« PD » : est-ce bien une insulte selon la cour d’appel de Paris ?

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Vous souvenez-vous de cette affaire ? Une manager de salon de coiffure avait abusivement renvoyé un employé pour son orientation sexuelle, le traitant de « PD ». Le terme « PD », considéré à l’époque par les Prud’hommes comme normal pour le secteur de la coiffure, est dorénavant contesté par la cour d’appel de Paris.

 

Revenons aux origines…

 

C’est un SMS dans lequel la manager du salon de coiffure dénigrait le coiffeur, alors en arrêt. Elle le traite de « PD », et ajoute : « ils font tous des coups de put** ». SMS qui a été envoyé par erreur au… principal intéressé qui a directement attaqué le salon de coiffure, pour licenciement abusif.

 

Pédé/pd, ça veut dire quoi ? Issue de « pédéraste », cette insulte a une connotation fortement pédophile par son étymologie. En effet, cette agression verbale homophobe « désigne l’attirance d’un homme adulte pour un garçon plus jeune, généralement un adolescent. À ce titre, il s’agit d’une insulte homophobe basée sur l’amalgame entre l’homosexualité masculine et la pédophilie », cite SOS Homophobie.

 

Une insulte que nous condamnons tous…

Sauf les Prud’hommes, qui avaient rejeté la plainte de discrimination que désignait la victime, le 16 décembre 2015.

Le motif de ce rejet en 2015 ?

 

« Le terme de “PD” employé par la manager ne peut être retenu comme propos homophobe car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles, notamment dans les salons de coiffure féminins, sans que cela pose problème. »

 

Une riposte de la cour d’appel de Paris, trois ans plus tard

 

La cour d’appel de Paris, supportée par nombre de coiffeurs, a infirmé le jugement, mercredi dernier :

La manager n’avait pas établi que la rupture de la période d’essai et du contrat n’avait pas de lien avec l’identité sexuelle supposée du salarié. C’est-à-dire qu’à aucun moment elle n’a écarté le fait que cette rupture de contrat n’était pas liée à l’identité sexuelle supposée du salarié.

De ce fait, la discrimination est assez claire et permet de condamner le salon de coiffure à verser 4500 euros de dommages et intérêts pour la nullité de la rupture du contrat.

Viennent s’ajouter 8000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral pour le caractère odieux et vexatoire de la procédure de rupture. Ne l’oublions pas : l’homophobie est un délit.

 

Bravo à ce coiffeur et son courage dans cette lutte contre une entreprise homophobe !

 

 

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