Monter son salon en gamme n’est pas une étape anodine. Indispensables, le relooking et le changement de mobilier ne font pas tout. Il faut surtout ne pas négliger le service et les prestations. Trois experts nous livrent leur réflexion.
PLUS DE QUALITÉ POUR PLUS DE CLIENTES
Faire progresser son salon en gamme s’avère une voie opportune. L’objectif étant de gagner de nouveaux clients sans, bien sûr, perdre les fidèles. C’est pourquoi la réflexion passe avant l’action.
– Certains salons optent pour la mise en place d’une boîte à idées ou d’un test sur tablette tactile avec des questions ouvertes ou à choix multiples. Ces exercices permettent de limiter les insatisfaites et de garder les chères clientes.
– Autre action : l’étude de marché pour évaluer les possibilités réelles de recrutement de la clientèle. Sans oublier l’étude de la zone de chalandise pour ne pas se tromper.
– Dans le même temps, il est important de faire sa propre analyse : « Quelle est ma formation ? », « Quelle est ma personnalité ? » Être un cadre à son image…
Le positionnement permet de rechercher les meilleures conditions de réussite commerciale et d’orienter le choix des consommateurs de manière à décider en faveur de votre salon. Il sert aussi à marquer les caractéristiques qui vous différencient des concurrents.
SAMY PETOT
FORMATEUR ET AMBASSADEUR AMERICAN CREW
« Pour monter en gamme et booster son chiffre d’affaires de 20 %, le coiffeur doit s’engager à fond dans de véritables actions. Cela passe par une rénovation du salon et de la vitrine. Tout naturellement, passantes et passants vont être interpellés par cette nouvelle couleur, ce nouveau matériau… Plusieurs s’exclameront peut-être même : “Ah enfin, il y a un nouveau dans le quartier”… alors que vous êtes là depuis dix ans ! Eh oui, à force d’être toujours le même, on ne vous voyait même plus ! Mais il a surtout d’autres points clés à travailler si l’on veut devenir un salon plus haut de gamme : l’hygiène, l’ambiance musicale, la communication sur les réseaux sociaux, les services techniques, les protocoles de soin, sans oublier le “savoir être” et le savoir-faire des collaborateurs. La tenue vestimentaire des salariés traduit aussi le positionnement. Créer une identité différente, c’est avant tout rendre cohérents les différents éléments qui la constituent. Alors pensez diagnostic, parcours client, produits de niche, opérations marketing, formation, coaching… Sans une image forte, vous êtes finalement comme tout le monde… »

LAURENT MATHÉO
À LA TÊTE DE TROIS SALONS ET D’UN CONCEPT HEADSPA LA BULLE À LA ROCHELLE
« Développer un salon plus premium permet de prétendre aisément à une clientèle plus vaste que celle de son quartier. J’ai mis en place plusieurs stratégies afin de garantir le succès de cette nouvelle politique – fiche moyenne à 75 €, sauf pour mon concept La Bulle. Proposer des techniques de balayage pointues avec différentes marques comme Oway, Couleur Gaïa, Redken et Humm, ma marque d’huiles naturelles pour la barbe des hommes. En amont, le diagnostic est devenu plus pointu tout comme l’accueil des clients. Toutes nos propositions et idées de coiffure se font sur des iPad, via Pinterest afin d’être plus attentif à la demande et surtout être vraiment tendance. Attention tout de même, c’est bien de proposer mais il faut savoir surtout réaliser ces coiffures et couleurs. D’où des formations au top avec les équipes et avec des modules réguliers et du feedback à chaque session. Monter en compétence les collaborateurs et attiser la curiosité de la clientèle contribuent véritablement au développement du salon. »

CÉLINE WALDNER
À LA TÊTE DU SALON L’ATELIER À DRUSENHEIM
« Vous imaginez déjà votre nouveau salon, plus haut de gamme ?
Attention, il y a des étapes à franchir avant même d’augmenter vos tarifs. J’en parle en connaissance de cause puisque j’ai eu cette réflexion, il y a quelques mois. On pense forcément à une nouvelle décoration, à un poste de travail supplémentaire ou à un nouveau bac plus relaxant. En discutant également avec ma coach business, j’ai mis en place des forfaits soin plus complets, plus profonds – comme ceux qui sont proposés par Tokio Inkarami – et aussi plus chers (250 €). Nous pouvons le faire car nous avons la clientèle pour ces prestations luxe. Des forfaits balayages plus techniques ont été également ajoutés à nos menus. Il a fallu pour cela former le salon. Un passage indispensable si l’on veut monter en gamme. Toutes ces mises à jour, cette personnalisation du service redynamisent la clientèle, attirent le chaland et les ventes progressent. Et côté collaborateurs, ils sont mieux rémunérés. »

Biblond, pour les coiffeurs !






