Avec une vision avant-gardiste, l’inventeur de la coupe « laver et sécher », du bob et de la 5 Point Cut a libéré les femmes du crêpage et des casques chauffants comme, avant lui, le couturier Paul Poiret les avait affranchies du corset.

DU FOOTBALL À LA COIFFURE
Né en 1928 à Londres d’une mère juive russe et d’un père séducteur qui abandonne très tôt sa famille, il est placé dans un orphelinat par manque de moyens. Dès le plus jeune âge, « Vidalico » – comme le surnomme sa mère – démontre une certaine détermination, allant même jusqu’à fuguer du foyer. Il quitte l’école à l’âge de 14 ans avec une idée en tête : devenir footballeur. Sa mère lui choisit une autre destinée : il sera coiffeur. En apprentissage dans un salon de quartier, il se réfugie avec sa famille dans le métro la nuit, alors que les Allemands bombardent la ville.
CHEF DE FILE DU SWINGING LONDON
En 1954, il ouvre son premier salon de coiffure. Parmi ses clientes, une certaine Mary Quant. La styliste, conquise par son style, lui confie ses mannequins. Ses coupes graphiques s’accordent à merveille avec la minijupe qu’elle présente lors de son défilé. Il met au point sa fameuse 5 Point Cut, revisite le carré court pour créer son mythique bob et invente la technique du « laver et sécher ». Inspiré par le mouvement Bauhaus, il devient une figure de proue du Swinging London, période de bouillonnement culturel dans le Londres des années 1960. Ses coupes courtes, carrées ou asymétriques conquièrent les femmes du monde entier.
RÉVOLUTIONNER LE MÉTIER DE COIFFEUR
Avec sa volonté de libérer les femmes des contraintes auxquelles elles étaient soumises comme le crêpage, le brushing, la laque ou les casques chauffants, il révolutionne le métier de coiffeur. Finis les rendez-vous hebdomadaires ! Ses coupes sont pensées pour durer six semaines. Tel un architecte, il oeuvre selon la forme du crâne, considérant le cheveu comme une matière à sculpter. En salon, il délaisse bigoudis et casques chauffants pour un petit appareil mobile, le sèche-cheveux. Révolutionnaire !
COIFFEUR DES STARS
Après avoir coiffé Nancy Kwan dans le film The World of Suzie Wong, il prend son envol en 1968 en signant la coupe à la garçonne de Mia Farrow dans Rosemary’s Baby de Polanski. Résultats ? Des millions de jeunes filles se coupent les cheveux. Devenu le coiffeur des stars, il coiffe Catherine Deneuve dans Répulsion en 1966. et Glenda Jackson dans le film Love en 1969. Autres clientes célèbres ? Ava Gardner et Rita Hayworth. Dès lors, le style Sassoon traverse les décennies. Rihanna, Carey Mulligan, Agyness Deyn ou encore Charlize Theron ont adopté son iconique bob.

ROI DU MARKETING
Outre sa créativité débordante, Vidal Sassoon est aussi un entrepreneur hors pair, avec toujours une longueur d’avance sur son temps. Dans son salon de New Bond Street, il intègre un bar où l’on déguste des cocktails healthy à base de fruits et légumes. Dans les années 1980, il lance sa marque de cosmétiques et sa chaîne internationale de salons. Homme de marketing, il frappe les esprits avec son inoubliable slogan « Wash & Go ». En 1985, Andy Warhol, maître du pop art, prend la pose dans une pub pour sa laque.

UN ENGAGEMENT SANS FAILLE
En 1948, il s’était engagé auprès des Forces de défense israéliennes, pour la fondation d’un État d’Israël. En 1982, il finance le Vidal Sassoon International Center for Study of Antisemitism, un centre de recherche affilié à l’université de Jérusalem. Enfin, la fondation Vidal Sassoon a pour vocation de financer des projets éducatifs et sociaux en Israël.

EFFORTLESS CHIC POUR TOUJOURS
S’il est mort en 2012 à Los Angeles après un long combat contre la leucémie, son aura demeure bien présente. Véritable gourou, il a inspiré plusieurs générations de coiffeurs qui se forment à ses techniques innovantes à la Vidal Sassoon Academy. Indémodable et intemporelle, son allure effortless chic est plus actuelle que jamais.
Biblond, pour les coiffeurs !







