Le portrait : les cheveux dans les yeux avec Ève Briat

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Ève Briat présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève va plus loin et fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle nous fait l’amitié de partager avec nous ces moments privilégiés et nous propose aujourd’hui un portrait de Christine Alves.

Interview vidéo by Eve On Air

Christine Alves est une femme douce et élégante que je découvre il y a deux ans sur scène pour un show de coiffure au Mexique. Son talent et sa grande gentillesse me font lui proposer la toute première interview pour les Cheveux dans les yeux. Elle sourit à ma proposition de l’interviewer au bord de la piscine et me propose d’attendre son retour en France.
C’est donc à Paris que je l’interviewe un soir dans un hôtel du Xe arrondissement, loin des strass et du soleil.



Les débuts

Christine Alves, c’est l’antithèse du cliché de la coiffeuse blonde écervelée. Très tôt, alors qu’elle aurait pu faire une seconde, elle décide d’entrer dans la vie active. Elle aurait pu être styliste ou esthéticienne, mais le premier choix l’aurait obligée à quitter son Isère natale et le second n’était pas assez percutant selon elle. À 20 ans, elle a plus de diplômes que la majorité des étudiants. CAP, BP, mentions complémentaires, Brevet de maîtrise, elle enchaîne et se voit proposer à 21 ans la responsabilité d’un salon où travaillent treize personnes. Elle y apprend la gestion et les ressources humaines et reconnaît à ce sujet qu’un salon franchisé permet la compréhension, peut-être un peu plus rapide, de ces points fondamentaux.
C’est le début d’un long parcours, car très vite elle participe à de nombreux concours et y gagne, entre autres, le titre de championne de France. Plus tard, elle participe au Trend Vision qu’elle aime particulièrement car il lui permet de communiquer sa vision des tendances, du stylisme, et du maquillage. En somme, les influences qu’elle imagine pour l’année à venir…

Christine Alves championne de France colortrendvision 2018 et représentante française à l’international – www.christinealves.fr

La transmission

Soucieuse de toujours progresser, elle s’établit à son compte à Saint-Marcellin, non loin de Grenoble, dans un salon à son image où elle emploie cinq personnes. Elle est toujours aussi enthousiaste à l’idée de créer et c’est ainsi que je la retrouve cette année au MCB où elle coiffe sur scène pour l’Unec, puis aux Folies Bergère pour le Hair Congress, et au Tribu-te show où elle arrive finaliste du Big One Trophy. Pour finir, je la retrouve en formation le lendemain chez Sebastian. Consciente de l’évolution des besoins clients, elle est sur tous les fronts et maîtrise sa communication, sur les réseaux notamment, au sujet desquels elle pense qu’il vaut mieux ne pas communiquer que mal communiquer. « Les réseaux sont devenus une
vitrine impactante dont il vaut mieux savoir prendre soin. »
Transmettre, innover, créer, apprendre encore sont des impératifs pour cette hyperactive qui se forme et s’informe sans relâche.

La génération des millennials

Nous abordons le sujet complexe du recrutement et évoquons les nouveaux modes de compréhension de la génération des millennials. Comme moi, Christine a remarqué la difficulté d’apprentissage et de fidélité et m’explique que c’est en partie dû aux méthodes qui ont évolué : tout comme on apprenait auparavant à lire avec la méthode syllabique, aujourd’hui c’est la méthode globale qui l’emporte et qui donne des jeunes plus généralistes avec un grand besoin de toucher à tout en même temps. Là où nous pouvions enseigner « step by step » il y a encore dix ans, aujourd’hui il faut s’adapter et accepter d’enseigner plusieurs pôles à la fois. Elle avoue être un peu comme ça et n’hésite pas à se former à ce qui lui plaît. À ce sujet, elle vient de créer sa propre collection et a ainsi pris des cours avec un grand coiffeur qui l’a coachée pour la réalisation de ses visuels, lui faisant découvrir la liberté d’un travail sur perruques qu’elle n’imaginait pas. C’est cette liberté qui la fait vibrer, et qui, elle l’espère, l’emmènera encore souvent à l’international coiffer sur les plus belles scènes.
Mais revenons à nos moutons, ce que cette boulimique de travail aime par-dessus tout, c’est égayer et redynamiser le moral de ses clients : « Nous avons un métier en or, en une heure nous pouvons changer une personne, nous pouvons lui redonner confiance, qu’y a-t-il de mieux comme métier ? »

Découvrez l’interview en vidéo ! ⬇ ⬇ ⬇



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