter pour porter la casquette bouclée ».

Il y a aussi la coupe mulet, dans une version plus sophistiquée : la Mod Cut avec sa frange courte, son cou effilé et des côtés assez nets ou mi-longs, ou encore version crête espagnole très dégagée sur les côtés. « Cette coupe assumée inspirée des années 1980 offre de la texture, à condition de se coiffer », prévient Brice Goliard.

Pour les autres, la Buzz Cut est une option : on a d’ailleurs beaucoup vu cette coupe courte rasée sur les défilés printemps/été 2025 et c’est le jeune Gaëtan qui a créé le buzz – c’est le cas de le dire – sur les réseaux sociaux lorsque son coiffeur JR Golden Hand publie un avant/après vu plus de 10 millions de fois sur TikTok. Enfin, pour ceux qui auraient envie de conserver un peu de longueur, la Middle Part – coupe phare des années 1990, souvent appelée la coupe de cheveux en rideau – ou le Shaggy Wolf, dégradé tout en légèreté, sont des options très plébiscitées.

Et le coiffage ?

Mod Cut, Shaggy Wolf, Middle Part ou coupe casquette ont toutes un point commun : le styling ! « Toutes ces coupes, même les plus bouclées, ont en effet besoin de définition et de volume », explique Aline Tacite. Et Ivan Arniaud d’ajouter : « Je recommande toujours un produit de construction et un autre de finition pour un résultat naturel ». Les cires mates et les poudres texturisantes sont particulièrement demandées par les adolescents. Ils sont véritablement en attente de conseils aussi bien sur le styling que sur d’autres problématiques beauté comme la densité capillaire, ou même le soin de la barbe naissante. De quoi faire grimper leur panier moyen.

Les ados LIKE…

Cray Craft Volupt Spray, de Sebastian Professional

Volume Dust Techni Art et Flex Web, de L’Oréal Professionnel

Matte Clay et Boost Powder, d’American Crew

Kurl Fusion, Les secrets de Loly

Dust it Osis + et Matte Paste Osis +, de Schwarzkopf Professional

Le TOP des coupes ados

Le Taper de Victor Wembanyama : comme beaucoup de sportifs, notre basketteur national a adopté ce dégradé des bordures, des pattes et de la nuque.

La coupe casquette d’Inoxtag : des longueurs sur le dessus qui créent un mouvement en opposition avec des bordures courtes ; une coupe qui convient à tous les types de cheveux.

La Mod Cut de Charles Leclerc : le coureur de formule 1 démocratise cette version modernisée du mulet.

La Buzzcut de Gaëtan : à la militaire, on rase tout. Zéro effort au quotidien.

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