Coiffer exige un certain sens esthétique pour réaliser une coupe ou une coiffure stylée et appropriée à la demande. Dessiner aide à visualiser…
Le coiffeur Alex Le Mercier nous parle de son expérience du dessin
«J’ai appris à dessiner au CFA, explique Alexis Mercier, coiffeur à Saint-Quentin. Je n’étais pas passionné, mais cela m’a apporté un côté créatif. » Le dessin pourrait-il être un art complémentaire à la coiffure ? Dans sa pratique quotidienne, le coiffeur reconnaît que dessiner aide à visualiser les coupes. Cela permet aussi de donner un aperçu final de ce qu’il veut réaliser sur une cliente. « Le dessin me fait aussi travailler sur les textures et les couleurs, même s’il existe des effets difficiles à reproduire, cela permet de rechercher et de se libérer. Puis, au moment de coiffer, on peut s’appuyer sur ce qu’on a réalisé en dessin. » Solène Debiès*, illustratrice mode, beauté et life style pour la presse française et internationale, estime qu’en effet, le dessine oblige à structurer. « On part d’une forme générale, que l’on affine et détaille ensuite. Savoir dessiner peut aussi aider le coiffeur à mieux adapter sa coiffure en fonction de la morphologie et même des couleurs de la cliente, dans le sens où dessiner nécessite d’observer et donc permet d’anticiper. » Le dessin peut aussi être une manière originale de garder en mémoire certaines coupes réalisées ou encore de présenter les tendances ou nouvelles collections que souhaite proposer un coiffeur. Mais au-delà de l’aide pratique apportée au résultat final, le dessin permet aussi de renforcer sa technicité. « Cet art exige de l’assiduité, comme la coiffure, et permet aussi de développer sa sensibilité », confirme Alexis Mercier.
Mieux comprendre les coiffures par le dessin
L’École Nantaise de Coiffure, une école privé hors contrat, inclut le dessin dans sa formation. Pour Charles-Henri Jarriau, le gérant, cet enseignement permet d’apporter aux coiffeurs créativités, technique et sens esthétique.
Le dessin est enseigné pour développer la sensibilité artistique aux élèves et donc d’étendre leurs champs de créativité. Ce qui leur permet de mieux comprendre une coiffure, son sens, l’équilibre des volumes et le contraste des couleurs. Ils apprennent par exemple à dessiner des boucles et à comprendre le cheminement d’une mèche bouclée, en permanente et en couleur, car on identifie les nuances ainsi que les associations colorées. Les coiffeurs renforcent leur sens esthétique car ils apprennent à identifier les volumes, les formes et les mouvements.
En quoi consistent les cours de dessin ?
Nous enseignons les techniques classiques du dessin, avec un travail sur le graphisme, la couleur et les proportions. Les cours se divisent en deux parties. La première concerne directement la partie professionnelle (coiffure, couleur des cheveux) et la seconde est plus liée à la communication vente (Logo, Pub, Packaging, etc.).
L’avis du coiffeur CHRISTOPHE GAILLET
L’invité de la rédac’
Coiffeur ambassadeur L’Oréal Professionnel depuis vingt ans, champion du Monde et d’Europe, Christophe Gaillet est l’un des incontournables du milieu de la coiffure. Son immense talent, sa grande expérience, sa sensibilité et ses idées lumineuses l’ont promu Directeur artistique de la Haute Coiffure française de 2006 à 2010. Christophe Gaillet est un homme ambitieux qui n’a pas peur de se démarquer dans sa simplicité en collaborant avec des grands couturiers comme Thierry Mugler, Nina Ricci, Paco Rabanne, Azzaro ou Balenciaga. Il démontre ainsi que la coiffure est un des vecteurs essentiels dans la réussite des défilés. Il parcourt les quatre coins de la planète pour y effectuer des shows de prestige et transmettre son incontournable coup de ciseaux à ses homologues.
Biblond, pour les coiffeurs !










