Plastic Dreams, Marisol Suarez

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Le visiteur se sent immédiatement chez lui dans le Studio Marisol, situé dans la petite rue Bichat, non loin de la place de la République. Avec le soleil de printemps, la porte est entrouverte et laisse passer un courant d’air qui fait vibrer les rideaux. Et sans doute un peu les cheveux des perruques exposées à droite, dès l’entrée.

Marisol, haut jaune éclatant et jupe en jean, discute avec une cliente sur le départ. Sur la table au fond attend une livraison, une perruque de sa confection qui part pour New York le soir même.

Une autre s’est déjà envolée pour Londres pour Sean O’ Connor. « Quel plaisir de voir que ces créations continuent à tourner après la présentation de ma collection ! », se réjouit la coiffeuse.

Au fond, un long portant rassemble des robes et des hauts crème et ivoire, inaugurés pour ses shows. La verrière tout au fond laisse passer une belle luminosité, chatoyant sur les tresses et les écheveaux de toutes les couleurs, amassés dans une grande malle. La matière première des perruques.

Marisol n’aime tant rien que chiner tout ce qui peut évoquer une chevelure et la voir se métamorphoser entre ses mains… Et elle aime oeuvrer la nuit, dans le calme. « Cette mousse bleue, désigne-t-elle dans le lot, ne m’a menée à rien de très beau. Mais ça porte toujours vers autre chose encore. »

 

« J’ai conçu mon atelier-salon comme un lieu de vie, raconte-t-elle. Être coiffé est un moment privilégié et il faut qu’on se sente bien chez moi. » Il y a bien un bac à shampooing, mais elle s’en sert peu. Il est isolé au fond, près d’un mini-jardin d’hiver.

Marisol cultive ses doigts d’or dans tous les domaines. Elle s’est vraiment épanouie au moment où elle s’est orientée vers la coiffure studio et les shootings photo pour Vogue Italie. Dans la foulée, elle a souhaité ouvrir son studio. Elle a cherché le lieu à habiter pleinement et elle a opté, il y a six ans, pour ce local qui était une partie d’un théâtre pour enfants.

« J’ai passé là une belle période de ma vie », dit-elle en souriant. Car la coiffeuse originaire du Beaujolais cherche à ouvrir un vrai salon de coiffure et attend une réponse pour un espace clair, derrière une porte cochère, qui l’a instantanément charmée. Changer reste un moteur permanent pour elle.

 

Quand Marisol ne reçoit pas de clientes, elle continue à travailler pour des shootings photo. Elle adore travailler en équipe avec ses deux assistantes, un maquilleur, un photographe, un styliste et un graphiste.

La transmission lui paraît représenter une corde capitale de sa profession et elle accueille régulièrement des confrères dans son studio. Tous les deux mois, elle va même faire une semaine de formation à Moscou et elle rêve de faire de même au Brésil… Dans la fabrication de perruques, elle retrouve une fibre manuelle originelle.

Son père artisan lui a montré comment la beauté se sculpte. Elle en a tiré une philosophie personnelle. « L’essentiel n’est pas d’essayer de faire plaisir à tout le monde, mais de se demander ce qui va faire que je me sente bien dans mes baskets. » Le naturel l’habite et fait pétiller ses yeux bleus. Demain lui réserve tellement de portes ouvertes.

 

Marie Ballé

 

Studio Marisol
36, rue Bichat
75010 Paris
Tél. : 06 70 17 23 89)
www.studiomarisol.com