Originaire de Saint-Malo, cet entrepreneur de 28 ans est devenu un coiffeur-star sur les réseaux sociaux. Comment ? Grâce à un ton décalé mais sincère sur la relation client. Rencontre avec un passionné engagé.

En quelques mois, François Troussier a réuni une communauté de 41,3 K followers sur son compte Instagram. Il en a été le premier surpris ! « Rien n’était programmé. En janvier, j’ai envoyé ma première vidéo et elle a été repartagée de nombreuses fois. Si bien qu’en quelques jours j’avais déjà 800 abonnés. Je me suis amusé à passer des messages avec humour, honnêteté, sincérité. Et je crois que c’est ce côté brut qui a plu. Je fais mes petites vidéos de manière spontanée. Les idées me viennent comme ça, au fur et à mesure. J’alterne entre ces vidéos et des petites phrases de motivation », nous confie-t-il. Mais qui sont ses followers ? « À 90 %, ce sont des coiffeurs ! J’ai aussi des commerçants qui se reconnaissent dans la relation client et une petite partie de grand public », précise-t-il.
Mais qui se cache derrière ce visage que l’on voit en gros plan sur les réseaux ? Aujourd’hui à la tête de sept collaborateurs et deux adresses à Paris, il s’est lancé dans la coiffure à l’âge de 16 ans, sans réelle vocation. « Je savais que je voulais entreprendre. Un métier artisanal me le permettrait. Mes parents avaient des salons en Bretagne. Alors j’ai décidé d’apprendre ce métier pour le maîtriser et entreprendre à mon tour. » CAP et BP obtenus à Rennes, en 2018, il est recruté pour devenir formateur chez Provalliance à Paris. « J’avais 22 ans et ils cherchaient un formateur pour The Barber Company. J’étais jeune, un peu timide. Ils m’ont coaché pour devenir formateur. »

Pendant un an, il anime des stages avant de se rendre compte qu’il lui manque l’essentiel, la relation client. Après une expérience en tant que coiffeur freelance, en location de fauteuil au coeur de la capitale, il ouvre, en 2022, son premier salon dans le Sentier, Homad, un salon mixte classique, spécialisé toutefois dans la technique. Un an plus tard, il inaugure sa deuxième adresse, à deux pas, un barbershop, Pöme. « Le lieu est plus atypique, avec des voûtes, puisqu’il est situé dans d’anciennes écuries. Nous avons donc opté pour une décoration monobloc en béton ciré du sol au plafond », explique François.

SES PROJETS ?
« J’aimerais convertir ce que j’ai créé sur les réseaux en quelque chose de plus impactant. Utiliser cette communauté pour valoriser notre profession. Passer du divertissement à une démarche plus didactique pour faire changer le regard sur le métier et les a priori qui l’entourent », projette-t-il. Intervenir dans les écoles pour rebooster les jeunes. Se relancer dans la formation. Animer des conférences. Parler de la profession à qui veut l’entendre. Remotiver les coiffeurs. S’il souhaite garder un pied en salon, François Troussier a plein d’envies avec toujours en fil rouge la mission qu’il s’est fixée : oeuvrer à la revalorisation du métier. Et selon lui, qu’est-ce qui a contribué à dévaluer l’image de la coiffure ? « J’ai le sentiment que les gros salons sans rendez-vous où les coiffeurs sont surexploités, travaillant à la chaîne, ont démotivé les jeunes. Ils ont reçu cette image de la coiffure. C’est pour cela que je veux aussi utiliser les réseaux sociaux pour donner aux nouvelles générations l’envie de venir. Leur dire qu’ils peuvent s’épanouir, gagner leur vie, sortir du lot et être reconnus pour leur métier. La coiffure permet beaucoup de choses. Si on est passionné, on gagne en indépendance financière bien sûr. Mais on peut aussi devenir artiste. Les possibilités sont multiples », insiste celui qui a vu sa cote de popularité grimper en flèche sur Instagram.

Ses conseils pour ceux qui voudraient voir grandir leur communauté sur les réseaux sociaux ? « Évitez de suivre les tendances. Ne cherchez pas à faire la même chose qu’un salon qui a réussi. On voit trop de contenus qui se ressemblent. Le but n’est pas d’être novateur mais d’être sincère dans sa démarche et proche de sa clientèle », précise-t-il.

@francoistssr
LES DATES DE SA VIE
2018 Formateur pour Provalliance
2022 Ouverture du premier salon à Paris, Homad
2023 Ouverture du barbershop Pöme.
2024 Première vidéo sur Instagram
Biblond, pour les coiffeurs !








