Talents au féminin : la pédagogie, une vocation

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Transmettre pour revaloriser un métier… Ces trois femmes partagent un amour commun pour la transmission.

Stéphanie Bozonnet

Stéphanie Bozonnet dirige la pédagogie de Real Campus by L’Oréal depuis son ouverture en janvier 2020. Directrice pédagogique, forte d’une expérience de vingt-cinq ans dans la coiffure, elle est hyperagile dans les différents contenus. Et pour cause ! Tombée très tôt dans l’éducation, alors coiffeuse puis manageuse, elle devient, dès l’âge de 23 ans, professeur en CFA. Après un tour du monde en tant que coiffeuse studio, elle prend la direction de la filière coiffure du CFA94 et met en place une nouvelle stratégie d’éducation en déployant notamment le BTS Métiers de la coiffure. Ce qui l’anime aujourd’hui dans cette école d’un nouveau genre imaginée par L’Oréal ? « Nous formons les entrepreneurs de la coiffure de demain. Des leaders inspirants et créatifs, des manageurs bienveillants, écoresponsables, digital natives avec une signature artistique forte. »



Armelle Bisi-Morales

De son côté, Armelle Bisi-Morales occupe le poste de consultante référente pédagogique de 2C2C. Elle a suivi Thierry Tixier, l’ancien DA d’Eugène Perma qui a senti très vite chez elle un beau potentiel. « Quand j’ai postulé en candidat libre chez Perma, il cherchait une responsable pédagogique et m’a trouvé toutes les qualités requises. En vingt ans de coiffure, j’avais déjà formé une dizaine d’apprentis. » Technicienne puis responsable pédagogique, elle crée alors toutes les formations d’Eugène Perma, à une époque où l’éducation était encore peu développée. En 2010, elle est nommée responsable de l’encadrement de l’équipe de formateurs. Elle quitte le groupe en 2021 pour relever de nouveaux défis chez 2C2C : veille pédagogique, analyse des bilans, aide en cas de difficultés avec les apprenants, audits…

Virginie Gallardo

Directrice de Provélite Académie, Virginie Gallardo, 48 ans, a commencé un apprentissage dès 15 ans. Responsable de salon, elle est coupée dans son élan, souffrant d’allergies. « Comme j’avais eu des formateurs qui ont su me faire rêver, j’ai voulu transmettre à mon tour. » Elle prend son envol en intégrant en 2002 le groupe Franck Provost (futur Provalliance). « Je voyais que les jeunes n’étaient pas satisfaits de ce que l’on leur proposait à l’école. J’ai alors soumis l’idée de créer Provélite Académie en 2006. Ils m’ont laissé carte blanche », se souvient-elle. Dès 2008, elle inaugure le premier organisme de formation diplômant certifié. Décorée des palmes académiques en 2016, elle met en place l’apprentissage de Provélite en 2018, certifié Qualiopi dès 2019. Membre de la CPC, conseillère technique pour le Cnec, elle participe à la mise en place du CQP Coiffure et aux nouveaux référentiels du CAP, BP et BTS.

Ont-elles rencontré des difficultés du fait d’être une femme ?

« J’ai vécu des situations de sexisme ordinaire. Mais je crois que j’ai réussi à dépasser ça », reconnaît Stéphanie. « Je n’ai pas eu l’impression de me battre davantage. La seule difficulté, c’est que mon fils a moins eu sa maman près de lui que ses copains », confie Virginie. Mais constate-t-elle une différence d’approche selon le genre ? « Peut-être les femmes font-elles preuve de plus discrétion et d’empathie. » Même si elles déplorent le manque de femmes parmi les coiffeurs stars dont on parle, Stéphanie et Virginie rappellent qu’elles sont nombreuses à occuper des postes clés. « Depuis dix ans, de plus en plus de femmes veulent devenir chef d’entreprise ou responsable de salon », souligne Virginie. Stéphanie est confiante : « L’avenir, c’est l’être humain. Il n’est plus question de genre. Ce sont des personnalités qui s’expriment ! »



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