Le temps où la cliente se rendait au salon pour son brushing hebdomadaire est révolu. Pour autant, pas de fatalisme inutile… Aujourd’hui, le coiffage peut être un vrai service à développer. Une seule condition : le décliner de manière innovante et adaptée à la clientèle.
À VOS BROSSES, LE BRUSHING OVERSIZE A LA COTE
Ces dernières années, le coiffage a été mis à mal. Pour des raisons économiques, mais aussi parce que les femmes et la jeune génération ont appris à se coiffer à la maison avec les Stylers et autres accessoires de coiffage. Sauf que, cette année, les tendances du passé opèrent des revivals inattendus, qui requièrent les mains expertes du coiffeur.
Un doux mélange des années 1960 et 1970 :
- Le printemps fait la part belle à des coupes ultraféminines et beaucoup plus dégradées
- Le brushing volumineux avec des boucles XXL. Look signature de l’actrice de Drôle de dames, Farrah Fawcett, le Fawcett Flip fait un tabac sur TikTok
- Les chevelures doivent se faire épaisses, et, jusqu’à aujourd’hui, personne n’a trouvé mieux que le crêpage
- La raie sur le côté, à travailler sur un cheveu long, brillant et ultralisse
DAMIEN ROUX
PDG DU GROUPE DIDACT HAIR BUILDING À PARIS
« À force de surfer sur les tendances bohème et cheveux longs, les clientes ont boudé le brushing ultratravaillé. Mais les derniers défilés de mode et les inspirations vues sur les réseaux sociaux et dans la rue avec de forts dégradés présagent une année de coiffages et de looks chics. L’occasion pour les coiffeurs de suivre des formations, histoire de se remettre à la page et de proposer des forfaits sympas. Nous avons conceptualisé le service coiffage pour susciter l’envie de la cliente et moderniser l’image du service. C’est ainsi que sont nés nos “Comptoir des cheveux longs” en 2012 et “Comptoir du Brush” en 2020, qui représentent aujourd’hui 10 % de mon chiffre d’affaires global. Au menu : quatre styles différents avec un shampooing, un soin, un protecteur de chaleur et un coiffage au prix de 40 euros. Le concept peut s’adapter à tous les salons. Et, côté investissements, ils sont minimes. La communication s’opère principalement sur les réseaux sociaux et à travers nos mailings. Quant aux trainings des collaborateurs, cela se passe en interne puisque Didact propose des formations. Autre idée développée au sein des deux salons : “le Comptoir des franges”. Pour 91 euros, la cliente repart avec une fausse frange clipsable que nous coupons et colorons pour qu’elle se fonde totalement dans la chevelure. C’est un service qui cartonne. »
WILLIAM LEPEC
À LA TÊTE DE LA WILL ACADÉMIE ET DE DEUX SALONS W À PARIS ET EN RÉGION PARISIENNE
« Pourquoi le coiffage n’est pas plus en vogue dans les salons ? Parce que beaucoup de coiffeurs de salon ont des a priori sur certaines techniques de coiffage, et ont consacré 80 % de leur travail à la coupe. Les coiffeurs studio des défilés travaillent pourtant la technique du bigoudi enveloppé et même de la mise en plis. Ce n’est pas ringard, et c’est presque indispensable pour fixer certaines coiffures fashion. Crêpage, lissage, point d’attache et fixation… Les techniques évoluent. Je forme les coiffeurs à acquérir des tours de main rapides et des astuces de coupes mémorielles. On économise ainsi du temps, on sollicite moins le cheveu et on réduit la fatigue, notamment celle du poignet. Autres points importants : les prix doivent être compétitifs, et l’offre originale. Car le service coiffage permet aussi de drainer les jeunes femmes qui ont entre 18 et 35 ans et n’auraient pas forcément franchi les portes du salon. »
ÉRIC PFALZGRAF
DIRIGEANT DES TRENTE-TROIS SALONS COIFFIRST EN FRANCE ET À L’ÉTRANGER
« Notre métier, c’est d’abord le service, le luxe, la mode et finalement la coiffure. Alors, le service coiffage, c’est comme tout, il faut être force de proposition et apporter du plaisir à chaque étape de la visite. Dans nos salons, cette année, nous n’avons pas augmenté nos tarifs, mais au contraire mis en place des attentions qui font que la cliente passe un super moment de bien-être dans un super lieu avec un top coiffeur : shampooing et soin offerts, double dose de massage au bac (six à huit minutes au lieu de trois) et brushing travaillé. Nous formons alors nos équipes à faire des brushings structurés, où la matière est construite et les mèches soulevées. Nous sommes d’accord, le brushing dit “nécessaire” est en perte de vitesse. Au final, le service coiffage en salon ne peut exister que s’il est conceptualisé de manière réfléchie et moderne. Par exemple, notre bon “soin + brushing” d’une heure à 50 euros fonctionne très bien. Beaucoup de nos clientes ont d’ailleurs découvert Coiffirst grâce à cette formule, qui n’est pas chère pour du luxe parisien ! Gâtons la clientèle pour mieux la fidéliser, et gardons un chiffre à l’esprit : le brushing peut représenter 15 % du chiffre d’affaires. »
Biblond, pour les coiffeurs !












