1 marque, 1 histoire : Maniatis Paris

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Coiffeur des stars, Jean Marc Maniatis nous a quittés à la fin de 2022. Son enseigne, intimement liée à la mode et incarnée par 4 salons, demeure une des gardiennes du chic à la Française.

 

 

Vive émotion dans le monde de la coiffure en ce début d’année. Jean-Marc Maniatis s’est éteint dans la nuit du 31 décembre 2022 à l’âge de 80 ans. S’il avait raccroché les ciseaux depuis plus de dix ans, son aura créative reste intacte dans la maison rachetée en 2009 par le groupe Provalliance. Pour comprendre la philosophie de l’enseigne, il faut connaître le parcours de son fondateur.

Coiffeur surdoué, Jean-Marc Maniatis n’a que 17 ans quand il fait ses débuts en studio pour les magazines Elle et Marie Claire. Visionnaire, il part se former à Londres auprès de Vidal Sassoon avant d’intégrer le magazine Elle en tant que coiffeur studio pour les séries mode. Son talent n’échappe pas aux stars qu’il coiffe. Elles se bousculent quand il ouvre son premier salon à Paris.



En backstage des défilés, il met sa créativité au service des plus belles maisons de mode, Karl Lagerfeld, Sonia Rykiel ou André Courrèges. Entre 1977 et 2009, il peaufine sa méthode et crée des coupes mythiques – coupe sauvage, singe, gavroche. Sa ligne directrice ? Faire rimer style, exigence et maîtrise technique au coeur de chaque création – coupe et couleur.

Aujourd’hui, ce savoir-faire unique reste vivace dans les salons Maniatis (trois à Paris et un à Neuilly-sur-Seine). Dans l’ADN de la maison, une coupe signature sur cheveux secs, inventée par le fondateur et transmise de génération en génération par les collaborateurs. Après une formation longue et minutieuse, ils sont les seuls capables de maîtriser les techniques et les exigences de l’enseigne.

Cette méthode permet de travailler la coiffure au naturel, dans son tombant réel. Précises et coupées sur de très fines mèches avec la pointe des ciseaux, les coupes se replacent parfaitement.

 

 

Quelques dates

1959 Débuts de Jean-Marc Maniatis en tant que coiffeur studio chez Elle et Marie Claire
1970 Premier salon à Paris (XVIe)
2009 Reprise des salons Maniatis par le groupe Provalliance
2022 Disparition de Jean-Marc Maniatis à l’âge de 80 ans

 

 

 

3 questions à ALEXANDRE PROTTI
DIRECTEUR DES SALONS MANIATIS PARIS DEPUIS 2020

 

 

Pouvez-vous nous dire en quoi se démarque l’enseigne Maniatis ?

Jean-Marc a créé cette fameuse technique sur cheveux secs, un secret bien gardé qui s’apparente à de la sculpture. Nous créons une matière, mèche à mèche, c’est extraordinaire. Cette technique se transmet de génération en génération. Pour cela, nous mettons l’accent sur la formation. Jean-Marc a quitté l’enseigne en 2008, mais nous continuons à perpétuer ce savoir-faire. La technique demeure à la pointe et nos salariés y sont très attachés. Leur fidélité le prouve ! Certains sont là depuis des dizaines d’années.

Côté technique, Jean-Marc a aussi créé ses méthodes ultrapointues avec des mises en relief. Par exemple, nous réalisons des mèches en crêpage pour un résultat léger qui évolue bien dans le temps. Nos clientes viennent chercher un service haut de gamme, sur mesure, mais aussi un look. Notre lien à la mode a aussi contribué à notre succès. Pour cela, nous travaillons en équipe. J’assure la direction artistique, mais je mobilise tous les collaborateurs.

La femme Maniatis est une Parisienne chic et élégante. Nous avons une belle clientèle locale mais aussi internationale. La première fois qu’elles pénètrent dans nos salons, les clientes sont émerveillées et, dès lors, elles nous restent fidèles. Pour parvenir à un tel niveau d’exigence, la formation est primordiale.

Comment cela se concrétise-t-il chez Maniatis ?

Pour faire perdurer cette technique de pointe, Jean Marc avait mis en place des trainings qui pouvaient durer jusqu’à minuit. Chaque semaine, il formait ses coiffeurs pour qu’ils puissent appliquer cette technique à tout type de cheveux. Puis André Delahaigue a préservé cet ADN. J’ai repris le flambeau il y a deux ans avec la volonté de garder cette qualité de travail. Je suis dans l’enseigne depuis vingt-six ans, je suis totalement “moulé” dans l’esprit Maniatis.

Aujourd’hui, nous faisons évoluer les trainings pour les mettre au goût du jour, en les remaniant sous forme de jeu et en organisant une grande soirée annuelle. Je m’appuie sur les managers qui s’investissent beaucoup pour former les quinze apprentis des quatre salons. La transmission est primordiale dans notre maison. Il y a un sentiment d’appartenance très fort.

Des projets de développement pour 2023 ?

Il est en effet question d’ouvrir d’autres salons, à l’international peut-être. Toutefois, nous préférons en ouvrir peu, pour garder la qualité qui a fait notre renommée. Dans nos salons actuels, les résultats sont excellents, avec un chiffre d’affaires de cinq millions d’euros. Nous allons aussi accentuer notre présence dans les médias et sur les réseaux sociaux afin de faire connaître notre savoir-faire. Nous pouvons être fiers de la coiffure française, reconnue dans le monde entier. Il est temps de revaloriser notre profession, avec enthousiasme et passion.

 

 



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