Le bonheur d’un massage
Les aventures du client mystère Biblond…
Quand une amie m’a conseillé ce salon, son nom m’a immédiatement convaincue. Pas de jeu de mot vu et revu, de l’originalité, ça me plaît ! Rendez-vous est donc pris à l’occasion d’un séjour à la pointe bretonne. En vitrine, je découvre des oeuvres d’une artiste locale : une sculpture faite d’objets de récup et des toiles abstraites. Comme l’indique l’enseigne, ce salon se veut aussi « lieu d’exposition ». Il faut chercher pour trouver les prix, mais je dois reconnaître que ça donne envie.
Rock and Folk chez le coiffeur !
Ici, on semble loin du salon de base. Des fauteuils vintage relookés et des cuirs seventies à chaque poste… Je suis chaleureusement accueillie par une coiffeuse, Fanny, toute souriante. Je n’ai pas le temps de lézarder dans l’espace d’attente. Dommage ! En un coup d’oeil, je remarque un choix éclectique de magazines qui paressent sur un canapé club en cuir vieilli : Côté Déco, Elle, Rock and Folk, Psychologie magazine et Courrier international… Qui a dit que chez le coiffeur, on
devait forcément lire la presse people ? Encore un bon point !
Je suis écoutée…
« Est-ce que vous lissez vos cheveux ? Quels produits utilisez vous ? Vous avez des mèches ou c’est le soleil qui vous a donné ces reflets ? » Fanny prend le temps de comprendre mes habitudes.
La consultation a lieu assise, face au miroir. Je sens que je suis écoutée. Aujourd’hui, ma demande est précise : je ne veux pas perdre ma longueur, mais simplement rafraîchir mon dégradé.
Le bonheur d’un massage
Installée au bac, j’ai tout le temps d’admirer les toiles. J’en sors convaincue qu’un salon de coiffure est idéal pour exposer des oeuvres ! « L’exposition change tous les deux mois », m’indique-ton.
Le shampooing sent délicieusement bon. J’ai même droit à un soin (sans supplément) et, surtout, à un massage ! Presque dix minutes d’un vrai massage du cuir chevelu, je n’ai jamais connu ça chez le coiffeur. Waouh ! Je ferme les yeux pour
profiter de ce moment.
L’atout revente
La coupe me paraît précise et rigoureuse. Fanny ne s’interrompt que pour changer de CD. Elle opte pour une douce musique folk. Cela renforce encore l’ambiance intimiste du lieu. Pendant qu’elle affine le dégradé, je remarque que les produits de revente sont habilement mis en valeur. Juste à côté de moi, une étagère minimaliste présente les produits Biosynthétique. « Cette gamme agit sur le cuir chevelu pour un soin en profondeur », m’explique-t-on. Astucieuse, la coiffeuse en profite pour m’apporter le shampooing Rigi dont j’appréciais l’odeur. « C’est aux amandes et au champagne ! », précise-t-elle, en me laissant le flacon. Fanny n’insiste pas. Mais, avec le produit en main, je pourrais presque me laisser tenter.
Contrat rempli
J’aime bien mes cheveux ondulés au naturel. Je ne souhaite donc pas de brushing lissant. On me propose un séchage naturel. J’acquiesce, mais je connais la chanson : habituellement, cela veut dire qu’on en profite pour me sécher les cheveux à vitesse grand V. Pas cette fois. Fanny prend tout son temps pour dessiner de belles ondulations à l’arrière. Un petit coup d’oeil dans le miroir, contrat rempli. Un dégradé prononcé qui me permettra de lâcher mes cheveux plus facilement et des cheveux brillants. Avant de me laisser partir, Fanny regarde le ciel à travers la vitrine : « Il fait plutôt beau aujourd’hui, remarque-telle.
Une touche de spray suffira pour fixer la coiffure. » À Brest, même chez le coiffeur, les prévisions météo ont toute leur importance !
L’avis de Christophe Gaillet
« Le massage, l’ambiance musicale, la déco vintage, les magazines de qualité… Que de bonnes idées dans ce salon ! En revanche, je suis contre le soin non facturé. Il doit être valorisé par le conseil, l’application et, bien sûr, le résultat. Côté diagnostic, j’évite d’asseoir ma cliente et de la regarder dans le miroir. Debout, le corps et plus tendu et l’on peut observer toute la silhouette. Enfin, un bon point pour la revente. Le fait de donner le produit à la cliente est très positif : il est déjà presque vendu ! »
Biblond, pour les coiffeurs !







