Le portrait : les cheveux dans les yeux avec Ève Briat

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Ève Briat présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a  imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève va plus loin et fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle partage avec nous ces moments privilégiés et nous propose aujourd’hui un portrait d’Aurélien Andrieux.

Aurélien Andrieux veut être coiffeur depuis l’âge de 5 ans…




C’est un peu jeune, certes, mais c’est à cet âge-là qu’il prend sa décision. Ensuite, tout est fluide, comme écrit… Aurélien passe son CAP et son BP à Boulazac où il vit. Plus tard, l’envie de découvrir de nouveaux horizons et de nouvelles textures le font voyager en Nouvelle-Calédonie où il se perfectionne.

Tout est possible… Ses objectifs évoluent et c’est ainsi qu’on le retrouve en 2012 à la tête de son premier salon en Dordogne. Il découvre l’univers des franchisés, qui, tout en lui apprenant beaucoup, lui laisse un léger goût amer. Il remarque assez vite que ses demandes pour développer les services hommes dans son salon ne sont pas entendues, que son loyer est trop élevé. Le salon s’essouffle… Commence alors la descente aux enfers et c’est étrangement une « sauvegarde » décidée par le tribunal qui lui permet de souffler et de rebondir.
Il choisit de chercher un local moins cher. Il fait des demandes à l’univers… et c’est ainsi qu’il s’installe dans un centre commercial où 148m2 sur deux étages l’attendent. Le local est nu et tous les travaux sont à faire, mais avec de la bonne volonté et l’amitié de quelques clients tout est possible.

Une aventure humaine On le retrouve plus tard à son premier concours, le Barber Meeting de Lyon où il termine 6e.
L’année d’après, pour vaincre, il s’applique une technique de visualisation qui le propulse à la 2e place. « C’est une aventure humaine incroyable » qui lui permet de rencontrer des coiffeurs extraordinaires. Aurélien, c’est ça : une émotion qui transparaît au-delà de la force tranquille et du look de barber qui cache ses ressentis. Il me raconte une anecdote quelque peu étrange. À 19 ans, alors qu’il joue au cracheur de feu lors d’une soirée, il subit un retour de flammes qui lui brûle le visage, les cheveux et les mains ! Très affecté par cet accident qui impacte directement son image de coiffeur, il se rend compte que passer les mains sur son visage atténue ses douleurs, il reproduit ce geste tous les jours sans trop savoir ce qui se produit. C’est lors d’une consultation, alors que le médecin lui demande s’il utilise une crème particulière pour mieux cicatriser, qu’Aurélien comprend que ses mains ont aidé la cicatrisation. Cependant, il met cela sur le compte de la chance, mais lorsqu’il se coupe, il refait les mêmes gestes et cela fonctionne. Il faut dire qu’en parallèle de nouvelles choses lui arrivent. Depuis peu, il ressent les douleurs de ses clients, leur en parle et par la simple intention de la pensée les soulage. Il s’habitue alors à travailler avec ces nouvelles sensations. Dans un même temps, il développe un feeling, une connexion toute particulière, qui l’aide à trouver les coiffures qui satisfont ses clients.

Aller plus loin Puis nous parlons business. Pour Aurélien, nous sommes les accompagnants de nos clients, et pour les aider à évoluer, nous devons le faire en premier. Il imagine assez bien un avenir où les salons s’intégreraient dans des concepts stores, où l’intégralité de l’image serait prise en charge. Plus particulièrement un salon où tatouage, esthétique et vêtements se côtoieraient. Nous allons plus loin, et Aurélien me parle de la nécessité de changer le fonctionnement des CFA qui n’autorisent toujours pas la pratique de la coiffure homme sans un CAP mixte. Il comprend les coiffeurs qui se forment seuls, parce qu’ils n’ont pas envie de passer par la formation femme pour exercer en hommes.
Nous parlons coaching aussi : « Tout le monde devrait pouvoir évoluer à son maximum. » Ainsi, il suit des programmes avec des mentors reconnus et m’en parle avec passion. Il m’explique la vibration et l’énergie qu’il reçoit lors de ces sessions. Nous en profitons pour parler de l’énergie que nous communiquons à nos clients lorsque nous les coiffons, et de la nécessité d’être en forme pour les accompagner dans cette période où tous sont un peu déstabilisés.
C’est cette envie de vibrer et d’aller plus loin en coiffure qui m’interpelle, et j’accompagne ici son souhait de pouvoir vite reparticiper aux événements coiffure qu’il affectionne tant ils fédèrent et nous manquent à tous cruellement.