Au CREUX de la coiffure N°11 : Employeurs, pigeons déplumés !

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Très souvent, nous avons des retours d’adhérents du cabinet confrontés à la perte de clients…

 

Alors, certes, il y a actuellement 3 principaux axes de coiffure :

  • Les indépendants,
  • Les franchises,
  • Les coiffeurs à domicile.

Maintenant, quand vous perdez des clients, ce ne sont pas forcément ces secteurs concurrents qui vous les ont pris. Chaque secteur a sa clientèle bien définie et la cliente d’un salon indépendant ne sera pas celle de la franchise ou de la coiffure à domicile, et vice-versa, il y a de la place pour tout le monde, tant qu’on travaille honnêtement et en payant ses cotisations.

En revanche, et c’est mon regard acquis avec le temps, le véritable problème des salons de coiffure aujourd’hui, c’est le travail non déclaré. Ceux qui vous « mangent la laine sur le dos » ne sont pas vos concurrents, mais très souvent vos propres salariés, présents ou passés, pour qui le brut encaissé correspond au net à dépenser ! Arrêtez de faire les hypocrites en vous convainquant que, lorsque vos salariés repartent le soir avec leur matériel de coiffure au grand complet, c’est uniquement pour recouper la frange de mémé Josette dans la cuisine…
Tout aussi impressionnant est le nombre de ruptures conventionnelles que vous acceptez avec vos salariés en sachant pertinemment (ou alors vous êtes complètement aveugles et il serait grand temps que vous ouvriez les yeux une bonne fois pour toute) que ces derniers vont :

  • soit partir à la concurrence avec vos clients ;
  • soit faire du domicile avec un fort pourcentage de travail non déclaré avec vos clients !

Et pour info, je vous rappelle que la rupture conventionnelle ne peut pas vous être imposée et qu’elle vous coûte une véritable fortune :

  • Prime de rupture (et oui ! quitte à te déplumer de tes clientes, autant commencer en te mettant sur la paille un bon coup),
  • 20% de forfait social sur la prime de rupture (pour rappel, si la prime n’est pas soumise à cotisation, elle est soumise au forfait social de 20% du premier euro jusqu’à deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale),
  • le solde des ICCP,
  • vous permettez à quelqu’un de toucher le chômage et des aides pendant que vous vous travaillerez pour cotiser à ses droits,
  • le vol d’une partie de vos clientes !

 

 

Et là, sur le racket de vos clients, qui est en cause ?

Votre salarié qui vous pique les coordonnées de vos clients pour pouvoir les appeler ou vous qui laissez en libre accès ces informations ?

Certes, s’il est vrai que : « la clientèle reste la propriété exclusive du salon », dans les faits il en est tout autrement, car quand une cliente vous donne ses coordonnées téléphoniques et son adresse, vous donne-t-elle le droit de les laisser en libre accès pour permettre à vos coiffeurs de détourner à leur profit votre fichier client ? Visiblement, vous semblez ignorer qu’au regard de la CNIL, sauf autorisation de la cliente, vous n’avez pas le droit de communiquer ses coordonnées, et pourtant c’est bien ce que vous faites !

Et oui, vos employés peuvent prélever, avant de partir avec une belle prime de départ, et en toute impunité, la totalité des coordonnés de vos clients sur votre logiciel de caisse ou sur les fiches techniques pour ceux qui travaillent toujours avec !

Alors, arrêtez de faire les pigeons qui engraissent les coiffeurs non déclarés et qui, eux, se payent des vacances sur votre dos et avec les clients que vous avez fidélisés durant vos années de labeur au salon !

 

 

6 solutions pour éviter de se faire plumer

1) Tu veux partir ? Démissionne et assume tes choix d’indépendance (n’oubliez pas d’activer la clause de non-concurrence si vous avez eu l’intuition de l’inclure légalement dans le contrat de travail);

2) Tu pars, tu ne fais pas ton préavis et tu ne touches plus mes clients (préavis non effectué et rémunéré s’il est à la demande de l’employeur) ;

3) Ne laissez plus l’accès des renseignements concernant les clients à vos salariés (pour cela, demandez que les coordonnés et les renseignements soient protégés par le code manager, c’est faisable puisque LS Coiffure l’a fait) ;

4) Si votre logiciel ne peut le faire, ce n’est pas grave, changez de fournisseur (vu le prix que vous payez, c’est la moindre des choses de devenir exigeants pour votre protection) ;

5) Mettez en place un règlement intérieur rappelant que la clientèle reste la seule et unique propriété du salon et que tout contact commercial engagera des poursuites judiciaires ;

6) Quand vous avez la certitude de travail non déclaré de vos salariés et ex-salariés sur vos clients, prévenez l’Urssaf, ils sont hyper friands en ce moment de redressements des sommes qui leur échappent. C’est pour cette raison que nous accompagnons notre article d’un courrier type à télécharger et à envoyer à l’Urssaf !

 

 

Alors un conseil, soyez vigilants prenez les mesures adéquates le plus rapidement possible et n’attendez pas d’être sur la paille pour réagir et voir le fruit de vos années de travail ruiné par des personnes n’ayant aucune morale ni aucun scrupule à vous détruire. Cependant, je suis conscient que tous les salariés ne sont pas comme ça, dieu merci, mais les perles sont de plus en plus rares et, comme disait ma grand-mère, il faut en ouvrir des bourriches d’huîtres avant de trouver une perle.

Alors, agissez plutôt que de subir !

Christophe Creux
2C2C-Consulting®

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